赠别
今天
我和你
要跨过这古老的门槛
不要祝福
不要再见
那些都像表演
最好的是沉默
隐藏总不算欺骗
把回想留给未来吧
就像把梦留给夜
泪留给大海
风留给帆
Adieu
Aujourd’hui
Toi et moi
Allons franchir cette vieille porte
Pas de souhaits
Pas d’au revoir
Cela ferait cliché
Mieux vaut le silence
Ce qui est caché ne saurait mentir
Laissons les souvenirs au futur
Comme on laisse les rêves à la nuit
Les larmes à la mer
Le vent aux voiles
dimanche 11 janvier 2009
Bai Juyi - Retraite
門嚴九重靜
窗幽一室閑
好是修心處
何必在深山
Porte close, épais silence
Fenêtre opaque, pièce vide
J'aime cette retraite
A quoi bon les montagnes?
窗幽一室閑
好是修心處
何必在深山
Porte close, épais silence
Fenêtre opaque, pièce vide
J'aime cette retraite
A quoi bon les montagnes?
Libellés :
Bai Juyi 白居易 (772 - 846)
samedi 10 janvier 2009
Bei Dao - Le Vieux Temple
古寺
消失的钟声
结成蛛网,在裂缝的柱子里
扩散成一圈圈年轮
没有记忆,石头
空蒙的山谷里传播回声的
石头,没有记忆
当小路绕开这里的时候
龙和怪鸟也飞走了
从房檐上带走喑哑的铃铛
荒草一年一度
生长,那么漠然
不在乎它们屈从的主人
是僧侣的布鞋,还是风
石碑残缺,上面的文字已经磨损
仿佛只有在一场大火之中
才能辨认,也许
会随着一道生者的目光
乌龟在泥土中复活
驮着沉重的秘密,爬出门槛
Le vieux temple
Le son des cloches, évanoui
Tissé dans les toiles d'araignées des colonnes fendues
Fondu dans tant de cernes
Sans mémoire, les pierres
Dans la vallée brumeuse, renvoyant leurs échos
De pierres, sans mémoire
Quand les chemins ont serpenté ici
Dragons et oiseaux sacrés s'en sont allés
Emportant avec eux les clochettes muettes des auvents
Les herbes folles reviennent, chaque année
Poussant, si indifférentes
Ne sachant devant qui elles plient
Sandale de moine ou vent
Une stèle brisée, inscription effacée
Comme si seul un grand feu
Pouvait la faire revenir, ou peut être
Sous le regard d'un adepte
La tortue, dans la boue, renaîtrait
Et, chargée d'un lourd secret, se trainerait hors du seuil
消失的钟声
结成蛛网,在裂缝的柱子里
扩散成一圈圈年轮
没有记忆,石头
空蒙的山谷里传播回声的
石头,没有记忆
当小路绕开这里的时候
龙和怪鸟也飞走了
从房檐上带走喑哑的铃铛
荒草一年一度
生长,那么漠然
不在乎它们屈从的主人
是僧侣的布鞋,还是风
石碑残缺,上面的文字已经磨损
仿佛只有在一场大火之中
才能辨认,也许
会随着一道生者的目光
乌龟在泥土中复活
驮着沉重的秘密,爬出门槛
Le vieux temple
Le son des cloches, évanoui
Tissé dans les toiles d'araignées des colonnes fendues
Fondu dans tant de cernes
Sans mémoire, les pierres
Dans la vallée brumeuse, renvoyant leurs échos
De pierres, sans mémoire
Quand les chemins ont serpenté ici
Dragons et oiseaux sacrés s'en sont allés
Emportant avec eux les clochettes muettes des auvents
Les herbes folles reviennent, chaque année
Poussant, si indifférentes
Ne sachant devant qui elles plient
Sandale de moine ou vent
Une stèle brisée, inscription effacée
Comme si seul un grand feu
Pouvait la faire revenir, ou peut être
Sous le regard d'un adepte
La tortue, dans la boue, renaîtrait
Et, chargée d'un lourd secret, se trainerait hors du seuil
Libellés :
Bei Dao 北岛 (1949-),
chinois (moderne)
WH Auden - la vérité sur l'amour
Traduit de l'anglais, pour changer
La vérité sur l’amour
On dit que l'amour est un petit garçon
Ou bien que c'est un oiseau
On dit que c'est lui qui fait tourner le monde
On dit aussi que c'est idiot
Mais quand j'ai interrogé mon voisin
Qui paraissait un expert
Sa femme s'est mise dans une colère noire
Disant qu'en voila des manières
Ressemble-t-il à un vieux pyjama ?
Au jambon d'une maison de cure ?
Sent il fort, comme le font les lamas ?
Ou est ce que son odeur rassure ?
Est-il piquant, au toucher, comme une haie?
Doux comme un duvet d’édredon ?
Sur les bords est-il pointu, ou bien tout rond ?
Dites-moi la vérité sur l'amour
Les livres d'histoire l'évoquent
Par d'indirectes allusions
C’est un sujet de discussion
Sur les paquebots transatlantiques
Je l'ai vu souvent mentionné
Dans des rapports de suicides
Je l'ai même trouvé griffonné
Au dos d'éphémérides
Hurle-t-il comme un dogue affamé ?
Braille-t-il comme une fanfare militaire ?
Arriverait-on à l’imiter ?
Sur une scie, ou un Steinway de concert ?
Est ce qu'on crie quand il chante dans les fêtes ?
Est ce qu'il n'écoute que du classique ?
Quand on veut du calme, est ce qu’il s'arrête ?
Dites moi la vérité sur l'amour
J'ai cherché dans le kiosque
Il ne s'y trouvait pas
Sur la Tamise, à Maidenhead
A Brighton, au grand air
Je ne sais pas ce que le merle chantait
Ni ce que la fleur a dit
Mais il n'était pas dans le poulailler
Ni en dessous du lit
Peut-il faire des mines incroyables?
Est-il malade sur une balançoire?
Passe-t-il tout son temps aux courses
Ou à jouer avec des bouts de ficelle?
A-t-il ses idées sur l'argent?
Est-il assez patriote?
Ses histoires sont elles vulgaires mais drôles?
Dites-moi la vérité sur l'amour
Quand il viendra, viendra-t-il sans prévenir ?
Au moment où je me mouche ?
Frappera-t-il à la porte un matin ?
Ou me bousculera-t-il dans le bus?
Viendra-t-il comme change le temps ?
Sera-t-il brutal ou prévenant ?
Changera-t-il ma vie pour toujours?
Dites-moi la vérité sur l'amour
O Tell Me The Truth About Love
Some say love's a little boy,
And some say it's a bird,
Some say it makes the world go around,
Some say that's absurd,
And when I asked the man next-door,
Who looked as if he knew,
His wife got very cross indeed,
And said it wouldn't do.
Does it look like a pair of pyjamas,
Or the ham in a temperance hotel?
Does its odour remind one of llamas,
Or has it a comforting smell?
Is it prickly to touch as a hedge is,
Or soft as eiderdown fluff?
Is it sharp or quite smooth at the edges?
O tell me the truth about love.
Our history books refer to it
In cryptic little notes,
It's quite a common topic on
The Transatlantic boats;
I've found the subject mentioned in
Accounts of suicides,
And even seen it scribbled on
The backs of railway guides.
Does it howl like a hungry Alsatian,
Or boom like a military band?
Could one give a first-rate imitation
On a saw or a Steinway Grand?
Is its singing at parties a riot?
Does it only like Classical stuff?
Will it stop when one wants to be quiet?
O tell me the truth about love.
I looked inside the summer-house;
It wasn't over there;
I tried the Thames at Maidenhead,
And Brighton's bracing air.
I don't know what the blackbird sang,
Or what the tulip said;
But it wasn't in the chicken-run,
Or underneath the bed.
Can it pull extraordinary faces?
Is it usually sick on a swing?
Does it spend all its time at the races,
or fiddling with pieces of string?
Has it views of its own about money?
Does it think Patriotism enough?
Are its stories vulgar but funny?
O tell me the truth about love.
When it comes, will it come without warning
Just as I'm picking my nose?
Will it knock on my door in the morning,
Or tread in the bus on my toes?
Will it come like a change in the weather?
Will its greeting be courteous or rough?
Will it alter my life altogether?
O tell me the truth about love.
La vérité sur l’amour
On dit que l'amour est un petit garçon
Ou bien que c'est un oiseau
On dit que c'est lui qui fait tourner le monde
On dit aussi que c'est idiot
Mais quand j'ai interrogé mon voisin
Qui paraissait un expert
Sa femme s'est mise dans une colère noire
Disant qu'en voila des manières
Ressemble-t-il à un vieux pyjama ?
Au jambon d'une maison de cure ?
Sent il fort, comme le font les lamas ?
Ou est ce que son odeur rassure ?
Est-il piquant, au toucher, comme une haie?
Doux comme un duvet d’édredon ?
Sur les bords est-il pointu, ou bien tout rond ?
Dites-moi la vérité sur l'amour
Les livres d'histoire l'évoquent
Par d'indirectes allusions
C’est un sujet de discussion
Sur les paquebots transatlantiques
Je l'ai vu souvent mentionné
Dans des rapports de suicides
Je l'ai même trouvé griffonné
Au dos d'éphémérides
Hurle-t-il comme un dogue affamé ?
Braille-t-il comme une fanfare militaire ?
Arriverait-on à l’imiter ?
Sur une scie, ou un Steinway de concert ?
Est ce qu'on crie quand il chante dans les fêtes ?
Est ce qu'il n'écoute que du classique ?
Quand on veut du calme, est ce qu’il s'arrête ?
Dites moi la vérité sur l'amour
J'ai cherché dans le kiosque
Il ne s'y trouvait pas
Sur la Tamise, à Maidenhead
A Brighton, au grand air
Je ne sais pas ce que le merle chantait
Ni ce que la fleur a dit
Mais il n'était pas dans le poulailler
Ni en dessous du lit
Peut-il faire des mines incroyables?
Est-il malade sur une balançoire?
Passe-t-il tout son temps aux courses
Ou à jouer avec des bouts de ficelle?
A-t-il ses idées sur l'argent?
Est-il assez patriote?
Ses histoires sont elles vulgaires mais drôles?
Dites-moi la vérité sur l'amour
Quand il viendra, viendra-t-il sans prévenir ?
Au moment où je me mouche ?
Frappera-t-il à la porte un matin ?
Ou me bousculera-t-il dans le bus?
Viendra-t-il comme change le temps ?
Sera-t-il brutal ou prévenant ?
Changera-t-il ma vie pour toujours?
Dites-moi la vérité sur l'amour
O Tell Me The Truth About Love
Some say love's a little boy,
And some say it's a bird,
Some say it makes the world go around,
Some say that's absurd,
And when I asked the man next-door,
Who looked as if he knew,
His wife got very cross indeed,
And said it wouldn't do.
Does it look like a pair of pyjamas,
Or the ham in a temperance hotel?
Does its odour remind one of llamas,
Or has it a comforting smell?
Is it prickly to touch as a hedge is,
Or soft as eiderdown fluff?
Is it sharp or quite smooth at the edges?
O tell me the truth about love.
Our history books refer to it
In cryptic little notes,
It's quite a common topic on
The Transatlantic boats;
I've found the subject mentioned in
Accounts of suicides,
And even seen it scribbled on
The backs of railway guides.
Does it howl like a hungry Alsatian,
Or boom like a military band?
Could one give a first-rate imitation
On a saw or a Steinway Grand?
Is its singing at parties a riot?
Does it only like Classical stuff?
Will it stop when one wants to be quiet?
O tell me the truth about love.
I looked inside the summer-house;
It wasn't over there;
I tried the Thames at Maidenhead,
And Brighton's bracing air.
I don't know what the blackbird sang,
Or what the tulip said;
But it wasn't in the chicken-run,
Or underneath the bed.
Can it pull extraordinary faces?
Is it usually sick on a swing?
Does it spend all its time at the races,
or fiddling with pieces of string?
Has it views of its own about money?
Does it think Patriotism enough?
Are its stories vulgar but funny?
O tell me the truth about love.
When it comes, will it come without warning
Just as I'm picking my nose?
Will it knock on my door in the morning,
Or tread in the bus on my toes?
Will it come like a change in the weather?
Will its greeting be courteous or rough?
Will it alter my life altogether?
O tell me the truth about love.
Libellés :
anglais,
WH Auden (1907-1973)
Haizi - quatre soeurs
四姐妹
荒凉的山岗上站着四姐妹
所有的风只向她们吹
所有的日子都为她们破碎
空气中的一棵麦子
高举到我的头顶
我身在这荒芜的山岗
怀念我空空的房间, 落满灰尘
我爱过的这糊涂的四姐妹啊
光芒四射的四姐妹
夜里我头枕卷册和神州
想起蓝色远方的四姐妹
我爱过的这糊涂的四姐妹啊
像爱着我亲手写下的四首诗
我的美丽的结伴而行的四姐妹
比命运女神还要多出一个
赶着美丽苍白的奶牛 走向月亮形的山峰
到了二月, 你是从哪里来的
天上滚过春天的雷, 你是从哪里来的
不和陌生人一起来
不和运货马车一起来
不和鸟群一起来
四姐妹抱着这一棵
一棵空气中的麦子
抱着昨天的大雪, 今天的雨水
明天的粮食与灰烬
这是绝望的麦子
请告诉四姐妹: 这是绝望的麦子
永远是这样
风后面是风
天空上面是天空
道路前面还是道路
Les quatre soeurs
Sur la crête déserte il y a quatre soeurs
Tous les vents soufflent vers elles
Tous les jours sont par elles brisés
Dans l'espace, un épi de blé
Aussi haut que le haut de mon crâne
Mon corps sur cette crête déserte
Se souvient de ma chambre vide, où s'entasse la poussière
Oh, ces quatre soeurs idiotes que j’ai aimées !
Quatre soeurs rayonnantes
Et la nuit, la tête posée sur des livres, sur la terre sacrée
Je pense aux quatre soeurs des bleus lointains
Oh, ces quatre soeurs idiotes que j’ai aimées !
Comme j'aimerais quatre poèmes, écrits de ma main
Mes quatre jolies soeurs, en bande marchant
Une de plus que les Parques
Menant leurs jolies vaches claires, vers un pic en forme de lune
Second mois que voila, d'où viens tu?
Orage de printemps, qui roule dans le ciel, d'où viens tu?
Tu ne viens pas avec les gens
Tu ne viens pas avec les charrettes des marchands
Tu ne viens pas avec les nuées d'oiseaux
Les quatre soeurs embrassent cet épi
L'épi de blé, dans l'espace
Embrasse les neiges d'hier, les pluies d'aujourd'hui
Les grains et les cendres de demain
C'est le blé du désespoir
Dites, s'il vous plaît, aux quatre soeurs : c'est le blé du désespoir
C'est toujours comme ça
Après le vent il y a le vent
Au dessus du ciel il y a le ciel
Avant la route, il y a encore la route
荒凉的山岗上站着四姐妹
所有的风只向她们吹
所有的日子都为她们破碎
空气中的一棵麦子
高举到我的头顶
我身在这荒芜的山岗
怀念我空空的房间, 落满灰尘
我爱过的这糊涂的四姐妹啊
光芒四射的四姐妹
夜里我头枕卷册和神州
想起蓝色远方的四姐妹
我爱过的这糊涂的四姐妹啊
像爱着我亲手写下的四首诗
我的美丽的结伴而行的四姐妹
比命运女神还要多出一个
赶着美丽苍白的奶牛 走向月亮形的山峰
到了二月, 你是从哪里来的
天上滚过春天的雷, 你是从哪里来的
不和陌生人一起来
不和运货马车一起来
不和鸟群一起来
四姐妹抱着这一棵
一棵空气中的麦子
抱着昨天的大雪, 今天的雨水
明天的粮食与灰烬
这是绝望的麦子
请告诉四姐妹: 这是绝望的麦子
永远是这样
风后面是风
天空上面是天空
道路前面还是道路
Les quatre soeurs
Sur la crête déserte il y a quatre soeurs
Tous les vents soufflent vers elles
Tous les jours sont par elles brisés
Dans l'espace, un épi de blé
Aussi haut que le haut de mon crâne
Mon corps sur cette crête déserte
Se souvient de ma chambre vide, où s'entasse la poussière
Oh, ces quatre soeurs idiotes que j’ai aimées !
Quatre soeurs rayonnantes
Et la nuit, la tête posée sur des livres, sur la terre sacrée
Je pense aux quatre soeurs des bleus lointains
Oh, ces quatre soeurs idiotes que j’ai aimées !
Comme j'aimerais quatre poèmes, écrits de ma main
Mes quatre jolies soeurs, en bande marchant
Une de plus que les Parques
Menant leurs jolies vaches claires, vers un pic en forme de lune
Second mois que voila, d'où viens tu?
Orage de printemps, qui roule dans le ciel, d'où viens tu?
Tu ne viens pas avec les gens
Tu ne viens pas avec les charrettes des marchands
Tu ne viens pas avec les nuées d'oiseaux
Les quatre soeurs embrassent cet épi
L'épi de blé, dans l'espace
Embrasse les neiges d'hier, les pluies d'aujourd'hui
Les grains et les cendres de demain
C'est le blé du désespoir
Dites, s'il vous plaît, aux quatre soeurs : c'est le blé du désespoir
C'est toujours comme ça
Après le vent il y a le vent
Au dessus du ciel il y a le ciel
Avant la route, il y a encore la route
Libellés :
chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
lundi 5 janvier 2009
Haizi - A la nuit
黑夜的献诗
——献给黑夜的女儿
黑夜从大地上升起
遮住了光明的天空
丰收后荒凉的大地
黑夜从你内部升起
你从远方来, 我到远方去
遥远的路程经过这里
天空一无所有
为何给我安慰
丰收之后荒凉的大地
人们取走了一年的收成
取走了粮食骑走了马
留在地里的人, 埋的很深
草叉闪闪发亮, 稻草堆在火上
稻谷堆在黑暗的谷仓
谷仓中太黑暗, 太寂静, 太丰收
也太荒凉, 我在丰收中看到了阎王的眼睛
黑雨滴一样的鸟群
从黄昏飞入黑夜
黑夜一无所有
为何给我安慰
走在路上
放声歌唱
大风刮过山岗
上面是无边的天空
A la nuit
-- dédié à la fille de la nuit
La nuit monte de la terre
Cachant la lumière du ciel
Terre déserte d’après la moisson
La nuit monte de ton sein
Tu viens de loin, et je vais loin
Lointains chemins qui passent ici
Le ciel n’a rien
Pourquoi me donne-t-il le réconfort
Après la moisson la terre est déserte
Les hommes ont pris une année de récolte
Emportés les grains, partis les chevaux
Et ceux qu’ils ont laissés, enterrés profond
Les fourches scintillent, les tas de paille brûlent
Le riz est dans les sombres greniers
Dans les greniers, trop sombre, trop seul, trop moissonné
Et trop désert, pendant la récolte, j’ai vu l’œil du diable
Une nuée d’oiseaux, gouttes de pluie noire
Vole du soir vers la nuit
La nuit n’a rien
Pourquoi me donne-t-elle le réconfort
Allant sur la route
Bruissant et chantant
Le vent a érodé les cimes
Au dessus, le ciel sans fin
——献给黑夜的女儿
黑夜从大地上升起
遮住了光明的天空
丰收后荒凉的大地
黑夜从你内部升起
你从远方来, 我到远方去
遥远的路程经过这里
天空一无所有
为何给我安慰
丰收之后荒凉的大地
人们取走了一年的收成
取走了粮食骑走了马
留在地里的人, 埋的很深
草叉闪闪发亮, 稻草堆在火上
稻谷堆在黑暗的谷仓
谷仓中太黑暗, 太寂静, 太丰收
也太荒凉, 我在丰收中看到了阎王的眼睛
黑雨滴一样的鸟群
从黄昏飞入黑夜
黑夜一无所有
为何给我安慰
走在路上
放声歌唱
大风刮过山岗
上面是无边的天空
A la nuit
-- dédié à la fille de la nuit
La nuit monte de la terre
Cachant la lumière du ciel
Terre déserte d’après la moisson
La nuit monte de ton sein
Tu viens de loin, et je vais loin
Lointains chemins qui passent ici
Le ciel n’a rien
Pourquoi me donne-t-il le réconfort
Après la moisson la terre est déserte
Les hommes ont pris une année de récolte
Emportés les grains, partis les chevaux
Et ceux qu’ils ont laissés, enterrés profond
Les fourches scintillent, les tas de paille brûlent
Le riz est dans les sombres greniers
Dans les greniers, trop sombre, trop seul, trop moissonné
Et trop désert, pendant la récolte, j’ai vu l’œil du diable
Une nuée d’oiseaux, gouttes de pluie noire
Vole du soir vers la nuit
La nuit n’a rien
Pourquoi me donne-t-elle le réconfort
Allant sur la route
Bruissant et chantant
Le vent a érodé les cimes
Au dessus, le ciel sans fin
Libellés :
chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
vendredi 2 janvier 2009
Haizi - A la dernière nuit, et au premier jour
最后一夜和第一日的献诗
今夜你的黑头发
是岩石上寂寞的黑夜
牧羊人用雪白的羊群
填满飞机场周围的黑暗
黑夜比我更早睡去
黑夜是神的伤口
你是我的伤口
羊群和花朵也是岩石的伤口
雪山
用大雪填满飞机场周围的黑暗
雪山女神吃的是野兽穿的是鲜花
今夜 九十九座雪山高出天堂
使我彻夜难眠
A la dernière nuit, et au premier jour
Ce soir, tes cheveux noirs
C’est la nuit, seule, sur les rochers
Les bergers, de leurs moutons de neige
Emplissent l’ombre autour de l’aéroport
La nuit s’est endormie avant moi
La nuit est une blessure sacrée
Tu es ma blessure
Les moutons, les fleurs, sont la blessure des rochers
Cimes enneigées
De neige emplissant l’ombre autour de l’aéroport
Les fées des neiges mangent les bêtes, s’habillent de fleurs
Ce soir, quatre vingt dix neuf cimes enneigées montent vers le paradis
M’empêchant, toute la nuit, de trouver le sommeil
今夜你的黑头发
是岩石上寂寞的黑夜
牧羊人用雪白的羊群
填满飞机场周围的黑暗
黑夜比我更早睡去
黑夜是神的伤口
你是我的伤口
羊群和花朵也是岩石的伤口
雪山
用大雪填满飞机场周围的黑暗
雪山女神吃的是野兽穿的是鲜花
今夜 九十九座雪山高出天堂
使我彻夜难眠
A la dernière nuit, et au premier jour
Ce soir, tes cheveux noirs
C’est la nuit, seule, sur les rochers
Les bergers, de leurs moutons de neige
Emplissent l’ombre autour de l’aéroport
La nuit s’est endormie avant moi
La nuit est une blessure sacrée
Tu es ma blessure
Les moutons, les fleurs, sont la blessure des rochers
Cimes enneigées
De neige emplissant l’ombre autour de l’aéroport
Les fées des neiges mangent les bêtes, s’habillent de fleurs
Ce soir, quatre vingt dix neuf cimes enneigées montent vers le paradis
M’empêchant, toute la nuit, de trouver le sommeil
Libellés :
chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
mercredi 31 décembre 2008
Haizi - Automne
秋
秋天深了 神的家中鹰在集合
神的故乡鹰在言语
秋天深了 王在写诗
在这个世界上秋天深了
得到的尚未得到
该丧失的早已丧失
Automne
L’automne est là, dans la maison sainte, les faucons s’assemblent
Au village saint, les faucons bavardent
L’automne est là, on écrit des poèmes
Partout ici bas, l’automne est là
Ce qu’on aura, on ne l’a pas encore
Ce qu’on perdra, on l’a déjà perdu
秋天深了 神的家中鹰在集合
神的故乡鹰在言语
秋天深了 王在写诗
在这个世界上秋天深了
得到的尚未得到
该丧失的早已丧失
Automne
L’automne est là, dans la maison sainte, les faucons s’assemblent
Au village saint, les faucons bavardent
L’automne est là, on écrit des poèmes
Partout ici bas, l’automne est là
Ce qu’on aura, on ne l’a pas encore
Ce qu’on perdra, on l’a déjà perdu
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chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
Gu Cheng - Fleurs sans nom
无名的小花
割草归来,细雨飘飘,见路旁小花含露微笑而作。
野花,
星星,点点,
像遗失的纽扣,
撒在路边。
它没有秋菊
卷曲的金发,
也没有牡丹
娇艳的容颜,
它只有微小的花,
和瘦弱的叶片,
把淡淡的芬芳
溶进美好的春天。
我的诗,
像无名的小花,
随着季节的风雨,
悄悄地开放在
寂寞的人间……
Petites fleurs sans nom
Fait en rentrant de couper de l’herbe, sous une pluie fine, et en voyant, au bord du chemin, ces petites fleurs qui se moquaient des gouttes
Fleurs sauvages
De ci, de là
Boutons égarés
Au bord de la route
Ni chrysanthèmes
Aux boucles blondes
Ni pivoines
Au séduisant visage
Juste des fleurettes
Feuilles maigrelettes
Fades parfums dissipés
Dans la beauté du printemps
Mes poèmes
Sont comme ces petites fleurs
Au gré des vents et des saisons
Fleurissant en silence
Dans ce monde désolé…
割草归来,细雨飘飘,见路旁小花含露微笑而作。
野花,
星星,点点,
像遗失的纽扣,
撒在路边。
它没有秋菊
卷曲的金发,
也没有牡丹
娇艳的容颜,
它只有微小的花,
和瘦弱的叶片,
把淡淡的芬芳
溶进美好的春天。
我的诗,
像无名的小花,
随着季节的风雨,
悄悄地开放在
寂寞的人间……
Petites fleurs sans nom
Fait en rentrant de couper de l’herbe, sous une pluie fine, et en voyant, au bord du chemin, ces petites fleurs qui se moquaient des gouttes
Fleurs sauvages
De ci, de là
Boutons égarés
Au bord de la route
Ni chrysanthèmes
Aux boucles blondes
Ni pivoines
Au séduisant visage
Juste des fleurettes
Feuilles maigrelettes
Fades parfums dissipés
Dans la beauté du printemps
Mes poèmes
Sont comme ces petites fleurs
Au gré des vents et des saisons
Fleurissant en silence
Dans ce monde désolé…
Libellés :
chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
vendredi 21 novembre 2008
Shi Zhi (1948-) Cigarette
烟
燃起的香烟中飘出过未来的幻梦,
蓝色的云雾是挣扎过希望的黎明。
而如今这烟缕却成了我心中的愁绪,
汇成了低沉的含雨未落的云层。
我推开明亮的玻璃窗,
迎进郊外田野的清风。
多想留住飘散的烟缕——
那是你向我告别的身影。
Cigarette
Dans les braises de ta cigarette
Flottaient mes rêves d’avenir
Dans sa fumée bleutée
Naissaient mes pauvres espoirs
Aujourd’hui cette fumée
Est ma mélancolie
Comme un nuage, bas et lourd
Gorgé de pluie
J’ai entr’ouvert
Les vitres claires
Pour faire entrer la brise
Des champs lointains
Mais j’ai longtemps gardée
Cette fumée vagabonde
Qui était l’ombre
De nos adieux
燃起的香烟中飘出过未来的幻梦,
蓝色的云雾是挣扎过希望的黎明。
而如今这烟缕却成了我心中的愁绪,
汇成了低沉的含雨未落的云层。
我推开明亮的玻璃窗,
迎进郊外田野的清风。
多想留住飘散的烟缕——
那是你向我告别的身影。
Cigarette
Dans les braises de ta cigarette
Flottaient mes rêves d’avenir
Dans sa fumée bleutée
Naissaient mes pauvres espoirs
Aujourd’hui cette fumée
Est ma mélancolie
Comme un nuage, bas et lourd
Gorgé de pluie
J’ai entr’ouvert
Les vitres claires
Pour faire entrer la brise
Des champs lointains
Mais j’ai longtemps gardée
Cette fumée vagabonde
Qui était l’ombre
De nos adieux
Libellés :
chinois (moderne),
Shi Zhi
vendredi 14 novembre 2008
Jia Dao (賈島 779-843) - L'homme à l'épée
劍客
十年磨一劍
霜刃未曾試
今日把示君
誰為不平事
L'homme à l'épée
Dix ans, j'affûtais cette lame.
Son fil de glace inéprouvé.
La voici à mon poing, madame.
Y a-t-il un affront à laver ?
十年磨一劍
霜刃未曾試
今日把示君
誰為不平事
L'homme à l'épée
Dix ans, j'affûtais cette lame.
Son fil de glace inéprouvé.
La voici à mon poing, madame.
Y a-t-il un affront à laver ?
Libellés :
Jia Dao 賈島 (779-843)
jeudi 13 novembre 2008
Gu Cheng - Un tout petit voeu
微微的希望
我和无数
不能孵化的卵石
垒在一起
蓝色的河溪爬来
把我们吞没
又悄悄吐出
没有别的
只希望草能够延长
它的影子
Un tout petit voeu
Avec tous ces
Œufs de pierre jamais éclos
Je suis entassé
L’onde bleue rampe
Nous engloutit
Et doucement nous recrache
Rien d’autre
Juste un vœu, que l’herbe étende
Son ombre
我和无数
不能孵化的卵石
垒在一起
蓝色的河溪爬来
把我们吞没
又悄悄吐出
没有别的
只希望草能够延长
它的影子
Un tout petit voeu
Avec tous ces
Œufs de pierre jamais éclos
Je suis entassé
L’onde bleue rampe
Nous engloutit
Et doucement nous recrache
Rien d’autre
Juste un vœu, que l’herbe étende
Son ombre
Libellés :
chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
Duo Duo (1951-) - La polka des jeunes filles (1973)
少女波尔卡
同样的骄傲,同样的捉弄
这些自由的少女
这些将要长成皇后的少女
会为了爱情,到天涯海角
会跟随坏人,永不变心
La polka des jeunes filles
Mêmes fiertés, mêmes malices
Ces demoiselles libérées
Ces filles qui seront princesses
Par amour, vont au bout du monde
Et suivent des méchants, sans jamais les quitter
同样的骄傲,同样的捉弄
这些自由的少女
这些将要长成皇后的少女
会为了爱情,到天涯海角
会跟随坏人,永不变心
La polka des jeunes filles
Mêmes fiertés, mêmes malices
Ces demoiselles libérées
Ces filles qui seront princesses
Par amour, vont au bout du monde
Et suivent des méchants, sans jamais les quitter
Libellés :
chinois (moderne),
Duo Duo 多多 (1951-)
mercredi 12 novembre 2008
Haizi- Sonnet - la couronne
十四行: 王冠
我所热爱的少女
河流的少女
头发变成了树叶
两臂变成了树干
你既然不能做我的妻子
你一定要成为我的王冠
我将和人间的伟大诗人一同戴
用你美丽的叶子缠绕我的竖琴和箭袋
秋天的屋顶、时间的重量
秋天又苦又香
使石头开花 象一顶王冠
秋天的屋顶又苦又香
空中弥漫着一顶王冠
被劈开的月桂和扁桃和苦香
La couronne - sonnet
Demoiselle que j’aime tant
Demoiselle des eaux vives
Tes cheveux sont devenus des feuilles
Tes bras sont devenus des branches
Tu ne peux plus être ma femme
Alors tu seras ma couronne
Je te porterai, comme les grands poètes d’autrefois
Et tes jolies feuilles enlaceront ma lyre et mon carquois
Sommet de l’automne, poids du temps
L’automne amer et parfumé
Fait fleurir les pierres en couronne
Sommet de l’automne, amer et parfumé
Couronne répandue dans l’espace
Tranchée de laurier, d’amandes et de parfums amers
我所热爱的少女
河流的少女
头发变成了树叶
两臂变成了树干
你既然不能做我的妻子
你一定要成为我的王冠
我将和人间的伟大诗人一同戴
用你美丽的叶子缠绕我的竖琴和箭袋
秋天的屋顶、时间的重量
秋天又苦又香
使石头开花 象一顶王冠
秋天的屋顶又苦又香
空中弥漫着一顶王冠
被劈开的月桂和扁桃和苦香
La couronne - sonnet
Demoiselle que j’aime tant
Demoiselle des eaux vives
Tes cheveux sont devenus des feuilles
Tes bras sont devenus des branches
Tu ne peux plus être ma femme
Alors tu seras ma couronne
Je te porterai, comme les grands poètes d’autrefois
Et tes jolies feuilles enlaceront ma lyre et mon carquois
Sommet de l’automne, poids du temps
L’automne amer et parfumé
Fait fleurir les pierres en couronne
Sommet de l’automne, amer et parfumé
Couronne répandue dans l’espace
Tranchée de laurier, d’amandes et de parfums amers
Libellés :
chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
mardi 4 novembre 2008
Tian Xiaoqing - Mort
死亡
他们谈论你
像谈论一个已故的人
你就这样死了
在故事的复述中
在语言的十字架上
你一次又一次地死去
你就这样死了
手中紧攥着伤口
像攥着一个秘密
Mort
Quand ils parlaient de toi
Ils parlaient au passé
C’est ainsi que tu es mort
Dans les redites d’une histoire
Sur la croix des mots
Tu es mort, mort encore
C’est ainsi que tu es mort
Ta main serrant ta plaie
Comme on serre un secret
他们谈论你
像谈论一个已故的人
你就这样死了
在故事的复述中
在语言的十字架上
你一次又一次地死去
你就这样死了
手中紧攥着伤口
像攥着一个秘密
Mort
Quand ils parlaient de toi
Ils parlaient au passé
C’est ainsi que tu es mort
Dans les redites d’une histoire
Sur la croix des mots
Tu es mort, mort encore
C’est ainsi que tu es mort
Ta main serrant ta plaie
Comme on serre un secret
Libellés :
chinois (moderne),
Tian Xiaoqing 田晓青 (1953-)
lundi 27 octobre 2008
Gucheng - le bonhomme de neige
雪人
在你的门前
我堆起一个雪人
代表笨拙的我
把你久等
你拿出一颗棒糖
一颗甜甜的心
埋进雪里
说这样才会高兴
雪人没有笑
默默无声
直到春天的骄阳
把它融化干净
人在哪里
心在哪里呢
小小的泪潭边
只有蜜蜂
Le bonhomme de neige
J'ai fait devant ta porte
Un bonhomme de neige
C'était moi, cet idiot
Qui t'attendais encore
Tu as pris une sucette
Un petit coeur tout sucré
L'as enterrée dans la neige
Tu voulais qu'il soit heureux
Le bonhomme n'a pas souri
Il est resté silencieux
Quand le soleil du printemps
L'a fait fondre tout entier
Où est le bonhomme?
Où est le coeur?
Près d'une mare de larmes
Il ne reste qu'une abeille
在你的门前
我堆起一个雪人
代表笨拙的我
把你久等
你拿出一颗棒糖
一颗甜甜的心
埋进雪里
说这样才会高兴
雪人没有笑
默默无声
直到春天的骄阳
把它融化干净
人在哪里
心在哪里呢
小小的泪潭边
只有蜜蜂
Le bonhomme de neige
J'ai fait devant ta porte
Un bonhomme de neige
C'était moi, cet idiot
Qui t'attendais encore
Tu as pris une sucette
Un petit coeur tout sucré
L'as enterrée dans la neige
Tu voulais qu'il soit heureux
Le bonhomme n'a pas souri
Il est resté silencieux
Quand le soleil du printemps
L'a fait fondre tout entier
Où est le bonhomme?
Où est le coeur?
Près d'une mare de larmes
Il ne reste qu'une abeille
Libellés :
chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
dimanche 26 octobre 2008
Gucheng - je suis une petite ville
我是一座小城
我的心,
是一座城,
一座最小的城。
没有杂乱的市场,
没有众多的居民,
冷冷清清,
冷冷清清。
只有一片落叶,
只有一簇花丛,
还偷偷掩藏着——
儿时的深情……
我的梦,
是一座城,
一座最小的城。
没有森严的殿堂,
没有神圣的坟陵,
安安静静,
安安静静。
只有一团薄雾,
只有一阵微风,
还悄悄依恋着——
童年的纯真……
啊,我是一座小城,
一座最小的城,
只能住一个人,
只能住一个人,
我的梦中人,
我的心上人,
我的爱人啊——
为什么不来临?
为什么不来临?
Je suis une petite ville
Mon cœur
Est une ville
Une toute petite ville
Sans bazars, sans marchés
Sans foules, sans habitants
Toute seule
Toute seule
Juste des feuilles mortes
Juste des buissons de fleurs
Et, très bien cachées
Les passions de l’enfance
Mon rêve
Est une ville
Une tout petite ville
Sans temples austères
Sans sépultures sacrées
Toute calme
Toute calme
Juste un peu de brume
Juste un vent léger
Et, toute tendre
La pureté de la jeunesse
Oh, je suis une petite ville
Une toute petite ville
Juste un habitant
Juste un habitant
Toi dans mon rêve
Toi dans mon cœur
Toi que j’aime !
Pourquoi ne viens tu pas ?
Pourquoi ne viens tu pas ?
我的心,
是一座城,
一座最小的城。
没有杂乱的市场,
没有众多的居民,
冷冷清清,
冷冷清清。
只有一片落叶,
只有一簇花丛,
还偷偷掩藏着——
儿时的深情……
我的梦,
是一座城,
一座最小的城。
没有森严的殿堂,
没有神圣的坟陵,
安安静静,
安安静静。
只有一团薄雾,
只有一阵微风,
还悄悄依恋着——
童年的纯真……
啊,我是一座小城,
一座最小的城,
只能住一个人,
只能住一个人,
我的梦中人,
我的心上人,
我的爱人啊——
为什么不来临?
为什么不来临?
Je suis une petite ville
Mon cœur
Est une ville
Une toute petite ville
Sans bazars, sans marchés
Sans foules, sans habitants
Toute seule
Toute seule
Juste des feuilles mortes
Juste des buissons de fleurs
Et, très bien cachées
Les passions de l’enfance
Mon rêve
Est une ville
Une tout petite ville
Sans temples austères
Sans sépultures sacrées
Toute calme
Toute calme
Juste un peu de brume
Juste un vent léger
Et, toute tendre
La pureté de la jeunesse
Oh, je suis une petite ville
Une toute petite ville
Juste un habitant
Juste un habitant
Toi dans mon rêve
Toi dans mon cœur
Toi que j’aime !
Pourquoi ne viens tu pas ?
Pourquoi ne viens tu pas ?
Libellés :
chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
Gucheng - Impression
感觉
天是灰色的
路是灰色的
楼是灰色的
雨是灰色的
在一片死灰中
走过两个孩子
一个鲜红
一个淡绿
Impression
Le ciel est gris
La rue est grise
La ville est grise
La pluie est grise
Dans tout ce gris
Vont deux enfants
L’un rouge vif
L’autre vert pâle
天是灰色的
路是灰色的
楼是灰色的
雨是灰色的
在一片死灰中
走过两个孩子
一个鲜红
一个淡绿
Impression
Le ciel est gris
La rue est grise
La ville est grise
La pluie est grise
Dans tout ce gris
Vont deux enfants
L’un rouge vif
L’autre vert pâle
Libellés :
chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
Gu Cheng - Génération
一代人
黑夜给了我黑色的眼睛
我却用它寻找光明
Génération
Avec les yeux noirs
Que la nuit m’a donnés
Je cherche la lumière
黑夜给了我黑色的眼睛
我却用它寻找光明
Génération
Avec les yeux noirs
Que la nuit m’a donnés
Je cherche la lumière
Libellés :
chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
Gu Cheng - Loin et près
远和近
你
一会看我
一会看云
我觉得
你看我时很远
你看云时很近
Loin et près
Tu regardes
Parfois moi
Parfois les nuages
Je te sens
Loin quand tu me regardes
Près quand tu regardes les nuages
你
一会看我
一会看云
我觉得
你看我时很远
你看云时很近
Loin et près
Tu regardes
Parfois moi
Parfois les nuages
Je te sens
Loin quand tu me regardes
Près quand tu regardes les nuages
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chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
Xu Zhimo - Vaste mer
阔的海
阔的海空的天我不需要,
我也不想放一只巨大的纸鹞
上天去捉弄四面八方的风;
我只要一分钟
我只要一点光
我只要一条缝,
象一个小孩子爬伏在一间暗屋的窗前
望着西天边不死的一条缝,
一点光,一分钟。
Vaste mer
Je n’ai que faire des vastes mers, des cieux altiers
Je ne rêve pas de ces grands cerfs-volants
Qui voguent dans le ciel, au gré des vents
Je ne veux qu’une minute
Je ne veux qu’une lueur
Je ne veux qu’un fil
Comme un enfant qui rampe sous la fenêtre d’une pièce obscure
Pour apercevoir, à l’ouest, un fil de ciel encore vivant
Une lueur, une minute.
阔的海空的天我不需要,
我也不想放一只巨大的纸鹞
上天去捉弄四面八方的风;
我只要一分钟
我只要一点光
我只要一条缝,
象一个小孩子爬伏在一间暗屋的窗前
望着西天边不死的一条缝,
一点光,一分钟。
Vaste mer
Je n’ai que faire des vastes mers, des cieux altiers
Je ne rêve pas de ces grands cerfs-volants
Qui voguent dans le ciel, au gré des vents
Je ne veux qu’une minute
Je ne veux qu’une lueur
Je ne veux qu’un fil
Comme un enfant qui rampe sous la fenêtre d’une pièce obscure
Pour apercevoir, à l’ouest, un fil de ciel encore vivant
Une lueur, une minute.
Libellés :
Xu Zhimo 徐志摩 (1896-1931)
vendredi 24 octobre 2008
Haizi - Poeme défunt
死亡之诗
我所能看见的少女
水中的少女
请在麦地之中
清理好我的骨头
如一束芦花的骨头
把他装在箱子里带回
我所能看见的
洁净的少女,河流上的少女
请把手伸到麦地之中
当我没有希望坐在一束
麦子上回家
请整理好我那凌乱的骨头
放入一个小木柜。带回它
象带回你们富裕的嫁妆
但是,不要告诉我
扶着木头,正在干草上晾衣的
母亲。
Poème défunt
Demoiselles que j’aperçois
Demoiselles dans l’eau
Dans un champ de blé
Disposez mes os
Comme un bouquet de fleurs
Rangez les dans une boîte
Et ramenez les
Pures demoiselles que j’aperçois
Demoiselles des eaux vives
Etendez vos mains, dans le champ de blé
Et quand je ne pourrai plus rentrer
Assis sur une botte de foin
Rangez mes ossements en désordre
Dans un petit coffre en bois. Et ramenez les
Comme vous ramèneriez votre précieuse dot.
Mais ne dites rien à celle qui
Appuyée sur un bout de bois étend son linge sur l'herbe
Maman
我所能看见的少女
水中的少女
请在麦地之中
清理好我的骨头
如一束芦花的骨头
把他装在箱子里带回
我所能看见的
洁净的少女,河流上的少女
请把手伸到麦地之中
当我没有希望坐在一束
麦子上回家
请整理好我那凌乱的骨头
放入一个小木柜。带回它
象带回你们富裕的嫁妆
但是,不要告诉我
扶着木头,正在干草上晾衣的
母亲。
Poème défunt
Demoiselles que j’aperçois
Demoiselles dans l’eau
Dans un champ de blé
Disposez mes os
Comme un bouquet de fleurs
Rangez les dans une boîte
Et ramenez les
Pures demoiselles que j’aperçois
Demoiselles des eaux vives
Etendez vos mains, dans le champ de blé
Et quand je ne pourrai plus rentrer
Assis sur une botte de foin
Rangez mes ossements en désordre
Dans un petit coffre en bois. Et ramenez les
Comme vous ramèneriez votre précieuse dot.
Mais ne dites rien à celle qui
Appuyée sur un bout de bois étend son linge sur l'herbe
Maman
Libellés :
chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
jeudi 23 octobre 2008
Haizi - Journal intime
日记
姐姐,今夜我在德令哈,夜色笼罩
姐姐,我今夜只有戈壁
草原尽头我两手空空
悲痛时握不住一颗泪滴
姐姐,今夜我在德令哈
这是雨水中一座荒凉的城
除了那些路过的和居住的
德令哈┄┄今夜
这是唯一的,最后的,抒情。
这是唯一的,最后的,草原。
我把石头还给石头
让胜利的胜利
今夜青稞只属于她自己
一切都在生长
今夜我只有美丽的戈壁 空空
姐姐,今夜我不关心人类,我只想你
Journal intime
Grande sœur, ce soir je suis à Delingha, couvert par la nuit
Grande sœur, ce soir je n’ai que le Gobi
Au bout de la plaine, mes mains sont vides
Ne tenant même plus une larme
Grande sœur, ce soir je suis à Delingha
C’est une ville déserte, sous la pluie
Sans voyageurs, sans habitants
Delingha --- ce soir
C’est l’unique, le dernier sentiment
C’est l’unique, la dernière plaine
Je rends la pierre à la pierre
Je lui concède la victoire
Ce soir, toute l’orge est pour elle
Tout est plus grand
Ce soir je n’ai que ce beau vide du Gobi
Grande sœur, ce soir je me moque des gens, je ne pense qu’à toi
姐姐,今夜我在德令哈,夜色笼罩
姐姐,我今夜只有戈壁
草原尽头我两手空空
悲痛时握不住一颗泪滴
姐姐,今夜我在德令哈
这是雨水中一座荒凉的城
除了那些路过的和居住的
德令哈┄┄今夜
这是唯一的,最后的,抒情。
这是唯一的,最后的,草原。
我把石头还给石头
让胜利的胜利
今夜青稞只属于她自己
一切都在生长
今夜我只有美丽的戈壁 空空
姐姐,今夜我不关心人类,我只想你
Journal intime
Grande sœur, ce soir je suis à Delingha, couvert par la nuit
Grande sœur, ce soir je n’ai que le Gobi
Au bout de la plaine, mes mains sont vides
Ne tenant même plus une larme
Grande sœur, ce soir je suis à Delingha
C’est une ville déserte, sous la pluie
Sans voyageurs, sans habitants
Delingha --- ce soir
C’est l’unique, le dernier sentiment
C’est l’unique, la dernière plaine
Je rends la pierre à la pierre
Je lui concède la victoire
Ce soir, toute l’orge est pour elle
Tout est plus grand
Ce soir je n’ai que ce beau vide du Gobi
Grande sœur, ce soir je me moque des gens, je ne pense qu’à toi
Libellés :
chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
mardi 21 octobre 2008
Xu Zhimo - Je ne sais pas où va le vent
我不知道风
是在哪一个方向吹——
我是在梦中,
在梦的轻波里依回。
我不知道风
是在哪一个方向吹——
我是在梦中,
她的温存,我的迷醉。
我不知道风
是在哪一个方向吹——
我是在梦中,
甜美是梦里的光辉。
我不知道风
是在哪一个方向吹——
我是在梦中,
她的负心,我的伤悲。
我不知道风
是在哪一个方向吹——
我是在梦中,
在梦的悲哀里心碎!
我不知道风
是在哪一个方向吹——
我是在梦中,
黯淡是梦里的光辉。
Je ne sais pas
Où va le vent
Dans un songe
Sur sa vague
Je ne sais pas
Où va le vent
Dans un songe
Sa tendresse
Mon ivresse
Je ne sais pas
Où va le vent
Dans un songe
Douce clarté
Je ne sais pas
Où va le vent
Dans un songe
Indifférence
Ma souffrance
Je ne sais pas
Où va le vent
Dans un songe
Cœur en pièces
Je ne sais pas
Où va le vent
Dans un songe
Triste clarté
(1928)
是在哪一个方向吹——
我是在梦中,
在梦的轻波里依回。
我不知道风
是在哪一个方向吹——
我是在梦中,
她的温存,我的迷醉。
我不知道风
是在哪一个方向吹——
我是在梦中,
甜美是梦里的光辉。
我不知道风
是在哪一个方向吹——
我是在梦中,
她的负心,我的伤悲。
我不知道风
是在哪一个方向吹——
我是在梦中,
在梦的悲哀里心碎!
我不知道风
是在哪一个方向吹——
我是在梦中,
黯淡是梦里的光辉。
Je ne sais pas
Où va le vent
Dans un songe
Sur sa vague
Je ne sais pas
Où va le vent
Dans un songe
Sa tendresse
Mon ivresse
Je ne sais pas
Où va le vent
Dans un songe
Douce clarté
Je ne sais pas
Où va le vent
Dans un songe
Indifférence
Ma souffrance
Je ne sais pas
Où va le vent
Dans un songe
Cœur en pièces
Je ne sais pas
Où va le vent
Dans un songe
Triste clarté
(1928)
Libellés :
Xu Zhimo 徐志摩 (1896-1931)
jeudi 16 octobre 2008
Haizi - Verre d'Août
八月之杯
八月逝去 山峦清晰
河水平滑起伏
此刻才见天空
天空高过往日
有时我想过
八月之杯中安坐真正的诗人
仰视来去不定的云朵
也许我一辈子也不会将你看清
一只空杯子 装满了我斯碎的诗行
一只空杯子——可曾听见我的叫喊!
一只空杯子内的父亲啊
内心的鞭子将我们绑在一起抽打
Le verre d’Août
Août s’en est allé, les collines sont claires
L’eau du fleuve ondule, toute lisse
En ce temps là, on voit enfin le ciel
Plus vaste que les jours d’avant
Alors, je me suis dit
Que dans ce verre d’Août, sagement assis, était un vrai poète
Qui contemplait les nuages errants
Que, peut être, jamais plus je ne verrai clairement
Un verre vide, plein de mes vers en miettes
Un verre vide – mais qui toujours entend mes cris !
Un verre vide, et dedans, mon père
Et ce fouet de nos cœurs, qui nous bat, attachés l’un à l’autre
八月逝去 山峦清晰
河水平滑起伏
此刻才见天空
天空高过往日
有时我想过
八月之杯中安坐真正的诗人
仰视来去不定的云朵
也许我一辈子也不会将你看清
一只空杯子 装满了我斯碎的诗行
一只空杯子——可曾听见我的叫喊!
一只空杯子内的父亲啊
内心的鞭子将我们绑在一起抽打
Le verre d’Août
Août s’en est allé, les collines sont claires
L’eau du fleuve ondule, toute lisse
En ce temps là, on voit enfin le ciel
Plus vaste que les jours d’avant
Alors, je me suis dit
Que dans ce verre d’Août, sagement assis, était un vrai poète
Qui contemplait les nuages errants
Que, peut être, jamais plus je ne verrai clairement
Un verre vide, plein de mes vers en miettes
Un verre vide – mais qui toujours entend mes cris !
Un verre vide, et dedans, mon père
Et ce fouet de nos cœurs, qui nous bat, attachés l’un à l’autre
Libellés :
chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
mardi 14 octobre 2008
Hai Zi - Face à la mer, et des fleurs au printemps
面朝大海,春暖花开
从明天起,做一个幸福的人
喂马,劈柴,周游世界
从明天起,关心粮食和蔬菜
我有一所房子,面朝大海,春暖花开
从明天起,和每一个亲人通信
告诉他们我的幸福
那幸福的闪电告诉我的
我将告诉每一个人
给每一条河每一座山取一个温暖的名字
陌生人,我也为你祝福
愿你有一个灿烂的前程
愿你有情人终成眷属
愿你在尘世获的幸福
我只愿面朝大海,春暖花开
Face à la mer, et des fleurs au printemps
A partir de demain, être un homme heureux
Elever des chevaux, fendre du bois, voir le monde
A partir de demain, mieux manger, des légumes
Une maison face à la mer, et des fleurs au printemps
A partir de demain, écrire à tous mes proches
Leur dire mon bonheur
Ce que m'a appris cet éclair de joie
Le raconter à tous
Donner à chaque rivière, à chaque montagne, un nom chaleureux
Pour toi aussi, inconnu, je fais un vœu
Je te souhaite un avenir radieux
Je te souhaite un mariage heureux
Je te souhaite le bonheur en ce monde
Moi, je veux seulement
être face à la mer, et des fleurs au printemps.
从明天起,做一个幸福的人
喂马,劈柴,周游世界
从明天起,关心粮食和蔬菜
我有一所房子,面朝大海,春暖花开
从明天起,和每一个亲人通信
告诉他们我的幸福
那幸福的闪电告诉我的
我将告诉每一个人
给每一条河每一座山取一个温暖的名字
陌生人,我也为你祝福
愿你有一个灿烂的前程
愿你有情人终成眷属
愿你在尘世获的幸福
我只愿面朝大海,春暖花开
Face à la mer, et des fleurs au printemps
A partir de demain, être un homme heureux
Elever des chevaux, fendre du bois, voir le monde
A partir de demain, mieux manger, des légumes
Une maison face à la mer, et des fleurs au printemps
A partir de demain, écrire à tous mes proches
Leur dire mon bonheur
Ce que m'a appris cet éclair de joie
Le raconter à tous
Donner à chaque rivière, à chaque montagne, un nom chaleureux
Pour toi aussi, inconnu, je fais un vœu
Je te souhaite un avenir radieux
Je te souhaite un mariage heureux
Je te souhaite le bonheur en ce monde
Moi, je veux seulement
être face à la mer, et des fleurs au printemps.
Libellés :
chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
Hai Zi (1964-1989) - Regrets de vies antérieures
思念前生
庄子在水中洗手
洗完了手手掌上一片寂静
庄子在水中洗身
身子是一匹布
那布上粘满了
水面上漂来漂去的声音
庄子想混入
凝望月亮的野兽骨
头一寸一寸
在肚脐上下
象树枝一样长着
也许庄子就是我
摸一摸树皮
开始对自己的身子
亲切
亲切又苦恼
月亮触到我
仿佛我是光着身子
进出
母亲如门 对我轻轻开着
Regrets de vies antérieures
Quand Tchouang-tseu se lavait les mains
Il lui restait dans la paume
Un morceau de silence
Quand Tchouang-tseu se lavait le corps
Il était comme un chiffon
Auquel restait accroché
Le clapotis de l'eau
Quand Tchouang-tseu voulait se dissoudre
Dans une bête qui fixait la lune
Un os, petit à petit
Poussait dans son ventre
Comme la branche d'un arbre
Peut être que Tchouang-tseu c'est moi
Qui caresse l'écorce d'un arbre
Au début comme mon propre corps
Intime
Intime puis tendu
La lune m'effleure
Je suis comme nu
Dehors et dedans
Maman est comme une porte, doucement ouverte pour moi
庄子在水中洗手
洗完了手手掌上一片寂静
庄子在水中洗身
身子是一匹布
那布上粘满了
水面上漂来漂去的声音
庄子想混入
凝望月亮的野兽骨
头一寸一寸
在肚脐上下
象树枝一样长着
也许庄子就是我
摸一摸树皮
开始对自己的身子
亲切
亲切又苦恼
月亮触到我
仿佛我是光着身子
进出
母亲如门 对我轻轻开着
Regrets de vies antérieures
Quand Tchouang-tseu se lavait les mains
Il lui restait dans la paume
Un morceau de silence
Quand Tchouang-tseu se lavait le corps
Il était comme un chiffon
Auquel restait accroché
Le clapotis de l'eau
Quand Tchouang-tseu voulait se dissoudre
Dans une bête qui fixait la lune
Un os, petit à petit
Poussait dans son ventre
Comme la branche d'un arbre
Peut être que Tchouang-tseu c'est moi
Qui caresse l'écorce d'un arbre
Au début comme mon propre corps
Intime
Intime puis tendu
La lune m'effleure
Je suis comme nu
Dehors et dedans
Maman est comme une porte, doucement ouverte pour moi
Libellés :
chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
dimanche 28 septembre 2008
Nuages bleus dans le ciel - Fan Zhongyan
碧云天,黄叶地,
秋色连波,波上寒烟翠。
山映斜阳天接水,
芳草无情,更在斜阳外。
黯乡魂,追旅思,
夜夜除非,好梦留人睡。
明月楼高休独倚,
酒入愁肠,化作相思泪。
Nuages bleus dans le ciel,
Feuilles jaunes sur la terre.
Couleurs d’automne dans les vagues,
Sur l’onde, le vert d’une brume froide.
Montagnes qui embrasent le soleil couchant,
Ciel qui s’unit à l’eau
L’herbe, folle, ne ressent rien,
Elle pousse loin du soleil couchant
Le mal du pays
Poursuit le voyageur
Nuits sans répit,
Doux rêves apaisants
Au clair de lune, à la pagode,
Je n’irai plus seul
Et le vin, dans mon ventre triste
Se change en larmes nostalgiques
秋色连波,波上寒烟翠。
山映斜阳天接水,
芳草无情,更在斜阳外。
黯乡魂,追旅思,
夜夜除非,好梦留人睡。
明月楼高休独倚,
酒入愁肠,化作相思泪。
Nuages bleus dans le ciel,
Feuilles jaunes sur la terre.
Couleurs d’automne dans les vagues,
Sur l’onde, le vert d’une brume froide.
Montagnes qui embrasent le soleil couchant,
Ciel qui s’unit à l’eau
L’herbe, folle, ne ressent rien,
Elle pousse loin du soleil couchant
Le mal du pays
Poursuit le voyageur
Nuits sans répit,
Doux rêves apaisants
Au clair de lune, à la pagode,
Je n’irai plus seul
Et le vin, dans mon ventre triste
Se change en larmes nostalgiques
Libellés :
Fan Zhongyan 范仲淹 (989–1052)
samedi 20 septembre 2008
Une strophe de Li Qingzhao
花自飘零水自流。
一种相思,两处闲愁。
此情无计可消除,
才下眉头,却上心头。
Les pétales s’envolent, les eaux froides s’écoulent
Unis par la pensée, en deux lieux séparés
Ce sentiment jamais ne pourra s’effacer
Tombant de mes sourcils, il pèse sur mon coeur
一种相思,两处闲愁。
此情无计可消除,
才下眉头,却上心头。
Les pétales s’envolent, les eaux froides s’écoulent
Unis par la pensée, en deux lieux séparés
Ce sentiment jamais ne pourra s’effacer
Tombant de mes sourcils, il pèse sur mon coeur
Libellés :
Li Qingzhao 李清照 (1083-1151)
lundi 1 septembre 2008
Herbes - Bai Juyi
離離原上草, Brillante, l'herbe dans la plaine
一歲一枯榮, Chaque année jaunit puis verdoie
野火燒不盡, L'incendie souvent la rudoie
春風吹又生。 Au printemps le vent la ramène
遠芳侵古道, Son parfum envahit les rues
晴翠接荒城, Son azur unit les cités
又送王孫去, Et quand, Monsieur, vous nous quittez
萋萋滿別情。 Ma peine est comme l'herbe drue
一歲一枯榮, Chaque année jaunit puis verdoie
野火燒不盡, L'incendie souvent la rudoie
春風吹又生。 Au printemps le vent la ramène
遠芳侵古道, Son parfum envahit les rues
晴翠接荒城, Son azur unit les cités
又送王孫去, Et quand, Monsieur, vous nous quittez
萋萋滿別情。 Ma peine est comme l'herbe drue
Libellés :
Bai Juyi 白居易 (772 - 846)
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