宋晓贤 - 惧怕
我出生一个恐惧的时期
那个时代留给我的
是脆弱的肉体和心灵
我每天都在惧怕,担忧
疑虑重重
我怕上街,怕车不长眼睛
怕热带的太阳,怕闪电
怕骗子近前搭话,也怕熟人跟我疏远
怕身体出问题,怕牙齿掉得过早
怕功能消退,怕病怕死
怕失业,怕将来没吃的
养不活妻儿和自己
怕未来,也怕过去的罪孽找上门来
惧怕住在我家,住在我心里
跟我聊天,拥抱我
这些年,它跟我成为了老朋友
比我的爱人还要亲
但,我所惧怕的迎面而来
我的生命 一点点被所我惧怕的强盗
夺走
2007年
Peur
Je suis né en des temps effrayants
Ce que m’a laissé cette époque
C’est un corps et un esprit fragiles
Tous les jours, j’ai peur, je m’inquiète
Tout m’effraie
J’ai peur de sortir, peur des voitures aveugles
Peur du soleil des tropiques, peur des éclairs
Peur que des escrocs m’abordent, peur que des proches s’éloignent
Peur pour ma santé, peur que mes dents tombent, déjà
Peur d’être impuissant, peur d’être malade, peur de mourir
Peur d’être chômeur, peur de n’avoir plus rien à manger
De ne pouvoir nous nourrir, ma femme ma fille et moi
Peur de l’avenir, peur des fantômes du passé
La peur habite ma maison, elle habite mon cœur
Elle bavarde, elle m’embrasse
Avec les années, nous sommes devenus amis
Elle m'est plus proche que ma femme
Mais, ce dont j’ai peur est toujours là
Et ma vie est, peu à peu, par ces effrayants brigands
Dérobée
dimanche 25 janvier 2009
Haizi - Regrets de Qilian (2)
怅望祁连(之二)
星宿 刀 乳房
这就是雪水上流下来的东西
« 亡我祁连山 使我牛羊不蕃息
失我胭脂山 令我妇女无颜色 »
只有黑色牲畜的尾巴
鸟的尾巴
鱼的尾巴
儿子们脱落的尾巴
象七种蓝星下
插在屁股上的麦芒
风中拂动
雪水中拂动。
Regrets de Qilian (2)
Constellation couteau seins
Choses qui coulent dans l’eau du dégel
Queues d’oiseaux
Queues de poissons
Queues tombantes des enfants
Comme, sous les étoiles bleues, sept
Epis de blé plantés sur leurs fesses
Balayés par le vent
Balayés par l’eau du dégel
星宿 刀 乳房
这就是雪水上流下来的东西
« 亡我祁连山 使我牛羊不蕃息
失我胭脂山 令我妇女无颜色 »
只有黑色牲畜的尾巴
鸟的尾巴
鱼的尾巴
儿子们脱落的尾巴
象七种蓝星下
插在屁股上的麦芒
风中拂动
雪水中拂动。
Regrets de Qilian (2)
Constellation couteau seins
Choses qui coulent dans l’eau du dégel
"Le mont Qilian n’est plus, les troupeaux périssentJuste les queues noires du bétail
Le mont Fard est parti, les femmes pâlissent"
Queues d’oiseaux
Queues de poissons
Queues tombantes des enfants
Comme, sous les étoiles bleues, sept
Epis de blé plantés sur leurs fesses
Balayés par le vent
Balayés par l’eau du dégel
Libellés :
chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
Haizi - Regrets de Qilian (1)
怅望祁连(之一)
那些是在过去死去的马匹
在明天死去的马匹
因为我的存在
它们在今天不死
它们在今天的湖泊里饮水食盐。
天空上的大鸟
从一棵樱桃
或马骷髅中
射下雪来。
于是马匹无比安静
这是我的马匹
它们只在今天的湖泊里饮水食盐。
Regrets de Qilian (1)
Voilà les chevaux morts autrefois
Et les chevaux qui mourront demain
Mais parce que je vis
Ils ne meurent pas aujourd’hui
Dans le lac d’aujourd’hui, ils boivent de l’eau, et mangent du sel.
Les grands oiseaux dans le ciel
D’une cerise
Ou des ossements d’un cheval
Font tomber la neige.
Alors les chevaux sont si calmes
Ce sont mes chevaux
Qui se contentent, dans le lac d’aujourd’hui, de boire de l’eau, et de manger du sel
那些是在过去死去的马匹
在明天死去的马匹
因为我的存在
它们在今天不死
它们在今天的湖泊里饮水食盐。
天空上的大鸟
从一棵樱桃
或马骷髅中
射下雪来。
于是马匹无比安静
这是我的马匹
它们只在今天的湖泊里饮水食盐。
Regrets de Qilian (1)
Voilà les chevaux morts autrefois
Et les chevaux qui mourront demain
Mais parce que je vis
Ils ne meurent pas aujourd’hui
Dans le lac d’aujourd’hui, ils boivent de l’eau, et mangent du sel.
Les grands oiseaux dans le ciel
D’une cerise
Ou des ossements d’un cheval
Font tomber la neige.
Alors les chevaux sont si calmes
Ce sont mes chevaux
Qui se contentent, dans le lac d’aujourd’hui, de boire de l’eau, et de manger du sel
Libellés :
chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
vendredi 23 janvier 2009
Gu Cheng - A cause de la lune
因为有月亮
因为有月亮
你走远了
站在远远的路口上
看着我
我不会发光
因为有月亮
你熄灯了
打开一扇又一扇圆窗
等着我
我不会升降
因为有月亮
你睡着了
不再害怕自己的梦想
想着我
我将是太阳
一九八一年二月
A cause de la lune
A cause de la lune
Tu es partie
A la croisée de routes lointaines
Me regardant
Je ne brille pas
A cause de la lune
Tu as éteint
Ouvrant chaque fenêtre ronde
M’attendant
Je ne me lève pas
A cause de la lune
Tu t’es endormie
Plus jamais effrayée par tes rêves
Pensant à moi
Je serai le soleil
(Février 1981)
因为有月亮
你走远了
站在远远的路口上
看着我
我不会发光
因为有月亮
你熄灯了
打开一扇又一扇圆窗
等着我
我不会升降
因为有月亮
你睡着了
不再害怕自己的梦想
想着我
我将是太阳
一九八一年二月
A cause de la lune
A cause de la lune
Tu es partie
A la croisée de routes lointaines
Me regardant
Je ne brille pas
A cause de la lune
Tu as éteint
Ouvrant chaque fenêtre ronde
M’attendant
Je ne me lève pas
A cause de la lune
Tu t’es endormie
Plus jamais effrayée par tes rêves
Pensant à moi
Je serai le soleil
(Février 1981)
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chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
Mang Ke - C'est quel jour, aujourd'hui?
今天是哪一天
几点了
我问你时间
什么时间?它在哪儿
可怜的时间正龟缩在表壳下面
灯光黝黑
(这或许是你的皮肤)
酒杯清脆
(你好像是在狂吻赤裸的流水)
无人注视
(水的肢体在迷人地舞动)
空气忙碌
四周是欢快的烟雾
再来一杯!别去管它
什么时间不时间的
你知道时间有多少岁
无人在意
我们没有喝醉
(胡言乱语的只是酒杯)
无人离去
(今天是哪一天)
想了又想
你知道吗
今天一定离我们非常遥远
C'est quel jour, aujourd’hui ?
Quelle heure est-il ?
Je te demande l’heure
Quelle heure ? Où est-elle
Pauvre heure, blottie sous la montre
Lumière noire des lampes
(C’est peut être ta peau)
Verre de vin clair
(On dirait que tu embrasses sauvagement l'eau vive nue)
Personne ne regarde
(Les bras de l’eau dansent, fascinants)
L’espace grouille
Partout, de fumée de cigarettes joyeuses
Encore un verre ! T’occupe
Quelle heure il est, ou il n’est pas
Tu sais quel âge a l’heure
Personne n’y pense
Nous ne somme pas ivres
(Les délires, c’est juste les verres de vin)
Personne ne part
(C'est quel jour, aujourd’hui)
Pense et repense
Tu sais
Aujourd’hui, pour nous, c’est vraiment très loin
几点了
我问你时间
什么时间?它在哪儿
可怜的时间正龟缩在表壳下面
灯光黝黑
(这或许是你的皮肤)
酒杯清脆
(你好像是在狂吻赤裸的流水)
无人注视
(水的肢体在迷人地舞动)
空气忙碌
四周是欢快的烟雾
再来一杯!别去管它
什么时间不时间的
你知道时间有多少岁
无人在意
我们没有喝醉
(胡言乱语的只是酒杯)
无人离去
(今天是哪一天)
想了又想
你知道吗
今天一定离我们非常遥远
C'est quel jour, aujourd’hui ?
Quelle heure est-il ?
Je te demande l’heure
Quelle heure ? Où est-elle
Pauvre heure, blottie sous la montre
Lumière noire des lampes
(C’est peut être ta peau)
Verre de vin clair
(On dirait que tu embrasses sauvagement l'eau vive nue)
Personne ne regarde
(Les bras de l’eau dansent, fascinants)
L’espace grouille
Partout, de fumée de cigarettes joyeuses
Encore un verre ! T’occupe
Quelle heure il est, ou il n’est pas
Tu sais quel âge a l’heure
Personne n’y pense
Nous ne somme pas ivres
(Les délires, c’est juste les verres de vin)
Personne ne part
(C'est quel jour, aujourd’hui)
Pense et repense
Tu sais
Aujourd’hui, pour nous, c’est vraiment très loin
Libellés :
chinois (moderne),
Mang Ke 芒克 (1951-)
lundi 19 janvier 2009
Haizi - Le soleil bat la terre
歌: 阳光打在地上
阳光打在地上
并不见得
我的胸口在疼
疼又怎样
阳光打在地上
这地上
有人埋过羊骨
有人运过箱子、陶瓶和宝石
有人见过牧猪人。那是长久的漂泊之后
阳光打在地上。阳光依然打在地上
这地上
少女们多得好象
我真有这么多女儿
真的生下过这么多女儿
真的曾经这样幸福
用一根水勺子
用小豆、菠菜、油菜
把她们养大
阳光打在地上
Chanson : le soleil bat la terre
Le soleil bat la terre
Ce n'est pas pour ça
Que j'ai cette douleur
Douleur et alors
Le soleil bat la terre
Cette terre
Où l’on a enterré des os de mouton
Où l’on a déplacé des coffres, des vases et des gemmes
Où l’on a vu des gens qui gardaient des cochons, après un long voyage
Le soleil bat la terre. Le soleil bat encore la terre
Cette terre
Jeunes filles, nombreuses comme si
J’avais eu toutes ces filles
J’avais donné naissance à toutes ces filles
J’avais été si heureux
Et d’une louche
De pois, d’épinards, de colza
Je les avait élevées
Le soleil bat la terre
阳光打在地上
并不见得
我的胸口在疼
疼又怎样
阳光打在地上
这地上
有人埋过羊骨
有人运过箱子、陶瓶和宝石
有人见过牧猪人。那是长久的漂泊之后
阳光打在地上。阳光依然打在地上
这地上
少女们多得好象
我真有这么多女儿
真的生下过这么多女儿
真的曾经这样幸福
用一根水勺子
用小豆、菠菜、油菜
把她们养大
阳光打在地上
Chanson : le soleil bat la terre
Le soleil bat la terre
Ce n'est pas pour ça
Que j'ai cette douleur
Douleur et alors
Le soleil bat la terre
Cette terre
Où l’on a enterré des os de mouton
Où l’on a déplacé des coffres, des vases et des gemmes
Où l’on a vu des gens qui gardaient des cochons, après un long voyage
Le soleil bat la terre. Le soleil bat encore la terre
Cette terre
Jeunes filles, nombreuses comme si
J’avais eu toutes ces filles
J’avais donné naissance à toutes ces filles
J’avais été si heureux
Et d’une louche
De pois, d’épinards, de colza
Je les avait élevées
Le soleil bat la terre
Libellés :
chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
samedi 17 janvier 2009
Gu Cheng - Un poète, ça n’a pas de travail
一个诗人,没有工作
工作,不是工作,而是饭盒
一个诗人,没有工作
便没有一把小刀
可以从国家的大面包上
每个月切下薄薄的一片
奇怪,他还活着
还写个不停,并且快乐
许许多多人对他说
不要写得太多
太多,就会变成泥土
诗人回答
本来就是泥土
但泥土可以长出花朵
诗人不停地写着
诗人没有工作
没有一把小刀
只有一个空饭盒
1981.7
Un poete, ça n’a pas de travail
Le travail, ce n’est pas du travail, c’est une gamelle
Un poete, ça n’a pas de travail
Même pas un petit couteau
Pour, dans le grand pain du pays
Couper chaque mois une maigre tranche
C’est étrange, ça vit, pourtant
Ca écrit sans cesse, et c’est heureux
Plein de gens lui disent
De ne pas trop écrire
Trop, ca devient de la boue
Le poete répond
C’est juste de la boue
Mais la boue fait pousser les fleurs
Un poete, ça écrit sans cesse
Un poete ça n’a pas de travail
Même pas un petit couteau
Juste une gamelle vide
(Juillet 1981)
工作,不是工作,而是饭盒
一个诗人,没有工作
便没有一把小刀
可以从国家的大面包上
每个月切下薄薄的一片
奇怪,他还活着
还写个不停,并且快乐
许许多多人对他说
不要写得太多
太多,就会变成泥土
诗人回答
本来就是泥土
但泥土可以长出花朵
诗人不停地写着
诗人没有工作
没有一把小刀
只有一个空饭盒
1981.7
Un poete, ça n’a pas de travail
Le travail, ce n’est pas du travail, c’est une gamelle
Un poete, ça n’a pas de travail
Même pas un petit couteau
Pour, dans le grand pain du pays
Couper chaque mois une maigre tranche
C’est étrange, ça vit, pourtant
Ca écrit sans cesse, et c’est heureux
Plein de gens lui disent
De ne pas trop écrire
Trop, ca devient de la boue
Le poete répond
C’est juste de la boue
Mais la boue fait pousser les fleurs
Un poete, ça écrit sans cesse
Un poete ça n’a pas de travail
Même pas un petit couteau
Juste une gamelle vide
(Juillet 1981)
Libellés :
chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
Gu Cheng - Le pull rouge
红毛衣
小时候
我哭过
我要穿红毛衣
我看见一个小女孩
穿着它
在暖洋洋的草原上走
在淡红的太阳中走
像一团小小的火焰
可是,我没穿
因为
我是个男孩子
我有一团
太阳般的红毛线
我不会织,而且不敢
我是男孩子
我害怕那些会笑的同伴
我永远不能穿红毛衣
我哭了
因为永远
一九八一.十
Le pull rouge
Quand j’étais petit
J’ai pleuré
Je voulais mettre un pull rouge
J’avais vu une petite fille
Qui en portait un
Dans les chaudes et immenses plaines, allant
Dans le soleil rouge pâle, allant
Comme une petite flamme
Mais, je ne l’ai pas mis
Parce que
Je suis un garçon
J’ai une pelote
De laine rouge comme un soleil
Je ne sais pas tricoter, de toutes façons je n’oserais pas
Je suis un garçon
J’aurais peur que mes camarades se moquent
Je ne pourrai jamais mettre un pull rouge
Alors j’ai pleuré
Parce que jamais
(Octobre 1981)
小时候
我哭过
我要穿红毛衣
我看见一个小女孩
穿着它
在暖洋洋的草原上走
在淡红的太阳中走
像一团小小的火焰
可是,我没穿
因为
我是个男孩子
我有一团
太阳般的红毛线
我不会织,而且不敢
我是男孩子
我害怕那些会笑的同伴
我永远不能穿红毛衣
我哭了
因为永远
一九八一.十
Le pull rouge
Quand j’étais petit
J’ai pleuré
Je voulais mettre un pull rouge
J’avais vu une petite fille
Qui en portait un
Dans les chaudes et immenses plaines, allant
Dans le soleil rouge pâle, allant
Comme une petite flamme
Mais, je ne l’ai pas mis
Parce que
Je suis un garçon
J’ai une pelote
De laine rouge comme un soleil
Je ne sais pas tricoter, de toutes façons je n’oserais pas
Je suis un garçon
J’aurais peur que mes camarades se moquent
Je ne pourrai jamais mettre un pull rouge
Alors j’ai pleuré
Parce que jamais
(Octobre 1981)
Libellés :
chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
vendredi 16 janvier 2009
Su Shi - En baignant mon fils
《洗兒》蘇軾
人皆養子望聰明,
我被聰明誤一生。
但願孩兒愚且魯,
無憂無慮到公卿。
En baignant mon fils,
Chacun voudrait pour ses enfants l'intelligence
L'intelligence empoisonna mon existence
Puisses tu mon enfant demeurer bête et sot
Et atteindre, innocent, aux postes les plus hauts
人皆養子望聰明,
我被聰明誤一生。
但願孩兒愚且魯,
無憂無慮到公卿。
En baignant mon fils,
Chacun voudrait pour ses enfants l'intelligence
L'intelligence empoisonna mon existence
Puisses tu mon enfant demeurer bête et sot
Et atteindre, innocent, aux postes les plus hauts
Libellés :
Su Shi 蘇轼 (1037-1101)
mardi 13 janvier 2009
Gu Cheng - Attendant ta venue
等着你来到
影子不再摇
月亮不再笑
星星不再猜
心儿还在找
一切静悄悄
等着你来到
机器不再闹
汽笛不再叫
河水不再流
心儿还在跳
一切静悄悄
等着你来到
路灯不再瞧
树叶不再掉
时间不再走
心儿还在要
一切静悄悄
等着你来到
一九八一
Attendant ta venue
Les ombres ne bougent plus
La lune ne sourit plus
Les étoiles ne doutent plus
Mais mon cœur cherche encore
Tout est calme, sans un bruit,
Attendant ta venue
Les moteurs ne ronflent plus
Les sifflets ne sifflent plus
La rivière ne coule plus
Mais mon cœur bat encore
Tout est calme, sans un bruit,
Attendant ta venue
Les lanternes ne brillent plus
Les feuilles mortes ne tombent plus
Le temps ne s’écoule plus
Mais mon cœur veut encore
Tout est calme, sans un bruit,
Attendant ta venue
(1981)
影子不再摇
月亮不再笑
星星不再猜
心儿还在找
一切静悄悄
等着你来到
机器不再闹
汽笛不再叫
河水不再流
心儿还在跳
一切静悄悄
等着你来到
路灯不再瞧
树叶不再掉
时间不再走
心儿还在要
一切静悄悄
等着你来到
一九八一
Attendant ta venue
Les ombres ne bougent plus
La lune ne sourit plus
Les étoiles ne doutent plus
Mais mon cœur cherche encore
Tout est calme, sans un bruit,
Attendant ta venue
Les moteurs ne ronflent plus
Les sifflets ne sifflent plus
La rivière ne coule plus
Mais mon cœur bat encore
Tout est calme, sans un bruit,
Attendant ta venue
Les lanternes ne brillent plus
Les feuilles mortes ne tombent plus
Le temps ne s’écoule plus
Mais mon cœur veut encore
Tout est calme, sans un bruit,
Attendant ta venue
(1981)
Libellés :
chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
Gu Cheng - Je suis...
我是…
我是一条小鱼,
在你梦河中游泳。
是碧蓝的风?
是摇荡的虹?
没有毒棘,
没有欺骗的网痕;
星星闪在水底,
幻影聚在空中......
呵,我是一片雪花,
在你心海中消溶……
Je suis …
Je suis un petit poisson
Qui nage dans le fleuve de tes rêves
Est-ce le vent bleuté ?
L’arc en ciel qui vacille ?
Pas d’épines empoisonnées
Pas de fourbes collets
Etoiles brillant au fond de l’eau
Illusions assemblées dans l’espace
Ha, je suis un flocon de neige
Qui fond dans la mer de ton cœur
(1979)
我是一条小鱼,
在你梦河中游泳。
是碧蓝的风?
是摇荡的虹?
没有毒棘,
没有欺骗的网痕;
星星闪在水底,
幻影聚在空中......
呵,我是一片雪花,
在你心海中消溶……
Je suis …
Je suis un petit poisson
Qui nage dans le fleuve de tes rêves
Est-ce le vent bleuté ?
L’arc en ciel qui vacille ?
Pas d’épines empoisonnées
Pas de fourbes collets
Etoiles brillant au fond de l’eau
Illusions assemblées dans l’espace
Ha, je suis un flocon de neige
Qui fond dans la mer de ton cœur
(1979)
Libellés :
chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
dimanche 11 janvier 2009
Gu Cheng - Adieu
赠别
今天
我和你
要跨过这古老的门槛
不要祝福
不要再见
那些都像表演
最好的是沉默
隐藏总不算欺骗
把回想留给未来吧
就像把梦留给夜
泪留给大海
风留给帆
Adieu
Aujourd’hui
Toi et moi
Allons franchir cette vieille porte
Pas de souhaits
Pas d’au revoir
Cela ferait cliché
Mieux vaut le silence
Ce qui est caché ne saurait mentir
Laissons les souvenirs au futur
Comme on laisse les rêves à la nuit
Les larmes à la mer
Le vent aux voiles
今天
我和你
要跨过这古老的门槛
不要祝福
不要再见
那些都像表演
最好的是沉默
隐藏总不算欺骗
把回想留给未来吧
就像把梦留给夜
泪留给大海
风留给帆
Adieu
Aujourd’hui
Toi et moi
Allons franchir cette vieille porte
Pas de souhaits
Pas d’au revoir
Cela ferait cliché
Mieux vaut le silence
Ce qui est caché ne saurait mentir
Laissons les souvenirs au futur
Comme on laisse les rêves à la nuit
Les larmes à la mer
Le vent aux voiles
Libellés :
chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
Bai Juyi - Retraite
門嚴九重靜
窗幽一室閑
好是修心處
何必在深山
Porte close, épais silence
Fenêtre opaque, pièce vide
J'aime cette retraite
A quoi bon les montagnes?
窗幽一室閑
好是修心處
何必在深山
Porte close, épais silence
Fenêtre opaque, pièce vide
J'aime cette retraite
A quoi bon les montagnes?
Libellés :
Bai Juyi 白居易 (772 - 846)
samedi 10 janvier 2009
Bei Dao - Le Vieux Temple
古寺
消失的钟声
结成蛛网,在裂缝的柱子里
扩散成一圈圈年轮
没有记忆,石头
空蒙的山谷里传播回声的
石头,没有记忆
当小路绕开这里的时候
龙和怪鸟也飞走了
从房檐上带走喑哑的铃铛
荒草一年一度
生长,那么漠然
不在乎它们屈从的主人
是僧侣的布鞋,还是风
石碑残缺,上面的文字已经磨损
仿佛只有在一场大火之中
才能辨认,也许
会随着一道生者的目光
乌龟在泥土中复活
驮着沉重的秘密,爬出门槛
Le vieux temple
Le son des cloches, évanoui
Tissé dans les toiles d'araignées des colonnes fendues
Fondu dans tant de cernes
Sans mémoire, les pierres
Dans la vallée brumeuse, renvoyant leurs échos
De pierres, sans mémoire
Quand les chemins ont serpenté ici
Dragons et oiseaux sacrés s'en sont allés
Emportant avec eux les clochettes muettes des auvents
Les herbes folles reviennent, chaque année
Poussant, si indifférentes
Ne sachant devant qui elles plient
Sandale de moine ou vent
Une stèle brisée, inscription effacée
Comme si seul un grand feu
Pouvait la faire revenir, ou peut être
Sous le regard d'un adepte
La tortue, dans la boue, renaîtrait
Et, chargée d'un lourd secret, se trainerait hors du seuil
消失的钟声
结成蛛网,在裂缝的柱子里
扩散成一圈圈年轮
没有记忆,石头
空蒙的山谷里传播回声的
石头,没有记忆
当小路绕开这里的时候
龙和怪鸟也飞走了
从房檐上带走喑哑的铃铛
荒草一年一度
生长,那么漠然
不在乎它们屈从的主人
是僧侣的布鞋,还是风
石碑残缺,上面的文字已经磨损
仿佛只有在一场大火之中
才能辨认,也许
会随着一道生者的目光
乌龟在泥土中复活
驮着沉重的秘密,爬出门槛
Le vieux temple
Le son des cloches, évanoui
Tissé dans les toiles d'araignées des colonnes fendues
Fondu dans tant de cernes
Sans mémoire, les pierres
Dans la vallée brumeuse, renvoyant leurs échos
De pierres, sans mémoire
Quand les chemins ont serpenté ici
Dragons et oiseaux sacrés s'en sont allés
Emportant avec eux les clochettes muettes des auvents
Les herbes folles reviennent, chaque année
Poussant, si indifférentes
Ne sachant devant qui elles plient
Sandale de moine ou vent
Une stèle brisée, inscription effacée
Comme si seul un grand feu
Pouvait la faire revenir, ou peut être
Sous le regard d'un adepte
La tortue, dans la boue, renaîtrait
Et, chargée d'un lourd secret, se trainerait hors du seuil
Libellés :
Bei Dao 北岛 (1949-),
chinois (moderne)
WH Auden - la vérité sur l'amour
Traduit de l'anglais, pour changer
La vérité sur l’amour
On dit que l'amour est un petit garçon
Ou bien que c'est un oiseau
On dit que c'est lui qui fait tourner le monde
On dit aussi que c'est idiot
Mais quand j'ai interrogé mon voisin
Qui paraissait un expert
Sa femme s'est mise dans une colère noire
Disant qu'en voila des manières
Ressemble-t-il à un vieux pyjama ?
Au jambon d'une maison de cure ?
Sent il fort, comme le font les lamas ?
Ou est ce que son odeur rassure ?
Est-il piquant, au toucher, comme une haie?
Doux comme un duvet d’édredon ?
Sur les bords est-il pointu, ou bien tout rond ?
Dites-moi la vérité sur l'amour
Les livres d'histoire l'évoquent
Par d'indirectes allusions
C’est un sujet de discussion
Sur les paquebots transatlantiques
Je l'ai vu souvent mentionné
Dans des rapports de suicides
Je l'ai même trouvé griffonné
Au dos d'éphémérides
Hurle-t-il comme un dogue affamé ?
Braille-t-il comme une fanfare militaire ?
Arriverait-on à l’imiter ?
Sur une scie, ou un Steinway de concert ?
Est ce qu'on crie quand il chante dans les fêtes ?
Est ce qu'il n'écoute que du classique ?
Quand on veut du calme, est ce qu’il s'arrête ?
Dites moi la vérité sur l'amour
J'ai cherché dans le kiosque
Il ne s'y trouvait pas
Sur la Tamise, à Maidenhead
A Brighton, au grand air
Je ne sais pas ce que le merle chantait
Ni ce que la fleur a dit
Mais il n'était pas dans le poulailler
Ni en dessous du lit
Peut-il faire des mines incroyables?
Est-il malade sur une balançoire?
Passe-t-il tout son temps aux courses
Ou à jouer avec des bouts de ficelle?
A-t-il ses idées sur l'argent?
Est-il assez patriote?
Ses histoires sont elles vulgaires mais drôles?
Dites-moi la vérité sur l'amour
Quand il viendra, viendra-t-il sans prévenir ?
Au moment où je me mouche ?
Frappera-t-il à la porte un matin ?
Ou me bousculera-t-il dans le bus?
Viendra-t-il comme change le temps ?
Sera-t-il brutal ou prévenant ?
Changera-t-il ma vie pour toujours?
Dites-moi la vérité sur l'amour
O Tell Me The Truth About Love
Some say love's a little boy,
And some say it's a bird,
Some say it makes the world go around,
Some say that's absurd,
And when I asked the man next-door,
Who looked as if he knew,
His wife got very cross indeed,
And said it wouldn't do.
Does it look like a pair of pyjamas,
Or the ham in a temperance hotel?
Does its odour remind one of llamas,
Or has it a comforting smell?
Is it prickly to touch as a hedge is,
Or soft as eiderdown fluff?
Is it sharp or quite smooth at the edges?
O tell me the truth about love.
Our history books refer to it
In cryptic little notes,
It's quite a common topic on
The Transatlantic boats;
I've found the subject mentioned in
Accounts of suicides,
And even seen it scribbled on
The backs of railway guides.
Does it howl like a hungry Alsatian,
Or boom like a military band?
Could one give a first-rate imitation
On a saw or a Steinway Grand?
Is its singing at parties a riot?
Does it only like Classical stuff?
Will it stop when one wants to be quiet?
O tell me the truth about love.
I looked inside the summer-house;
It wasn't over there;
I tried the Thames at Maidenhead,
And Brighton's bracing air.
I don't know what the blackbird sang,
Or what the tulip said;
But it wasn't in the chicken-run,
Or underneath the bed.
Can it pull extraordinary faces?
Is it usually sick on a swing?
Does it spend all its time at the races,
or fiddling with pieces of string?
Has it views of its own about money?
Does it think Patriotism enough?
Are its stories vulgar but funny?
O tell me the truth about love.
When it comes, will it come without warning
Just as I'm picking my nose?
Will it knock on my door in the morning,
Or tread in the bus on my toes?
Will it come like a change in the weather?
Will its greeting be courteous or rough?
Will it alter my life altogether?
O tell me the truth about love.
La vérité sur l’amour
On dit que l'amour est un petit garçon
Ou bien que c'est un oiseau
On dit que c'est lui qui fait tourner le monde
On dit aussi que c'est idiot
Mais quand j'ai interrogé mon voisin
Qui paraissait un expert
Sa femme s'est mise dans une colère noire
Disant qu'en voila des manières
Ressemble-t-il à un vieux pyjama ?
Au jambon d'une maison de cure ?
Sent il fort, comme le font les lamas ?
Ou est ce que son odeur rassure ?
Est-il piquant, au toucher, comme une haie?
Doux comme un duvet d’édredon ?
Sur les bords est-il pointu, ou bien tout rond ?
Dites-moi la vérité sur l'amour
Les livres d'histoire l'évoquent
Par d'indirectes allusions
C’est un sujet de discussion
Sur les paquebots transatlantiques
Je l'ai vu souvent mentionné
Dans des rapports de suicides
Je l'ai même trouvé griffonné
Au dos d'éphémérides
Hurle-t-il comme un dogue affamé ?
Braille-t-il comme une fanfare militaire ?
Arriverait-on à l’imiter ?
Sur une scie, ou un Steinway de concert ?
Est ce qu'on crie quand il chante dans les fêtes ?
Est ce qu'il n'écoute que du classique ?
Quand on veut du calme, est ce qu’il s'arrête ?
Dites moi la vérité sur l'amour
J'ai cherché dans le kiosque
Il ne s'y trouvait pas
Sur la Tamise, à Maidenhead
A Brighton, au grand air
Je ne sais pas ce que le merle chantait
Ni ce que la fleur a dit
Mais il n'était pas dans le poulailler
Ni en dessous du lit
Peut-il faire des mines incroyables?
Est-il malade sur une balançoire?
Passe-t-il tout son temps aux courses
Ou à jouer avec des bouts de ficelle?
A-t-il ses idées sur l'argent?
Est-il assez patriote?
Ses histoires sont elles vulgaires mais drôles?
Dites-moi la vérité sur l'amour
Quand il viendra, viendra-t-il sans prévenir ?
Au moment où je me mouche ?
Frappera-t-il à la porte un matin ?
Ou me bousculera-t-il dans le bus?
Viendra-t-il comme change le temps ?
Sera-t-il brutal ou prévenant ?
Changera-t-il ma vie pour toujours?
Dites-moi la vérité sur l'amour
O Tell Me The Truth About Love
Some say love's a little boy,
And some say it's a bird,
Some say it makes the world go around,
Some say that's absurd,
And when I asked the man next-door,
Who looked as if he knew,
His wife got very cross indeed,
And said it wouldn't do.
Does it look like a pair of pyjamas,
Or the ham in a temperance hotel?
Does its odour remind one of llamas,
Or has it a comforting smell?
Is it prickly to touch as a hedge is,
Or soft as eiderdown fluff?
Is it sharp or quite smooth at the edges?
O tell me the truth about love.
Our history books refer to it
In cryptic little notes,
It's quite a common topic on
The Transatlantic boats;
I've found the subject mentioned in
Accounts of suicides,
And even seen it scribbled on
The backs of railway guides.
Does it howl like a hungry Alsatian,
Or boom like a military band?
Could one give a first-rate imitation
On a saw or a Steinway Grand?
Is its singing at parties a riot?
Does it only like Classical stuff?
Will it stop when one wants to be quiet?
O tell me the truth about love.
I looked inside the summer-house;
It wasn't over there;
I tried the Thames at Maidenhead,
And Brighton's bracing air.
I don't know what the blackbird sang,
Or what the tulip said;
But it wasn't in the chicken-run,
Or underneath the bed.
Can it pull extraordinary faces?
Is it usually sick on a swing?
Does it spend all its time at the races,
or fiddling with pieces of string?
Has it views of its own about money?
Does it think Patriotism enough?
Are its stories vulgar but funny?
O tell me the truth about love.
When it comes, will it come without warning
Just as I'm picking my nose?
Will it knock on my door in the morning,
Or tread in the bus on my toes?
Will it come like a change in the weather?
Will its greeting be courteous or rough?
Will it alter my life altogether?
O tell me the truth about love.
Libellés :
anglais,
WH Auden (1907-1973)
Haizi - quatre soeurs
四姐妹
荒凉的山岗上站着四姐妹
所有的风只向她们吹
所有的日子都为她们破碎
空气中的一棵麦子
高举到我的头顶
我身在这荒芜的山岗
怀念我空空的房间, 落满灰尘
我爱过的这糊涂的四姐妹啊
光芒四射的四姐妹
夜里我头枕卷册和神州
想起蓝色远方的四姐妹
我爱过的这糊涂的四姐妹啊
像爱着我亲手写下的四首诗
我的美丽的结伴而行的四姐妹
比命运女神还要多出一个
赶着美丽苍白的奶牛 走向月亮形的山峰
到了二月, 你是从哪里来的
天上滚过春天的雷, 你是从哪里来的
不和陌生人一起来
不和运货马车一起来
不和鸟群一起来
四姐妹抱着这一棵
一棵空气中的麦子
抱着昨天的大雪, 今天的雨水
明天的粮食与灰烬
这是绝望的麦子
请告诉四姐妹: 这是绝望的麦子
永远是这样
风后面是风
天空上面是天空
道路前面还是道路
Les quatre soeurs
Sur la crête déserte il y a quatre soeurs
Tous les vents soufflent vers elles
Tous les jours sont par elles brisés
Dans l'espace, un épi de blé
Aussi haut que le haut de mon crâne
Mon corps sur cette crête déserte
Se souvient de ma chambre vide, où s'entasse la poussière
Oh, ces quatre soeurs idiotes que j’ai aimées !
Quatre soeurs rayonnantes
Et la nuit, la tête posée sur des livres, sur la terre sacrée
Je pense aux quatre soeurs des bleus lointains
Oh, ces quatre soeurs idiotes que j’ai aimées !
Comme j'aimerais quatre poèmes, écrits de ma main
Mes quatre jolies soeurs, en bande marchant
Une de plus que les Parques
Menant leurs jolies vaches claires, vers un pic en forme de lune
Second mois que voila, d'où viens tu?
Orage de printemps, qui roule dans le ciel, d'où viens tu?
Tu ne viens pas avec les gens
Tu ne viens pas avec les charrettes des marchands
Tu ne viens pas avec les nuées d'oiseaux
Les quatre soeurs embrassent cet épi
L'épi de blé, dans l'espace
Embrasse les neiges d'hier, les pluies d'aujourd'hui
Les grains et les cendres de demain
C'est le blé du désespoir
Dites, s'il vous plaît, aux quatre soeurs : c'est le blé du désespoir
C'est toujours comme ça
Après le vent il y a le vent
Au dessus du ciel il y a le ciel
Avant la route, il y a encore la route
荒凉的山岗上站着四姐妹
所有的风只向她们吹
所有的日子都为她们破碎
空气中的一棵麦子
高举到我的头顶
我身在这荒芜的山岗
怀念我空空的房间, 落满灰尘
我爱过的这糊涂的四姐妹啊
光芒四射的四姐妹
夜里我头枕卷册和神州
想起蓝色远方的四姐妹
我爱过的这糊涂的四姐妹啊
像爱着我亲手写下的四首诗
我的美丽的结伴而行的四姐妹
比命运女神还要多出一个
赶着美丽苍白的奶牛 走向月亮形的山峰
到了二月, 你是从哪里来的
天上滚过春天的雷, 你是从哪里来的
不和陌生人一起来
不和运货马车一起来
不和鸟群一起来
四姐妹抱着这一棵
一棵空气中的麦子
抱着昨天的大雪, 今天的雨水
明天的粮食与灰烬
这是绝望的麦子
请告诉四姐妹: 这是绝望的麦子
永远是这样
风后面是风
天空上面是天空
道路前面还是道路
Les quatre soeurs
Sur la crête déserte il y a quatre soeurs
Tous les vents soufflent vers elles
Tous les jours sont par elles brisés
Dans l'espace, un épi de blé
Aussi haut que le haut de mon crâne
Mon corps sur cette crête déserte
Se souvient de ma chambre vide, où s'entasse la poussière
Oh, ces quatre soeurs idiotes que j’ai aimées !
Quatre soeurs rayonnantes
Et la nuit, la tête posée sur des livres, sur la terre sacrée
Je pense aux quatre soeurs des bleus lointains
Oh, ces quatre soeurs idiotes que j’ai aimées !
Comme j'aimerais quatre poèmes, écrits de ma main
Mes quatre jolies soeurs, en bande marchant
Une de plus que les Parques
Menant leurs jolies vaches claires, vers un pic en forme de lune
Second mois que voila, d'où viens tu?
Orage de printemps, qui roule dans le ciel, d'où viens tu?
Tu ne viens pas avec les gens
Tu ne viens pas avec les charrettes des marchands
Tu ne viens pas avec les nuées d'oiseaux
Les quatre soeurs embrassent cet épi
L'épi de blé, dans l'espace
Embrasse les neiges d'hier, les pluies d'aujourd'hui
Les grains et les cendres de demain
C'est le blé du désespoir
Dites, s'il vous plaît, aux quatre soeurs : c'est le blé du désespoir
C'est toujours comme ça
Après le vent il y a le vent
Au dessus du ciel il y a le ciel
Avant la route, il y a encore la route
Libellés :
chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
lundi 5 janvier 2009
Haizi - A la nuit
黑夜的献诗
——献给黑夜的女儿
黑夜从大地上升起
遮住了光明的天空
丰收后荒凉的大地
黑夜从你内部升起
你从远方来, 我到远方去
遥远的路程经过这里
天空一无所有
为何给我安慰
丰收之后荒凉的大地
人们取走了一年的收成
取走了粮食骑走了马
留在地里的人, 埋的很深
草叉闪闪发亮, 稻草堆在火上
稻谷堆在黑暗的谷仓
谷仓中太黑暗, 太寂静, 太丰收
也太荒凉, 我在丰收中看到了阎王的眼睛
黑雨滴一样的鸟群
从黄昏飞入黑夜
黑夜一无所有
为何给我安慰
走在路上
放声歌唱
大风刮过山岗
上面是无边的天空
A la nuit
-- dédié à la fille de la nuit
La nuit monte de la terre
Cachant la lumière du ciel
Terre déserte d’après la moisson
La nuit monte de ton sein
Tu viens de loin, et je vais loin
Lointains chemins qui passent ici
Le ciel n’a rien
Pourquoi me donne-t-il le réconfort
Après la moisson la terre est déserte
Les hommes ont pris une année de récolte
Emportés les grains, partis les chevaux
Et ceux qu’ils ont laissés, enterrés profond
Les fourches scintillent, les tas de paille brûlent
Le riz est dans les sombres greniers
Dans les greniers, trop sombre, trop seul, trop moissonné
Et trop désert, pendant la récolte, j’ai vu l’œil du diable
Une nuée d’oiseaux, gouttes de pluie noire
Vole du soir vers la nuit
La nuit n’a rien
Pourquoi me donne-t-elle le réconfort
Allant sur la route
Bruissant et chantant
Le vent a érodé les cimes
Au dessus, le ciel sans fin
——献给黑夜的女儿
黑夜从大地上升起
遮住了光明的天空
丰收后荒凉的大地
黑夜从你内部升起
你从远方来, 我到远方去
遥远的路程经过这里
天空一无所有
为何给我安慰
丰收之后荒凉的大地
人们取走了一年的收成
取走了粮食骑走了马
留在地里的人, 埋的很深
草叉闪闪发亮, 稻草堆在火上
稻谷堆在黑暗的谷仓
谷仓中太黑暗, 太寂静, 太丰收
也太荒凉, 我在丰收中看到了阎王的眼睛
黑雨滴一样的鸟群
从黄昏飞入黑夜
黑夜一无所有
为何给我安慰
走在路上
放声歌唱
大风刮过山岗
上面是无边的天空
A la nuit
-- dédié à la fille de la nuit
La nuit monte de la terre
Cachant la lumière du ciel
Terre déserte d’après la moisson
La nuit monte de ton sein
Tu viens de loin, et je vais loin
Lointains chemins qui passent ici
Le ciel n’a rien
Pourquoi me donne-t-il le réconfort
Après la moisson la terre est déserte
Les hommes ont pris une année de récolte
Emportés les grains, partis les chevaux
Et ceux qu’ils ont laissés, enterrés profond
Les fourches scintillent, les tas de paille brûlent
Le riz est dans les sombres greniers
Dans les greniers, trop sombre, trop seul, trop moissonné
Et trop désert, pendant la récolte, j’ai vu l’œil du diable
Une nuée d’oiseaux, gouttes de pluie noire
Vole du soir vers la nuit
La nuit n’a rien
Pourquoi me donne-t-elle le réconfort
Allant sur la route
Bruissant et chantant
Le vent a érodé les cimes
Au dessus, le ciel sans fin
Libellés :
chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
vendredi 2 janvier 2009
Haizi - A la dernière nuit, et au premier jour
最后一夜和第一日的献诗
今夜你的黑头发
是岩石上寂寞的黑夜
牧羊人用雪白的羊群
填满飞机场周围的黑暗
黑夜比我更早睡去
黑夜是神的伤口
你是我的伤口
羊群和花朵也是岩石的伤口
雪山
用大雪填满飞机场周围的黑暗
雪山女神吃的是野兽穿的是鲜花
今夜 九十九座雪山高出天堂
使我彻夜难眠
A la dernière nuit, et au premier jour
Ce soir, tes cheveux noirs
C’est la nuit, seule, sur les rochers
Les bergers, de leurs moutons de neige
Emplissent l’ombre autour de l’aéroport
La nuit s’est endormie avant moi
La nuit est une blessure sacrée
Tu es ma blessure
Les moutons, les fleurs, sont la blessure des rochers
Cimes enneigées
De neige emplissant l’ombre autour de l’aéroport
Les fées des neiges mangent les bêtes, s’habillent de fleurs
Ce soir, quatre vingt dix neuf cimes enneigées montent vers le paradis
M’empêchant, toute la nuit, de trouver le sommeil
今夜你的黑头发
是岩石上寂寞的黑夜
牧羊人用雪白的羊群
填满飞机场周围的黑暗
黑夜比我更早睡去
黑夜是神的伤口
你是我的伤口
羊群和花朵也是岩石的伤口
雪山
用大雪填满飞机场周围的黑暗
雪山女神吃的是野兽穿的是鲜花
今夜 九十九座雪山高出天堂
使我彻夜难眠
A la dernière nuit, et au premier jour
Ce soir, tes cheveux noirs
C’est la nuit, seule, sur les rochers
Les bergers, de leurs moutons de neige
Emplissent l’ombre autour de l’aéroport
La nuit s’est endormie avant moi
La nuit est une blessure sacrée
Tu es ma blessure
Les moutons, les fleurs, sont la blessure des rochers
Cimes enneigées
De neige emplissant l’ombre autour de l’aéroport
Les fées des neiges mangent les bêtes, s’habillent de fleurs
Ce soir, quatre vingt dix neuf cimes enneigées montent vers le paradis
M’empêchant, toute la nuit, de trouver le sommeil
Libellés :
chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
mercredi 31 décembre 2008
Haizi - Automne
秋
秋天深了 神的家中鹰在集合
神的故乡鹰在言语
秋天深了 王在写诗
在这个世界上秋天深了
得到的尚未得到
该丧失的早已丧失
Automne
L’automne est là, dans la maison sainte, les faucons s’assemblent
Au village saint, les faucons bavardent
L’automne est là, on écrit des poèmes
Partout ici bas, l’automne est là
Ce qu’on aura, on ne l’a pas encore
Ce qu’on perdra, on l’a déjà perdu
秋天深了 神的家中鹰在集合
神的故乡鹰在言语
秋天深了 王在写诗
在这个世界上秋天深了
得到的尚未得到
该丧失的早已丧失
Automne
L’automne est là, dans la maison sainte, les faucons s’assemblent
Au village saint, les faucons bavardent
L’automne est là, on écrit des poèmes
Partout ici bas, l’automne est là
Ce qu’on aura, on ne l’a pas encore
Ce qu’on perdra, on l’a déjà perdu
Libellés :
chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
Gu Cheng - Fleurs sans nom
无名的小花
割草归来,细雨飘飘,见路旁小花含露微笑而作。
野花,
星星,点点,
像遗失的纽扣,
撒在路边。
它没有秋菊
卷曲的金发,
也没有牡丹
娇艳的容颜,
它只有微小的花,
和瘦弱的叶片,
把淡淡的芬芳
溶进美好的春天。
我的诗,
像无名的小花,
随着季节的风雨,
悄悄地开放在
寂寞的人间……
Petites fleurs sans nom
Fait en rentrant de couper de l’herbe, sous une pluie fine, et en voyant, au bord du chemin, ces petites fleurs qui se moquaient des gouttes
Fleurs sauvages
De ci, de là
Boutons égarés
Au bord de la route
Ni chrysanthèmes
Aux boucles blondes
Ni pivoines
Au séduisant visage
Juste des fleurettes
Feuilles maigrelettes
Fades parfums dissipés
Dans la beauté du printemps
Mes poèmes
Sont comme ces petites fleurs
Au gré des vents et des saisons
Fleurissant en silence
Dans ce monde désolé…
割草归来,细雨飘飘,见路旁小花含露微笑而作。
野花,
星星,点点,
像遗失的纽扣,
撒在路边。
它没有秋菊
卷曲的金发,
也没有牡丹
娇艳的容颜,
它只有微小的花,
和瘦弱的叶片,
把淡淡的芬芳
溶进美好的春天。
我的诗,
像无名的小花,
随着季节的风雨,
悄悄地开放在
寂寞的人间……
Petites fleurs sans nom
Fait en rentrant de couper de l’herbe, sous une pluie fine, et en voyant, au bord du chemin, ces petites fleurs qui se moquaient des gouttes
Fleurs sauvages
De ci, de là
Boutons égarés
Au bord de la route
Ni chrysanthèmes
Aux boucles blondes
Ni pivoines
Au séduisant visage
Juste des fleurettes
Feuilles maigrelettes
Fades parfums dissipés
Dans la beauté du printemps
Mes poèmes
Sont comme ces petites fleurs
Au gré des vents et des saisons
Fleurissant en silence
Dans ce monde désolé…
Libellés :
chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
vendredi 21 novembre 2008
Shi Zhi (1948-) Cigarette
烟
燃起的香烟中飘出过未来的幻梦,
蓝色的云雾是挣扎过希望的黎明。
而如今这烟缕却成了我心中的愁绪,
汇成了低沉的含雨未落的云层。
我推开明亮的玻璃窗,
迎进郊外田野的清风。
多想留住飘散的烟缕——
那是你向我告别的身影。
Cigarette
Dans les braises de ta cigarette
Flottaient mes rêves d’avenir
Dans sa fumée bleutée
Naissaient mes pauvres espoirs
Aujourd’hui cette fumée
Est ma mélancolie
Comme un nuage, bas et lourd
Gorgé de pluie
J’ai entr’ouvert
Les vitres claires
Pour faire entrer la brise
Des champs lointains
Mais j’ai longtemps gardée
Cette fumée vagabonde
Qui était l’ombre
De nos adieux
燃起的香烟中飘出过未来的幻梦,
蓝色的云雾是挣扎过希望的黎明。
而如今这烟缕却成了我心中的愁绪,
汇成了低沉的含雨未落的云层。
我推开明亮的玻璃窗,
迎进郊外田野的清风。
多想留住飘散的烟缕——
那是你向我告别的身影。
Cigarette
Dans les braises de ta cigarette
Flottaient mes rêves d’avenir
Dans sa fumée bleutée
Naissaient mes pauvres espoirs
Aujourd’hui cette fumée
Est ma mélancolie
Comme un nuage, bas et lourd
Gorgé de pluie
J’ai entr’ouvert
Les vitres claires
Pour faire entrer la brise
Des champs lointains
Mais j’ai longtemps gardée
Cette fumée vagabonde
Qui était l’ombre
De nos adieux
Libellés :
chinois (moderne),
Shi Zhi
vendredi 14 novembre 2008
Jia Dao (賈島 779-843) - L'homme à l'épée
劍客
十年磨一劍
霜刃未曾試
今日把示君
誰為不平事
L'homme à l'épée
Dix ans, j'affûtais cette lame.
Son fil de glace inéprouvé.
La voici à mon poing, madame.
Y a-t-il un affront à laver ?
十年磨一劍
霜刃未曾試
今日把示君
誰為不平事
L'homme à l'épée
Dix ans, j'affûtais cette lame.
Son fil de glace inéprouvé.
La voici à mon poing, madame.
Y a-t-il un affront à laver ?
Libellés :
Jia Dao 賈島 (779-843)
jeudi 13 novembre 2008
Gu Cheng - Un tout petit voeu
微微的希望
我和无数
不能孵化的卵石
垒在一起
蓝色的河溪爬来
把我们吞没
又悄悄吐出
没有别的
只希望草能够延长
它的影子
Un tout petit voeu
Avec tous ces
Œufs de pierre jamais éclos
Je suis entassé
L’onde bleue rampe
Nous engloutit
Et doucement nous recrache
Rien d’autre
Juste un vœu, que l’herbe étende
Son ombre
我和无数
不能孵化的卵石
垒在一起
蓝色的河溪爬来
把我们吞没
又悄悄吐出
没有别的
只希望草能够延长
它的影子
Un tout petit voeu
Avec tous ces
Œufs de pierre jamais éclos
Je suis entassé
L’onde bleue rampe
Nous engloutit
Et doucement nous recrache
Rien d’autre
Juste un vœu, que l’herbe étende
Son ombre
Libellés :
chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
Duo Duo (1951-) - La polka des jeunes filles (1973)
少女波尔卡
同样的骄傲,同样的捉弄
这些自由的少女
这些将要长成皇后的少女
会为了爱情,到天涯海角
会跟随坏人,永不变心
La polka des jeunes filles
Mêmes fiertés, mêmes malices
Ces demoiselles libérées
Ces filles qui seront princesses
Par amour, vont au bout du monde
Et suivent des méchants, sans jamais les quitter
同样的骄傲,同样的捉弄
这些自由的少女
这些将要长成皇后的少女
会为了爱情,到天涯海角
会跟随坏人,永不变心
La polka des jeunes filles
Mêmes fiertés, mêmes malices
Ces demoiselles libérées
Ces filles qui seront princesses
Par amour, vont au bout du monde
Et suivent des méchants, sans jamais les quitter
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chinois (moderne),
Duo Duo 多多 (1951-)
mercredi 12 novembre 2008
Haizi- Sonnet - la couronne
十四行: 王冠
我所热爱的少女
河流的少女
头发变成了树叶
两臂变成了树干
你既然不能做我的妻子
你一定要成为我的王冠
我将和人间的伟大诗人一同戴
用你美丽的叶子缠绕我的竖琴和箭袋
秋天的屋顶、时间的重量
秋天又苦又香
使石头开花 象一顶王冠
秋天的屋顶又苦又香
空中弥漫着一顶王冠
被劈开的月桂和扁桃和苦香
La couronne - sonnet
Demoiselle que j’aime tant
Demoiselle des eaux vives
Tes cheveux sont devenus des feuilles
Tes bras sont devenus des branches
Tu ne peux plus être ma femme
Alors tu seras ma couronne
Je te porterai, comme les grands poètes d’autrefois
Et tes jolies feuilles enlaceront ma lyre et mon carquois
Sommet de l’automne, poids du temps
L’automne amer et parfumé
Fait fleurir les pierres en couronne
Sommet de l’automne, amer et parfumé
Couronne répandue dans l’espace
Tranchée de laurier, d’amandes et de parfums amers
我所热爱的少女
河流的少女
头发变成了树叶
两臂变成了树干
你既然不能做我的妻子
你一定要成为我的王冠
我将和人间的伟大诗人一同戴
用你美丽的叶子缠绕我的竖琴和箭袋
秋天的屋顶、时间的重量
秋天又苦又香
使石头开花 象一顶王冠
秋天的屋顶又苦又香
空中弥漫着一顶王冠
被劈开的月桂和扁桃和苦香
La couronne - sonnet
Demoiselle que j’aime tant
Demoiselle des eaux vives
Tes cheveux sont devenus des feuilles
Tes bras sont devenus des branches
Tu ne peux plus être ma femme
Alors tu seras ma couronne
Je te porterai, comme les grands poètes d’autrefois
Et tes jolies feuilles enlaceront ma lyre et mon carquois
Sommet de l’automne, poids du temps
L’automne amer et parfumé
Fait fleurir les pierres en couronne
Sommet de l’automne, amer et parfumé
Couronne répandue dans l’espace
Tranchée de laurier, d’amandes et de parfums amers
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chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
mardi 4 novembre 2008
Tian Xiaoqing - Mort
死亡
他们谈论你
像谈论一个已故的人
你就这样死了
在故事的复述中
在语言的十字架上
你一次又一次地死去
你就这样死了
手中紧攥着伤口
像攥着一个秘密
Mort
Quand ils parlaient de toi
Ils parlaient au passé
C’est ainsi que tu es mort
Dans les redites d’une histoire
Sur la croix des mots
Tu es mort, mort encore
C’est ainsi que tu es mort
Ta main serrant ta plaie
Comme on serre un secret
他们谈论你
像谈论一个已故的人
你就这样死了
在故事的复述中
在语言的十字架上
你一次又一次地死去
你就这样死了
手中紧攥着伤口
像攥着一个秘密
Mort
Quand ils parlaient de toi
Ils parlaient au passé
C’est ainsi que tu es mort
Dans les redites d’une histoire
Sur la croix des mots
Tu es mort, mort encore
C’est ainsi que tu es mort
Ta main serrant ta plaie
Comme on serre un secret
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Tian Xiaoqing 田晓青 (1953-)
lundi 27 octobre 2008
Gucheng - le bonhomme de neige
雪人
在你的门前
我堆起一个雪人
代表笨拙的我
把你久等
你拿出一颗棒糖
一颗甜甜的心
埋进雪里
说这样才会高兴
雪人没有笑
默默无声
直到春天的骄阳
把它融化干净
人在哪里
心在哪里呢
小小的泪潭边
只有蜜蜂
Le bonhomme de neige
J'ai fait devant ta porte
Un bonhomme de neige
C'était moi, cet idiot
Qui t'attendais encore
Tu as pris une sucette
Un petit coeur tout sucré
L'as enterrée dans la neige
Tu voulais qu'il soit heureux
Le bonhomme n'a pas souri
Il est resté silencieux
Quand le soleil du printemps
L'a fait fondre tout entier
Où est le bonhomme?
Où est le coeur?
Près d'une mare de larmes
Il ne reste qu'une abeille
在你的门前
我堆起一个雪人
代表笨拙的我
把你久等
你拿出一颗棒糖
一颗甜甜的心
埋进雪里
说这样才会高兴
雪人没有笑
默默无声
直到春天的骄阳
把它融化干净
人在哪里
心在哪里呢
小小的泪潭边
只有蜜蜂
Le bonhomme de neige
J'ai fait devant ta porte
Un bonhomme de neige
C'était moi, cet idiot
Qui t'attendais encore
Tu as pris une sucette
Un petit coeur tout sucré
L'as enterrée dans la neige
Tu voulais qu'il soit heureux
Le bonhomme n'a pas souri
Il est resté silencieux
Quand le soleil du printemps
L'a fait fondre tout entier
Où est le bonhomme?
Où est le coeur?
Près d'une mare de larmes
Il ne reste qu'une abeille
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Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
dimanche 26 octobre 2008
Gucheng - je suis une petite ville
我是一座小城
我的心,
是一座城,
一座最小的城。
没有杂乱的市场,
没有众多的居民,
冷冷清清,
冷冷清清。
只有一片落叶,
只有一簇花丛,
还偷偷掩藏着——
儿时的深情……
我的梦,
是一座城,
一座最小的城。
没有森严的殿堂,
没有神圣的坟陵,
安安静静,
安安静静。
只有一团薄雾,
只有一阵微风,
还悄悄依恋着——
童年的纯真……
啊,我是一座小城,
一座最小的城,
只能住一个人,
只能住一个人,
我的梦中人,
我的心上人,
我的爱人啊——
为什么不来临?
为什么不来临?
Je suis une petite ville
Mon cœur
Est une ville
Une toute petite ville
Sans bazars, sans marchés
Sans foules, sans habitants
Toute seule
Toute seule
Juste des feuilles mortes
Juste des buissons de fleurs
Et, très bien cachées
Les passions de l’enfance
Mon rêve
Est une ville
Une tout petite ville
Sans temples austères
Sans sépultures sacrées
Toute calme
Toute calme
Juste un peu de brume
Juste un vent léger
Et, toute tendre
La pureté de la jeunesse
Oh, je suis une petite ville
Une toute petite ville
Juste un habitant
Juste un habitant
Toi dans mon rêve
Toi dans mon cœur
Toi que j’aime !
Pourquoi ne viens tu pas ?
Pourquoi ne viens tu pas ?
我的心,
是一座城,
一座最小的城。
没有杂乱的市场,
没有众多的居民,
冷冷清清,
冷冷清清。
只有一片落叶,
只有一簇花丛,
还偷偷掩藏着——
儿时的深情……
我的梦,
是一座城,
一座最小的城。
没有森严的殿堂,
没有神圣的坟陵,
安安静静,
安安静静。
只有一团薄雾,
只有一阵微风,
还悄悄依恋着——
童年的纯真……
啊,我是一座小城,
一座最小的城,
只能住一个人,
只能住一个人,
我的梦中人,
我的心上人,
我的爱人啊——
为什么不来临?
为什么不来临?
Je suis une petite ville
Mon cœur
Est une ville
Une toute petite ville
Sans bazars, sans marchés
Sans foules, sans habitants
Toute seule
Toute seule
Juste des feuilles mortes
Juste des buissons de fleurs
Et, très bien cachées
Les passions de l’enfance
Mon rêve
Est une ville
Une tout petite ville
Sans temples austères
Sans sépultures sacrées
Toute calme
Toute calme
Juste un peu de brume
Juste un vent léger
Et, toute tendre
La pureté de la jeunesse
Oh, je suis une petite ville
Une toute petite ville
Juste un habitant
Juste un habitant
Toi dans mon rêve
Toi dans mon cœur
Toi que j’aime !
Pourquoi ne viens tu pas ?
Pourquoi ne viens tu pas ?
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Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
Gucheng - Impression
感觉
天是灰色的
路是灰色的
楼是灰色的
雨是灰色的
在一片死灰中
走过两个孩子
一个鲜红
一个淡绿
Impression
Le ciel est gris
La rue est grise
La ville est grise
La pluie est grise
Dans tout ce gris
Vont deux enfants
L’un rouge vif
L’autre vert pâle
天是灰色的
路是灰色的
楼是灰色的
雨是灰色的
在一片死灰中
走过两个孩子
一个鲜红
一个淡绿
Impression
Le ciel est gris
La rue est grise
La ville est grise
La pluie est grise
Dans tout ce gris
Vont deux enfants
L’un rouge vif
L’autre vert pâle
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Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
Gu Cheng - Génération
一代人
黑夜给了我黑色的眼睛
我却用它寻找光明
Génération
Avec les yeux noirs
Que la nuit m’a donnés
Je cherche la lumière
黑夜给了我黑色的眼睛
我却用它寻找光明
Génération
Avec les yeux noirs
Que la nuit m’a donnés
Je cherche la lumière
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