雪人
在你的门前
我堆起一个雪人
代表笨拙的我
把你久等
你拿出一颗棒糖
一颗甜甜的心
埋进雪里
说这样才会高兴
雪人没有笑
默默无声
直到春天的骄阳
把它融化干净
人在哪里
心在哪里呢
小小的泪潭边
只有蜜蜂
Le bonhomme de neige
J'ai fait devant ta porte
Un bonhomme de neige
C'était moi, cet idiot
Qui t'attendais encore
Tu as pris une sucette
Un petit coeur tout sucré
L'as enterrée dans la neige
Tu voulais qu'il soit heureux
Le bonhomme n'a pas souri
Il est resté silencieux
Quand le soleil du printemps
L'a fait fondre tout entier
Où est le bonhomme?
Où est le coeur?
Près d'une mare de larmes
Il ne reste qu'une abeille
lundi 27 octobre 2008
dimanche 26 octobre 2008
Gucheng - je suis une petite ville
我是一座小城
我的心,
是一座城,
一座最小的城。
没有杂乱的市场,
没有众多的居民,
冷冷清清,
冷冷清清。
只有一片落叶,
只有一簇花丛,
还偷偷掩藏着——
儿时的深情……
我的梦,
是一座城,
一座最小的城。
没有森严的殿堂,
没有神圣的坟陵,
安安静静,
安安静静。
只有一团薄雾,
只有一阵微风,
还悄悄依恋着——
童年的纯真……
啊,我是一座小城,
一座最小的城,
只能住一个人,
只能住一个人,
我的梦中人,
我的心上人,
我的爱人啊——
为什么不来临?
为什么不来临?
Je suis une petite ville
Mon cœur
Est une ville
Une toute petite ville
Sans bazars, sans marchés
Sans foules, sans habitants
Toute seule
Toute seule
Juste des feuilles mortes
Juste des buissons de fleurs
Et, très bien cachées
Les passions de l’enfance
Mon rêve
Est une ville
Une tout petite ville
Sans temples austères
Sans sépultures sacrées
Toute calme
Toute calme
Juste un peu de brume
Juste un vent léger
Et, toute tendre
La pureté de la jeunesse
Oh, je suis une petite ville
Une toute petite ville
Juste un habitant
Juste un habitant
Toi dans mon rêve
Toi dans mon cœur
Toi que j’aime !
Pourquoi ne viens tu pas ?
Pourquoi ne viens tu pas ?
我的心,
是一座城,
一座最小的城。
没有杂乱的市场,
没有众多的居民,
冷冷清清,
冷冷清清。
只有一片落叶,
只有一簇花丛,
还偷偷掩藏着——
儿时的深情……
我的梦,
是一座城,
一座最小的城。
没有森严的殿堂,
没有神圣的坟陵,
安安静静,
安安静静。
只有一团薄雾,
只有一阵微风,
还悄悄依恋着——
童年的纯真……
啊,我是一座小城,
一座最小的城,
只能住一个人,
只能住一个人,
我的梦中人,
我的心上人,
我的爱人啊——
为什么不来临?
为什么不来临?
Je suis une petite ville
Mon cœur
Est une ville
Une toute petite ville
Sans bazars, sans marchés
Sans foules, sans habitants
Toute seule
Toute seule
Juste des feuilles mortes
Juste des buissons de fleurs
Et, très bien cachées
Les passions de l’enfance
Mon rêve
Est une ville
Une tout petite ville
Sans temples austères
Sans sépultures sacrées
Toute calme
Toute calme
Juste un peu de brume
Juste un vent léger
Et, toute tendre
La pureté de la jeunesse
Oh, je suis une petite ville
Une toute petite ville
Juste un habitant
Juste un habitant
Toi dans mon rêve
Toi dans mon cœur
Toi que j’aime !
Pourquoi ne viens tu pas ?
Pourquoi ne viens tu pas ?
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chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
Gucheng - Impression
感觉
天是灰色的
路是灰色的
楼是灰色的
雨是灰色的
在一片死灰中
走过两个孩子
一个鲜红
一个淡绿
Impression
Le ciel est gris
La rue est grise
La ville est grise
La pluie est grise
Dans tout ce gris
Vont deux enfants
L’un rouge vif
L’autre vert pâle
天是灰色的
路是灰色的
楼是灰色的
雨是灰色的
在一片死灰中
走过两个孩子
一个鲜红
一个淡绿
Impression
Le ciel est gris
La rue est grise
La ville est grise
La pluie est grise
Dans tout ce gris
Vont deux enfants
L’un rouge vif
L’autre vert pâle
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chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
Gu Cheng - Génération
一代人
黑夜给了我黑色的眼睛
我却用它寻找光明
Génération
Avec les yeux noirs
Que la nuit m’a donnés
Je cherche la lumière
黑夜给了我黑色的眼睛
我却用它寻找光明
Génération
Avec les yeux noirs
Que la nuit m’a donnés
Je cherche la lumière
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chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
Gu Cheng - Loin et près
远和近
你
一会看我
一会看云
我觉得
你看我时很远
你看云时很近
Loin et près
Tu regardes
Parfois moi
Parfois les nuages
Je te sens
Loin quand tu me regardes
Près quand tu regardes les nuages
你
一会看我
一会看云
我觉得
你看我时很远
你看云时很近
Loin et près
Tu regardes
Parfois moi
Parfois les nuages
Je te sens
Loin quand tu me regardes
Près quand tu regardes les nuages
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chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
Xu Zhimo - Vaste mer
阔的海
阔的海空的天我不需要,
我也不想放一只巨大的纸鹞
上天去捉弄四面八方的风;
我只要一分钟
我只要一点光
我只要一条缝,
象一个小孩子爬伏在一间暗屋的窗前
望着西天边不死的一条缝,
一点光,一分钟。
Vaste mer
Je n’ai que faire des vastes mers, des cieux altiers
Je ne rêve pas de ces grands cerfs-volants
Qui voguent dans le ciel, au gré des vents
Je ne veux qu’une minute
Je ne veux qu’une lueur
Je ne veux qu’un fil
Comme un enfant qui rampe sous la fenêtre d’une pièce obscure
Pour apercevoir, à l’ouest, un fil de ciel encore vivant
Une lueur, une minute.
阔的海空的天我不需要,
我也不想放一只巨大的纸鹞
上天去捉弄四面八方的风;
我只要一分钟
我只要一点光
我只要一条缝,
象一个小孩子爬伏在一间暗屋的窗前
望着西天边不死的一条缝,
一点光,一分钟。
Vaste mer
Je n’ai que faire des vastes mers, des cieux altiers
Je ne rêve pas de ces grands cerfs-volants
Qui voguent dans le ciel, au gré des vents
Je ne veux qu’une minute
Je ne veux qu’une lueur
Je ne veux qu’un fil
Comme un enfant qui rampe sous la fenêtre d’une pièce obscure
Pour apercevoir, à l’ouest, un fil de ciel encore vivant
Une lueur, une minute.
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Xu Zhimo 徐志摩 (1896-1931)
vendredi 24 octobre 2008
Haizi - Poeme défunt
死亡之诗
我所能看见的少女
水中的少女
请在麦地之中
清理好我的骨头
如一束芦花的骨头
把他装在箱子里带回
我所能看见的
洁净的少女,河流上的少女
请把手伸到麦地之中
当我没有希望坐在一束
麦子上回家
请整理好我那凌乱的骨头
放入一个小木柜。带回它
象带回你们富裕的嫁妆
但是,不要告诉我
扶着木头,正在干草上晾衣的
母亲。
Poème défunt
Demoiselles que j’aperçois
Demoiselles dans l’eau
Dans un champ de blé
Disposez mes os
Comme un bouquet de fleurs
Rangez les dans une boîte
Et ramenez les
Pures demoiselles que j’aperçois
Demoiselles des eaux vives
Etendez vos mains, dans le champ de blé
Et quand je ne pourrai plus rentrer
Assis sur une botte de foin
Rangez mes ossements en désordre
Dans un petit coffre en bois. Et ramenez les
Comme vous ramèneriez votre précieuse dot.
Mais ne dites rien à celle qui
Appuyée sur un bout de bois étend son linge sur l'herbe
Maman
我所能看见的少女
水中的少女
请在麦地之中
清理好我的骨头
如一束芦花的骨头
把他装在箱子里带回
我所能看见的
洁净的少女,河流上的少女
请把手伸到麦地之中
当我没有希望坐在一束
麦子上回家
请整理好我那凌乱的骨头
放入一个小木柜。带回它
象带回你们富裕的嫁妆
但是,不要告诉我
扶着木头,正在干草上晾衣的
母亲。
Poème défunt
Demoiselles que j’aperçois
Demoiselles dans l’eau
Dans un champ de blé
Disposez mes os
Comme un bouquet de fleurs
Rangez les dans une boîte
Et ramenez les
Pures demoiselles que j’aperçois
Demoiselles des eaux vives
Etendez vos mains, dans le champ de blé
Et quand je ne pourrai plus rentrer
Assis sur une botte de foin
Rangez mes ossements en désordre
Dans un petit coffre en bois. Et ramenez les
Comme vous ramèneriez votre précieuse dot.
Mais ne dites rien à celle qui
Appuyée sur un bout de bois étend son linge sur l'herbe
Maman
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chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
jeudi 23 octobre 2008
Haizi - Journal intime
日记
姐姐,今夜我在德令哈,夜色笼罩
姐姐,我今夜只有戈壁
草原尽头我两手空空
悲痛时握不住一颗泪滴
姐姐,今夜我在德令哈
这是雨水中一座荒凉的城
除了那些路过的和居住的
德令哈┄┄今夜
这是唯一的,最后的,抒情。
这是唯一的,最后的,草原。
我把石头还给石头
让胜利的胜利
今夜青稞只属于她自己
一切都在生长
今夜我只有美丽的戈壁 空空
姐姐,今夜我不关心人类,我只想你
Journal intime
Grande sœur, ce soir je suis à Delingha, couvert par la nuit
Grande sœur, ce soir je n’ai que le Gobi
Au bout de la plaine, mes mains sont vides
Ne tenant même plus une larme
Grande sœur, ce soir je suis à Delingha
C’est une ville déserte, sous la pluie
Sans voyageurs, sans habitants
Delingha --- ce soir
C’est l’unique, le dernier sentiment
C’est l’unique, la dernière plaine
Je rends la pierre à la pierre
Je lui concède la victoire
Ce soir, toute l’orge est pour elle
Tout est plus grand
Ce soir je n’ai que ce beau vide du Gobi
Grande sœur, ce soir je me moque des gens, je ne pense qu’à toi
姐姐,今夜我在德令哈,夜色笼罩
姐姐,我今夜只有戈壁
草原尽头我两手空空
悲痛时握不住一颗泪滴
姐姐,今夜我在德令哈
这是雨水中一座荒凉的城
除了那些路过的和居住的
德令哈┄┄今夜
这是唯一的,最后的,抒情。
这是唯一的,最后的,草原。
我把石头还给石头
让胜利的胜利
今夜青稞只属于她自己
一切都在生长
今夜我只有美丽的戈壁 空空
姐姐,今夜我不关心人类,我只想你
Journal intime
Grande sœur, ce soir je suis à Delingha, couvert par la nuit
Grande sœur, ce soir je n’ai que le Gobi
Au bout de la plaine, mes mains sont vides
Ne tenant même plus une larme
Grande sœur, ce soir je suis à Delingha
C’est une ville déserte, sous la pluie
Sans voyageurs, sans habitants
Delingha --- ce soir
C’est l’unique, le dernier sentiment
C’est l’unique, la dernière plaine
Je rends la pierre à la pierre
Je lui concède la victoire
Ce soir, toute l’orge est pour elle
Tout est plus grand
Ce soir je n’ai que ce beau vide du Gobi
Grande sœur, ce soir je me moque des gens, je ne pense qu’à toi
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chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
mardi 21 octobre 2008
Xu Zhimo - Je ne sais pas où va le vent
我不知道风
是在哪一个方向吹——
我是在梦中,
在梦的轻波里依回。
我不知道风
是在哪一个方向吹——
我是在梦中,
她的温存,我的迷醉。
我不知道风
是在哪一个方向吹——
我是在梦中,
甜美是梦里的光辉。
我不知道风
是在哪一个方向吹——
我是在梦中,
她的负心,我的伤悲。
我不知道风
是在哪一个方向吹——
我是在梦中,
在梦的悲哀里心碎!
我不知道风
是在哪一个方向吹——
我是在梦中,
黯淡是梦里的光辉。
Je ne sais pas
Où va le vent
Dans un songe
Sur sa vague
Je ne sais pas
Où va le vent
Dans un songe
Sa tendresse
Mon ivresse
Je ne sais pas
Où va le vent
Dans un songe
Douce clarté
Je ne sais pas
Où va le vent
Dans un songe
Indifférence
Ma souffrance
Je ne sais pas
Où va le vent
Dans un songe
Cœur en pièces
Je ne sais pas
Où va le vent
Dans un songe
Triste clarté
(1928)
是在哪一个方向吹——
我是在梦中,
在梦的轻波里依回。
我不知道风
是在哪一个方向吹——
我是在梦中,
她的温存,我的迷醉。
我不知道风
是在哪一个方向吹——
我是在梦中,
甜美是梦里的光辉。
我不知道风
是在哪一个方向吹——
我是在梦中,
她的负心,我的伤悲。
我不知道风
是在哪一个方向吹——
我是在梦中,
在梦的悲哀里心碎!
我不知道风
是在哪一个方向吹——
我是在梦中,
黯淡是梦里的光辉。
Je ne sais pas
Où va le vent
Dans un songe
Sur sa vague
Je ne sais pas
Où va le vent
Dans un songe
Sa tendresse
Mon ivresse
Je ne sais pas
Où va le vent
Dans un songe
Douce clarté
Je ne sais pas
Où va le vent
Dans un songe
Indifférence
Ma souffrance
Je ne sais pas
Où va le vent
Dans un songe
Cœur en pièces
Je ne sais pas
Où va le vent
Dans un songe
Triste clarté
(1928)
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Xu Zhimo 徐志摩 (1896-1931)
jeudi 16 octobre 2008
Haizi - Verre d'Août
八月之杯
八月逝去 山峦清晰
河水平滑起伏
此刻才见天空
天空高过往日
有时我想过
八月之杯中安坐真正的诗人
仰视来去不定的云朵
也许我一辈子也不会将你看清
一只空杯子 装满了我斯碎的诗行
一只空杯子——可曾听见我的叫喊!
一只空杯子内的父亲啊
内心的鞭子将我们绑在一起抽打
Le verre d’Août
Août s’en est allé, les collines sont claires
L’eau du fleuve ondule, toute lisse
En ce temps là, on voit enfin le ciel
Plus vaste que les jours d’avant
Alors, je me suis dit
Que dans ce verre d’Août, sagement assis, était un vrai poète
Qui contemplait les nuages errants
Que, peut être, jamais plus je ne verrai clairement
Un verre vide, plein de mes vers en miettes
Un verre vide – mais qui toujours entend mes cris !
Un verre vide, et dedans, mon père
Et ce fouet de nos cœurs, qui nous bat, attachés l’un à l’autre
八月逝去 山峦清晰
河水平滑起伏
此刻才见天空
天空高过往日
有时我想过
八月之杯中安坐真正的诗人
仰视来去不定的云朵
也许我一辈子也不会将你看清
一只空杯子 装满了我斯碎的诗行
一只空杯子——可曾听见我的叫喊!
一只空杯子内的父亲啊
内心的鞭子将我们绑在一起抽打
Le verre d’Août
Août s’en est allé, les collines sont claires
L’eau du fleuve ondule, toute lisse
En ce temps là, on voit enfin le ciel
Plus vaste que les jours d’avant
Alors, je me suis dit
Que dans ce verre d’Août, sagement assis, était un vrai poète
Qui contemplait les nuages errants
Que, peut être, jamais plus je ne verrai clairement
Un verre vide, plein de mes vers en miettes
Un verre vide – mais qui toujours entend mes cris !
Un verre vide, et dedans, mon père
Et ce fouet de nos cœurs, qui nous bat, attachés l’un à l’autre
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chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
mardi 14 octobre 2008
Hai Zi - Face à la mer, et des fleurs au printemps
面朝大海,春暖花开
从明天起,做一个幸福的人
喂马,劈柴,周游世界
从明天起,关心粮食和蔬菜
我有一所房子,面朝大海,春暖花开
从明天起,和每一个亲人通信
告诉他们我的幸福
那幸福的闪电告诉我的
我将告诉每一个人
给每一条河每一座山取一个温暖的名字
陌生人,我也为你祝福
愿你有一个灿烂的前程
愿你有情人终成眷属
愿你在尘世获的幸福
我只愿面朝大海,春暖花开
Face à la mer, et des fleurs au printemps
A partir de demain, être un homme heureux
Elever des chevaux, fendre du bois, voir le monde
A partir de demain, mieux manger, des légumes
Une maison face à la mer, et des fleurs au printemps
A partir de demain, écrire à tous mes proches
Leur dire mon bonheur
Ce que m'a appris cet éclair de joie
Le raconter à tous
Donner à chaque rivière, à chaque montagne, un nom chaleureux
Pour toi aussi, inconnu, je fais un vœu
Je te souhaite un avenir radieux
Je te souhaite un mariage heureux
Je te souhaite le bonheur en ce monde
Moi, je veux seulement
être face à la mer, et des fleurs au printemps.
从明天起,做一个幸福的人
喂马,劈柴,周游世界
从明天起,关心粮食和蔬菜
我有一所房子,面朝大海,春暖花开
从明天起,和每一个亲人通信
告诉他们我的幸福
那幸福的闪电告诉我的
我将告诉每一个人
给每一条河每一座山取一个温暖的名字
陌生人,我也为你祝福
愿你有一个灿烂的前程
愿你有情人终成眷属
愿你在尘世获的幸福
我只愿面朝大海,春暖花开
Face à la mer, et des fleurs au printemps
A partir de demain, être un homme heureux
Elever des chevaux, fendre du bois, voir le monde
A partir de demain, mieux manger, des légumes
Une maison face à la mer, et des fleurs au printemps
A partir de demain, écrire à tous mes proches
Leur dire mon bonheur
Ce que m'a appris cet éclair de joie
Le raconter à tous
Donner à chaque rivière, à chaque montagne, un nom chaleureux
Pour toi aussi, inconnu, je fais un vœu
Je te souhaite un avenir radieux
Je te souhaite un mariage heureux
Je te souhaite le bonheur en ce monde
Moi, je veux seulement
être face à la mer, et des fleurs au printemps.
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chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
Hai Zi (1964-1989) - Regrets de vies antérieures
思念前生
庄子在水中洗手
洗完了手手掌上一片寂静
庄子在水中洗身
身子是一匹布
那布上粘满了
水面上漂来漂去的声音
庄子想混入
凝望月亮的野兽骨
头一寸一寸
在肚脐上下
象树枝一样长着
也许庄子就是我
摸一摸树皮
开始对自己的身子
亲切
亲切又苦恼
月亮触到我
仿佛我是光着身子
进出
母亲如门 对我轻轻开着
Regrets de vies antérieures
Quand Tchouang-tseu se lavait les mains
Il lui restait dans la paume
Un morceau de silence
Quand Tchouang-tseu se lavait le corps
Il était comme un chiffon
Auquel restait accroché
Le clapotis de l'eau
Quand Tchouang-tseu voulait se dissoudre
Dans une bête qui fixait la lune
Un os, petit à petit
Poussait dans son ventre
Comme la branche d'un arbre
Peut être que Tchouang-tseu c'est moi
Qui caresse l'écorce d'un arbre
Au début comme mon propre corps
Intime
Intime puis tendu
La lune m'effleure
Je suis comme nu
Dehors et dedans
Maman est comme une porte, doucement ouverte pour moi
庄子在水中洗手
洗完了手手掌上一片寂静
庄子在水中洗身
身子是一匹布
那布上粘满了
水面上漂来漂去的声音
庄子想混入
凝望月亮的野兽骨
头一寸一寸
在肚脐上下
象树枝一样长着
也许庄子就是我
摸一摸树皮
开始对自己的身子
亲切
亲切又苦恼
月亮触到我
仿佛我是光着身子
进出
母亲如门 对我轻轻开着
Regrets de vies antérieures
Quand Tchouang-tseu se lavait les mains
Il lui restait dans la paume
Un morceau de silence
Quand Tchouang-tseu se lavait le corps
Il était comme un chiffon
Auquel restait accroché
Le clapotis de l'eau
Quand Tchouang-tseu voulait se dissoudre
Dans une bête qui fixait la lune
Un os, petit à petit
Poussait dans son ventre
Comme la branche d'un arbre
Peut être que Tchouang-tseu c'est moi
Qui caresse l'écorce d'un arbre
Au début comme mon propre corps
Intime
Intime puis tendu
La lune m'effleure
Je suis comme nu
Dehors et dedans
Maman est comme une porte, doucement ouverte pour moi
Libellés :
chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
dimanche 28 septembre 2008
Nuages bleus dans le ciel - Fan Zhongyan
碧云天,黄叶地,
秋色连波,波上寒烟翠。
山映斜阳天接水,
芳草无情,更在斜阳外。
黯乡魂,追旅思,
夜夜除非,好梦留人睡。
明月楼高休独倚,
酒入愁肠,化作相思泪。
Nuages bleus dans le ciel,
Feuilles jaunes sur la terre.
Couleurs d’automne dans les vagues,
Sur l’onde, le vert d’une brume froide.
Montagnes qui embrasent le soleil couchant,
Ciel qui s’unit à l’eau
L’herbe, folle, ne ressent rien,
Elle pousse loin du soleil couchant
Le mal du pays
Poursuit le voyageur
Nuits sans répit,
Doux rêves apaisants
Au clair de lune, à la pagode,
Je n’irai plus seul
Et le vin, dans mon ventre triste
Se change en larmes nostalgiques
秋色连波,波上寒烟翠。
山映斜阳天接水,
芳草无情,更在斜阳外。
黯乡魂,追旅思,
夜夜除非,好梦留人睡。
明月楼高休独倚,
酒入愁肠,化作相思泪。
Nuages bleus dans le ciel,
Feuilles jaunes sur la terre.
Couleurs d’automne dans les vagues,
Sur l’onde, le vert d’une brume froide.
Montagnes qui embrasent le soleil couchant,
Ciel qui s’unit à l’eau
L’herbe, folle, ne ressent rien,
Elle pousse loin du soleil couchant
Le mal du pays
Poursuit le voyageur
Nuits sans répit,
Doux rêves apaisants
Au clair de lune, à la pagode,
Je n’irai plus seul
Et le vin, dans mon ventre triste
Se change en larmes nostalgiques
Libellés :
Fan Zhongyan 范仲淹 (989–1052)
samedi 20 septembre 2008
Une strophe de Li Qingzhao
花自飘零水自流。
一种相思,两处闲愁。
此情无计可消除,
才下眉头,却上心头。
Les pétales s’envolent, les eaux froides s’écoulent
Unis par la pensée, en deux lieux séparés
Ce sentiment jamais ne pourra s’effacer
Tombant de mes sourcils, il pèse sur mon coeur
一种相思,两处闲愁。
此情无计可消除,
才下眉头,却上心头。
Les pétales s’envolent, les eaux froides s’écoulent
Unis par la pensée, en deux lieux séparés
Ce sentiment jamais ne pourra s’effacer
Tombant de mes sourcils, il pèse sur mon coeur
Libellés :
Li Qingzhao 李清照 (1083-1151)
lundi 1 septembre 2008
Herbes - Bai Juyi
離離原上草, Brillante, l'herbe dans la plaine
一歲一枯榮, Chaque année jaunit puis verdoie
野火燒不盡, L'incendie souvent la rudoie
春風吹又生。 Au printemps le vent la ramène
遠芳侵古道, Son parfum envahit les rues
晴翠接荒城, Son azur unit les cités
又送王孫去, Et quand, Monsieur, vous nous quittez
萋萋滿別情。 Ma peine est comme l'herbe drue
一歲一枯榮, Chaque année jaunit puis verdoie
野火燒不盡, L'incendie souvent la rudoie
春風吹又生。 Au printemps le vent la ramène
遠芳侵古道, Son parfum envahit les rues
晴翠接荒城, Son azur unit les cités
又送王孫去, Et quand, Monsieur, vous nous quittez
萋萋滿別情。 Ma peine est comme l'herbe drue
Libellés :
Bai Juyi 白居易 (772 - 846)
vendredi 4 juillet 2008
Sayonara - Xu Zhimo
沙扬挪拉一首
赠日本女郎
最是那一低头的温柔,
象一朵水莲花不胜凉风的娇羞,
道一声珍重,道一声珍重,
那一声珍重里有甜蜜的忧愁——
沙扬娜拉!
Un sayonara
A une demoiselle japonaise
C'est d'abord cette chaleur, qui fait baisser la tête
Comme la fleur du lotus, qui se soumet au vent,
On dit un au revoir, et un autre au revoir,
Et tous ces au revoir sont pleins d'une tristesse sucrée.
Sayonara!
赠日本女郎
最是那一低头的温柔,
象一朵水莲花不胜凉风的娇羞,
道一声珍重,道一声珍重,
那一声珍重里有甜蜜的忧愁——
沙扬娜拉!
Un sayonara
A une demoiselle japonaise
C'est d'abord cette chaleur, qui fait baisser la tête
Comme la fleur du lotus, qui se soumet au vent,
On dit un au revoir, et un autre au revoir,
Et tous ces au revoir sont pleins d'une tristesse sucrée.
Sayonara!
Libellés :
Xu Zhimo 徐志摩 (1896-1931)
lundi 30 juin 2008
Hanfeizi - Tigres sur le marché
龐 恭 與 太 子 質 於 邯 鄲 , 謂 魏 王 曰 : 『 今 一 人 言 市 有 虎 , 王 信 之 乎 ? 』 曰 : 『 不 信 。 』 『 二 人 言 市 有 虎 , 王 信 之 乎 ? 』曰 : 『 不 信 。 』 『 三 人 言 市 有 虎 , 王 信 之 乎 ? 』 王 曰 : 『 寡 人 信 之 。』 龐 恭 曰 : 『 夫 市 之 無 虎 也 明 矣 , 然 而 三 人 言 而 成 虎 。 今 邯 鄲 之 去 魏 也 遠 於 市 , 議 臣 者 過 於 三 人 , 願 王 察 之 。 』 龐 恭 從 邯 鄲 反 , 竟 不 得 見。
Pangong allait partir, avec le dauphin, comme otage à Handan, il dit au roi de Wei : "Si quelqu'un vous disait qu'il y a un tigre sur la place du marché, le croiriez vous? -- Je ne le croirai pas. -- Et si deux personnes vous disaient qu'il y a un tigre sur la place du marché, les croiriez vous? -- Je ne les croirai pas. -- Si trois personnes vous disaient qu'il y a un tigre sur la place du marché, les croiriez vous?" Le roi répondit : "Je les croirais." Pangong dit: "Même s'il est clair qu'il n'y a pas de tigre sur la place du marché, il suffit que trois personnes en parlent pour que le tigre devienne réel. Or Handan est plus loin de Wei que la place du marché, et mes critiques seront plus de trois. Puisse votre majesté demeurer lucide." Mais quand Pangong fut rentré de Handan, il ne fut plus reçu à la cour.
Pangong allait partir, avec le dauphin, comme otage à Handan, il dit au roi de Wei : "Si quelqu'un vous disait qu'il y a un tigre sur la place du marché, le croiriez vous? -- Je ne le croirai pas. -- Et si deux personnes vous disaient qu'il y a un tigre sur la place du marché, les croiriez vous? -- Je ne les croirai pas. -- Si trois personnes vous disaient qu'il y a un tigre sur la place du marché, les croiriez vous?" Le roi répondit : "Je les croirais." Pangong dit: "Même s'il est clair qu'il n'y a pas de tigre sur la place du marché, il suffit que trois personnes en parlent pour que le tigre devienne réel. Or Handan est plus loin de Wei que la place du marché, et mes critiques seront plus de trois. Puisse votre majesté demeurer lucide." Mais quand Pangong fut rentré de Handan, il ne fut plus reçu à la cour.
Libellés :
Han Fei 韩非 (3e s. av JC)
samedi 28 juin 2008
Huainanzi - Cheval enfui
近塞上之人有善術者,馬無故亡而入胡,人皆弔之。其父曰:「此何遽不為福乎!」居數月,其馬將胡駿馬而歸,人皆賀之。其父曰:「此何遽不能為禍乎!」家富良馬,其子好騎,墮而折其髀,人皆弔之。其父曰:「此何遽不為福乎!」居一年,胡人大入塞,丁壯者引弦而戰,近塞之人,死者十九,此獨以跛之故,父子相保。故福之為禍,禍之為福,化不可極,深不可測也。
Parmi les habitants de la frontière, il y avait un homme avisé. Un jour, sans raison, son cheval s’enfuit en pays barbare. Chacun vint le plaindre, mais notre homme dit : «qu’est ce qui vous fait dire que ce n’est pas une chance ? » Quelques mois plus tard, son cheval revenait, avec un bel étalon barbare. Chacun vint le féliciter, mais notre homme dit : « qu’est ce qui vous fait dire que cela ne peut être un malheur ? » La famille s’enrichit d’un bon cheval. Le fils aimait le monter. Un jour, il fit une chute, et se brisa la hanche. Chacun vint le plaindre, mais notre homme dit : « qu’est ce qui vous fait dire que ce n’est pas une chance ? » Un an plus tard, des barbares franchirent la frontière, en nombre. Les hommes valides prirent leurs arcs, et partirent se battre. Des habitants de la frontière, neuf sur dix moururent, mais grâce à cette infirmité, le père et le fils furent tous deux préservés. Ainsi, le bonheur devient malheur, et le malheur devient bonheur. Ce changement n’a pas de fin, son mystère est insondable.
近塞上之人有善術者,馬無故亡而入胡,人皆弔之 。其父曰:「此何遽不為福乎!」
Parmi les gens qui vivaient près de la frontière, il y avait un homme qui avait de bonnes méthodes. Sans raison, son cheval s’enfuit et entra en pays barbare. Les gens vinrent tous le plaindre, mais cet homme dit : « pourquoi ne pas considérer ceci comme un bonheur ? »
近 proche
塞 frontière
上 sur, au dessus
之 de (relatif)
人 hommes, gens
近塞上之人 les gens vivant près de la frontière (en chinois classique, le déterminant précède le déterminé)
有A者 il y a quelqu’un qui A
B人有A者 parmi les gens B, il y avait quelqu’un qui A
C’est un peu l’ « il était une fois » des anecdotes chinoises :
楚 人 有 鬻 楯 與 矛 者Parmi les gens de Chu, il y avait quelqu’un qui vendait des lances et des boucliers (Han Feizi)
宋人有善為不龜手之藥者Parmi les gens de Song, il y avait quelqu’un qui savait faire un onguent pour éviter que les mains gercent (Zhuangzi)
善 bon, être bon, savoir bien faire, bien faire
術 méthodes, façons, art (certains commentateurs disent que cela veut dire prévoir l’avenir, mais cela me semble contredire l’histoire, qui montre notre héros s’abstenir de prédire…)
善術者 un homme ayant de bonnes méthodes, je traduis pas un homme avisé… mais ce point reste obscur.
馬 cheval
無 n’avoir pas, il n’y a pas (négation de 有)
故 raison, cause
亡 s’enfuir
無故 qualifie 亡 : s’enfuit sans raison
而 et (assemble deux verbes)
入 entrer
胡 barbare, ici pays barbare, steppe.
Ce texte date des Han Occidentaux, les barbares sont probablement les Xiongnus.
人 homme, gens
皆 tous, adverbe indiquant le pluriel
人皆 chacun
弔 plaindre, s’apitoyer
之 lui, elle, cela (complement d’objet, troisième personne)
其 soit possessif : son, soit démonstratif : ce
父 généralement, père, mais c’est aussi un terme de politesse, désignant un homme d’un certain âge
其父 donc, soit « son père », soit « ce vieil homme », je préfère la seconde, qui répond au 善術者 qui précède (que viendrait faire un père ici…).
曰 dire
此 ceci
何 comment, quoi
遽 soudain, mais ce caractère est probablement utilisé ici pour 據 base, raison
何遽 sur quelle base, comment
不 ne pas
為 considérer
福 chance, bonne fortune
乎 à la fin d’une phrase, la rend interrogative, ici, renforce le sens du pronom interrogatif 何, et en fait une question rhétorique.
此何遽不為福乎 : littéralement : pour quelle raison (何遽) ne considérez vous pas (不為) ceci (此) comme une chance (福).
居數月,其馬將胡駿馬而歸,人皆賀之。其父曰:「此何遽不能為禍乎!」
Quelques mois plus tard, son cheval revint, accompagné d’un bel étalon barbare. Chacun le félicita, mais cet homme dit : « pourquoi ne considérez vous pas que ceci peut être un malheur ? »
居 vivre, demeurer quelque part. Souvent utilisé comme préfixe d’une expression de durée : après
數 plusieurs
月 lune, mois
居數月 après plusieurs mois
其馬 son cheval (其=possessif)
將 accompagné, avec
駿 un très bon cheval, ce mot est généralement utilisé dans l’expression 駿馬
歸 revenir (antonyme de 亡 ci dessus)
將A而歸 : il revint avec A
賀 féliciter
此何遽不能為禍乎
禍 malheur : c’est l’antonyme de 福 dans la phrase précédente. Cette construction opposant les mots d’une phrase à l’autre est très courante en chinois classique.
On a ici : 馬無故亡 / 其馬…歸不為福乎 / 不能為禍乎
Observez que le parallélisme n’est pas parfait
不能為禍 : ne peut être considéré comme/ ne peut devenir un malheur,
能 introduit une potentialité (可 est également utilisé à cette fin)
家富良馬,其子好騎,墮而折其髀,人皆弔之。其父曰:「此何遽不為福乎!」
La famille s’enrichit d’un bon cheval Le fils aimait le monter. Il tomba et se cassa la hanche. Chacun vint le plaindre. Mais l’homme dit : « pourquoi ne considérez vous pas ceci comme un bonheur ? »
家 maisonnée, famille, ce mot fait référence aux personnes, pas au bâtiment où ils vivent (à la difference du mot français “maison”)
富 riche, être riche, devenir riche
良 bon, excellent
其子 son fils (其 = possessif)
好 aimer (en classique, c’est presque toujours un verbe, rarement le nom ou l’adjectif “bien”)
騎 monter un cheval (le complément 之 : le monter, est ici sous entendu, c’est très souvent le cas)
墮 tomber de cheval
折 casser
髀 hanche, partie haute de la cuisse
居一年,胡人大入塞,丁壯者引弦而戰,近塞之人,死者十九,此獨以跛之故,父子相保
Un an plus tard, un grand nombre de barbares passa la frontière. Les hommes valides tirèrent leurs arcs et allèrent se battre. Des gens vivant près de la frontière, neuf sur dix moururent. Mais juste parce qu’il était boîteux, le père et le fils furent tous deux sauvés.
一 un
年 année
胡人 les barbares (du nord et de l’ouest)
大 grandement
入塞 traverser la frontière
丁 un adulte, quelqu’un de plus de 20 ans, par extension, quelqu’un de fort
壯 un homme mûr, quelqu’un de trente à quarante ans, par extension, quelqu’un de fort
丁壯者 tous les hommes valides
引 tirer un arc
弦 la corde d’un arc
戰 bataille, livrer bataille
死者 ceux qui sont morts
十九 =十之九 neuf sur dix (dix neuf, ce serait十有九 dix et neuf (ATTENTION 有 you4))
近塞之人,死者十九 Parmi les gens vivant près de la frontière, ceux qui moururent furent neuf sur dix.
獨 seul
跛 boîteux, infirmité
以A之故 : à cause de A
以跛之故 à cause de son infirmité
保 protéger, être protégé
相 l’un l’autre, peut servir, comme adverbe, à exprimer un duel (pluriel à deux)
父子 deux possibilités : le fils de notre homme (父之子), ou père et fils (父與子), la présence de 相 rend la second plus plausible
故福之為禍,禍之為福,化不可極,深不可測也。
Ainsi, un bonheur devient un malheur, et un malheur devient un bonheur. Ces changement ne finissent jamais, leur complexité ne peut être sondée.
故 pour cette raison, ainsi, introduit la morale de l’histoire
福之為禍 litt : le fait que le bonheur devienne malheur (之 est un relatif, 為 devenir)
化 changer
極 le faîte, le sommet, la fin, finir
深 litt. Profond, profondeur
測 litt. Sonder une rivière, un étang
Parmi les habitants de la frontière, il y avait un homme avisé. Un jour, sans raison, son cheval s’enfuit en pays barbare. Chacun vint le plaindre, mais notre homme dit : «qu’est ce qui vous fait dire que ce n’est pas une chance ? » Quelques mois plus tard, son cheval revenait, avec un bel étalon barbare. Chacun vint le féliciter, mais notre homme dit : « qu’est ce qui vous fait dire que cela ne peut être un malheur ? » La famille s’enrichit d’un bon cheval. Le fils aimait le monter. Un jour, il fit une chute, et se brisa la hanche. Chacun vint le plaindre, mais notre homme dit : « qu’est ce qui vous fait dire que ce n’est pas une chance ? » Un an plus tard, des barbares franchirent la frontière, en nombre. Les hommes valides prirent leurs arcs, et partirent se battre. Des habitants de la frontière, neuf sur dix moururent, mais grâce à cette infirmité, le père et le fils furent tous deux préservés. Ainsi, le bonheur devient malheur, et le malheur devient bonheur. Ce changement n’a pas de fin, son mystère est insondable.
近塞上之人有善術者,馬無故亡而入胡,人皆弔之 。其父曰:「此何遽不為福乎!」
Parmi les gens qui vivaient près de la frontière, il y avait un homme qui avait de bonnes méthodes. Sans raison, son cheval s’enfuit et entra en pays barbare. Les gens vinrent tous le plaindre, mais cet homme dit : « pourquoi ne pas considérer ceci comme un bonheur ? »
近 proche
塞 frontière
上 sur, au dessus
之 de (relatif)
人 hommes, gens
近塞上之人 les gens vivant près de la frontière (en chinois classique, le déterminant précède le déterminé)
有A者 il y a quelqu’un qui A
B人有A者 parmi les gens B, il y avait quelqu’un qui A
C’est un peu l’ « il était une fois » des anecdotes chinoises :
楚 人 有 鬻 楯 與 矛 者Parmi les gens de Chu, il y avait quelqu’un qui vendait des lances et des boucliers (Han Feizi)
宋人有善為不龜手之藥者Parmi les gens de Song, il y avait quelqu’un qui savait faire un onguent pour éviter que les mains gercent (Zhuangzi)
善 bon, être bon, savoir bien faire, bien faire
術 méthodes, façons, art (certains commentateurs disent que cela veut dire prévoir l’avenir, mais cela me semble contredire l’histoire, qui montre notre héros s’abstenir de prédire…)
善術者 un homme ayant de bonnes méthodes, je traduis pas un homme avisé… mais ce point reste obscur.
馬 cheval
無 n’avoir pas, il n’y a pas (négation de 有)
故 raison, cause
亡 s’enfuir
無故 qualifie 亡 : s’enfuit sans raison
而 et (assemble deux verbes)
入 entrer
胡 barbare, ici pays barbare, steppe.
Ce texte date des Han Occidentaux, les barbares sont probablement les Xiongnus.
人 homme, gens
皆 tous, adverbe indiquant le pluriel
人皆 chacun
弔 plaindre, s’apitoyer
之 lui, elle, cela (complement d’objet, troisième personne)
其 soit possessif : son, soit démonstratif : ce
父 généralement, père, mais c’est aussi un terme de politesse, désignant un homme d’un certain âge
其父 donc, soit « son père », soit « ce vieil homme », je préfère la seconde, qui répond au 善術者 qui précède (que viendrait faire un père ici…).
曰 dire
此 ceci
何 comment, quoi
遽 soudain, mais ce caractère est probablement utilisé ici pour 據 base, raison
何遽 sur quelle base, comment
不 ne pas
為 considérer
福 chance, bonne fortune
乎 à la fin d’une phrase, la rend interrogative, ici, renforce le sens du pronom interrogatif 何, et en fait une question rhétorique.
此何遽不為福乎 : littéralement : pour quelle raison (何遽) ne considérez vous pas (不為) ceci (此) comme une chance (福).
居數月,其馬將胡駿馬而歸,人皆賀之。其父曰:「此何遽不能為禍乎!」
Quelques mois plus tard, son cheval revint, accompagné d’un bel étalon barbare. Chacun le félicita, mais cet homme dit : « pourquoi ne considérez vous pas que ceci peut être un malheur ? »
居 vivre, demeurer quelque part. Souvent utilisé comme préfixe d’une expression de durée : après
數 plusieurs
月 lune, mois
居數月 après plusieurs mois
其馬 son cheval (其=possessif)
將 accompagné, avec
駿 un très bon cheval, ce mot est généralement utilisé dans l’expression 駿馬
歸 revenir (antonyme de 亡 ci dessus)
將A而歸 : il revint avec A
賀 féliciter
此何遽不能為禍乎
禍 malheur : c’est l’antonyme de 福 dans la phrase précédente. Cette construction opposant les mots d’une phrase à l’autre est très courante en chinois classique.
On a ici : 馬無故亡 / 其馬…歸不為福乎 / 不能為禍乎
Observez que le parallélisme n’est pas parfait
不能為禍 : ne peut être considéré comme/ ne peut devenir un malheur,
能 introduit une potentialité (可 est également utilisé à cette fin)
家富良馬,其子好騎,墮而折其髀,人皆弔之。其父曰:「此何遽不為福乎!」
La famille s’enrichit d’un bon cheval Le fils aimait le monter. Il tomba et se cassa la hanche. Chacun vint le plaindre. Mais l’homme dit : « pourquoi ne considérez vous pas ceci comme un bonheur ? »
家 maisonnée, famille, ce mot fait référence aux personnes, pas au bâtiment où ils vivent (à la difference du mot français “maison”)
富 riche, être riche, devenir riche
良 bon, excellent
其子 son fils (其 = possessif)
好 aimer (en classique, c’est presque toujours un verbe, rarement le nom ou l’adjectif “bien”)
騎 monter un cheval (le complément 之 : le monter, est ici sous entendu, c’est très souvent le cas)
墮 tomber de cheval
折 casser
髀 hanche, partie haute de la cuisse
居一年,胡人大入塞,丁壯者引弦而戰,近塞之人,死者十九,此獨以跛之故,父子相保
Un an plus tard, un grand nombre de barbares passa la frontière. Les hommes valides tirèrent leurs arcs et allèrent se battre. Des gens vivant près de la frontière, neuf sur dix moururent. Mais juste parce qu’il était boîteux, le père et le fils furent tous deux sauvés.
一 un
年 année
胡人 les barbares (du nord et de l’ouest)
大 grandement
入塞 traverser la frontière
丁 un adulte, quelqu’un de plus de 20 ans, par extension, quelqu’un de fort
壯 un homme mûr, quelqu’un de trente à quarante ans, par extension, quelqu’un de fort
丁壯者 tous les hommes valides
引 tirer un arc
弦 la corde d’un arc
戰 bataille, livrer bataille
死者 ceux qui sont morts
十九 =十之九 neuf sur dix (dix neuf, ce serait十有九 dix et neuf (ATTENTION 有 you4))
近塞之人,死者十九 Parmi les gens vivant près de la frontière, ceux qui moururent furent neuf sur dix.
獨 seul
跛 boîteux, infirmité
以A之故 : à cause de A
以跛之故 à cause de son infirmité
保 protéger, être protégé
相 l’un l’autre, peut servir, comme adverbe, à exprimer un duel (pluriel à deux)
父子 deux possibilités : le fils de notre homme (父之子), ou père et fils (父與子), la présence de 相 rend la second plus plausible
故福之為禍,禍之為福,化不可極,深不可測也。
Ainsi, un bonheur devient un malheur, et un malheur devient un bonheur. Ces changement ne finissent jamais, leur complexité ne peut être sondée.
故 pour cette raison, ainsi, introduit la morale de l’histoire
福之為禍 litt : le fait que le bonheur devienne malheur (之 est un relatif, 為 devenir)
化 changer
極 le faîte, le sommet, la fin, finir
深 litt. Profond, profondeur
測 litt. Sonder une rivière, un étang
Libellés :
Huainanzi 淮南子 (2e s. av JC)
vendredi 27 juin 2008
Pensée d'automne - Ma Zhiyuan
枯藤老树昏鸦。
小桥流水人家。
古道西风瘦马。
夕阳西下,
断肠人在
天涯。
Joncs secs, vieux arbres, oiseaux de nuit
Petit pont, eau qui coule, des maisons
Vieille route, vent d’ouest, cheval maigre
Soleil, le soir, tombant à l'ouest
Un malheureux qui se tient là
Au bord du ciel
小桥流水人家。
古道西风瘦马。
夕阳西下,
断肠人在
天涯。
Joncs secs, vieux arbres, oiseaux de nuit
Petit pont, eau qui coule, des maisons
Vieille route, vent d’ouest, cheval maigre
Soleil, le soir, tombant à l'ouest
Un malheureux qui se tient là
Au bord du ciel
Libellés :
Ma Zhiyuan 馬致遠 (1226?-1285?)
samedi 21 juin 2008
Laozi 1
道可道非常道
名可名非常名
無名天地之始
有名萬物之母
故
常無欲以觀其妙
常有欲以觀其徼
此兩者
同出而異名
同謂之玄
玄之又玄
眾妙之門
La voie que l’on voit n’est pas la vraie voie
Le nom qui la nomme n’est pas son vrai nom
Elle n’a pas de nom, origine du monde
Elle a un nom, mère de toute chose
Aussi,
Qui ne veut rien voit sa richesse
Qui en veut trop n'en voit que l'apparence
Mais tous deux
Ont la même origine et des noms différents
Ensemble sont appelés mystère
Mystère de tous les mystères
Porte de toute richesse
名可名非常名
無名天地之始
有名萬物之母
故
常無欲以觀其妙
常有欲以觀其徼
此兩者
同出而異名
同謂之玄
玄之又玄
眾妙之門
La voie que l’on voit n’est pas la vraie voie
Le nom qui la nomme n’est pas son vrai nom
Elle n’a pas de nom, origine du monde
Elle a un nom, mère de toute chose
Aussi,
Qui ne veut rien voit sa richesse
Qui en veut trop n'en voit que l'apparence
Mais tous deux
Ont la même origine et des noms différents
Ensemble sont appelés mystère
Mystère de tous les mystères
Porte de toute richesse
Libellés :
Laozi 老子
samedi 14 juin 2008
vendredi 13 juin 2008
Laozi 33
知人者智,
自知者明。
勝人者有力,
自勝者強。
知足者富。
強行者有志。
不失其所者久。
死而不亡者,
壽。
Qui connait les autres est éclairé
Qui se connait soi même est clairvoyant
Qui triomphe des autres a la force
Qui triomphe de soi même a la puissance
Qui sait se contenter est riche
Qui sait persévérer s'impose
Qui toujours tient sa place, perdure
Qui meurt, mais n'est pas oublié
Vit pour toujours.
自知者明。
勝人者有力,
自勝者強。
知足者富。
強行者有志。
不失其所者久。
死而不亡者,
壽。
Qui connait les autres est éclairé
Qui se connait soi même est clairvoyant
Qui triomphe des autres a la force
Qui triomphe de soi même a la puissance
Qui sait se contenter est riche
Qui sait persévérer s'impose
Qui toujours tient sa place, perdure
Qui meurt, mais n'est pas oublié
Vit pour toujours.
Libellés :
Laozi 老子
jeudi 22 mai 2008
Le prince de Zheng et sa mère - Zuozhuan
初 . 鄭 武 公 娶 于 申 . 曰 武 姜 . 生 莊 公 . 及 共 叔 段 . 莊 公 寤 生 . 驚 姜 氏 . 故 名 曰 寤 生 . 遂 惡 之 . 愛 共 叔 段 . 欲 立 之 . 亟 請 於 武 公 . 公 弗 許 . 及 莊 公 即 位 . 為 之 請 制 . 公 曰 . 制 . 巖 邑 也 . 虢 叔 死 焉 . 佗 邑 唯 命 . 請 京 . 使 居 之 . 謂 之 京 城 大 叔 . 祭 仲 曰 . 都 城 過 百 雉 . 國 之 害 也 . 先 王 之 制 . 大 都 不 過 參 國 之 一 . 中 五 之 一 . 小 九 之 一 . 今 京 不 度 . 非 制 也 . 君 將 不 堪 . 公 曰 . 姜 氏 欲 之 . 焉 辟 害 . 對 曰 . 姜 氏 何 厭 之 有 . 不 如 早 為 之 所 . 無 使 滋 蔓 . 蔓 . 難 圖 也 . 蔓 草 猶 不 可 除 . 況 君 之 寵 弟 乎 . 公 曰 . 多 行 不 義 . 必 自 斃 . 子 姑 待 之 . 既 而 大 叔 命 西 鄙 北 鄙 貳 於 己 . 公 子 呂 曰 . 國 不 堪 貳 . 君 將 若 之 何 . 欲 與 大 叔 . 臣 請 事 之 . 若 弗 與 則 請 除 之 . 無 生 民 心 . 公 曰 . 無 庸 . 將 自 及 . 大 叔 又 收 貳 以 為 己 邑 . 至 于 廩 延 . 子 封 曰 . 可 矣 . 厚 將 得 眾 . 公 曰 . 不 義 不 暱 . 厚 將 崩 . 大 叔 完 聚 . 繕 甲 兵 . 具 卒 乘 . 將 襲 鄭 夫 人 將 啟 之 . 公 聞 其 期 . 曰 . 可 矣 . 命 子 封 帥 車 二 百 乘 以 伐 京 . 京 叛 大 叔 段 . 段 入 于 鄢 . 公 伐 諸 鄢 . 五 月 . 辛 丑 . 大 叔 出 奔 共 . 書 曰 . 鄭 伯 克 段 于 鄢 . 段 不 弟 . 故 不 言 弟 . 如 二 君 . 故 曰 克 . 稱 鄭 伯 . 譏 失 教 也 . 謂 之 鄭 志 . 不 言 出 奔 . 難 之 也 . 遂 寘 姜 氏 于 城 潁 . 而 誓 之 曰 . 不 及 黃 泉 . 無 相 見 也 . 既 而 悔 之 . 潁 考 叔 為 潁 谷 封 人 . 聞 之 . 有 獻 於 公 . 公 賜 之 食 . 食 舍 肉 . 公 問 之 . 對 曰 . 小 人 有 母 . 皆 嘗 小 人 之 食 矣 . 未 嘗 君 之 羹 . 請 以 遺 之 . 公 曰 . 爾 有 母 遺 . 繄 我 獨 無 . 潁 考 叔 曰 . 敢 問 何 謂 也 . 公 語 之 故 . 且 告 之 悔 . 對 曰 . 君 何 患 焉 . 若 闕 地 及 泉 . 隧 而 相 見 . 其 誰 曰 不 然 . 公 從 之 . 公 入 而 賦 . 大 隧 之 中 . 其 樂 也 融 融 . 姜 出 而 賦 . 大 隧 之 外 . 其 樂 也 洩 洩 . 遂 為 母 子 如 初 . 君 子 曰 . 潁 考 叔 . 純 孝 也 . 愛 其 母 . 施 及 莊 公 . 詩 曰 . 孝 子 不 匱 . 永 錫 爾 類 . 其 是 之 謂 乎 .
Le prince Wu de Zheng avait pris pour épouse une princesse de Shen, appelée Wu Jiang, qui avait donné naissance au prince Zhuang et à Duan de Gong, le cadet. Le prince Zhuang était sorti du ventre de sa mère les pieds devant, effrayant dame Jiang qui lui avait donné le prénom de « Né les pieds devant », et l’avait pris en grippe. Elle lui préférait son cadet, Duan de Gong, dont elle désirait faire l’héritier. Mais ses demandes pressantes au prince Wu avaient toujours été refusées. Quand, finalement le prince Zhuang monta sur le trône, elle fit demander pour Duan la ville de Zhi. Le duc répondit : « Zhi est une ville dangereuse, le troisième prince de Guo y a péri. Mais je vous accorderai n’importe quelle autre place. » Elle demanda Jing, Duan y fut envoyé, et prit le titre de Grand Prince de la Ville de Jing. Ji Zhong dit : « Une ville dont les murs font plus de trente mille pieds de long est un danger pour le pays. Selon la règle des anciens rois, une grande ville ne pouvait excéder le tiers de la capitale, une ville moyenne le cinquième, et une petite le neuvième. Aujourd’hui, Jing n’a pas la bonne taille, c’est contraire à la règle. Votre seigneurie ne saurait le tolérer. Le prince répondit : « dame Jiang l’a voulu ainsi, comment pourrait-ce être un danger ? » Il répondit : « Jusqu’où ira l’appétit de dame Jiang ? Vous devriez vous hâter d’agir, et ne pas laisser cette ronce pousser. Une ronce est difficile à arrêter. Une ronce qui a poussé ne peut être arrachée, encore moins quand il s’agit du frêre préféré de votre seigneurie. » Le prince dit : « Il se complait dans l’injustice, cela causera sa perte. Soyez patient, et attendez » Alors, le Grand Prince ordonna que les marches du nord et de l’ouest le reconnaissent come l’égal du prince de Zheng. Le prince Lü dit : « un pays ne saurait servir deux maîtres. Qu’est ce que votre seigneurie entend faire ? Si vous souhaitez donner la région au grand prince, nous le servirons. Si vous ne la donnez pas, alors nous souhaitons qu’il soit éliminé, pour ne pas troubler les esprits du peuple. » Le prince répondit : « ce n’est pas nécessaire, il se perdra tout seul. » Bientôt, le Grand Prince se mit à considérer les régions qu’il administrait conjointement comme les siennes, et étendit sa domination à Linyan. Zifeng dit : « Vous devrier agir. Il devient puissant, et saura se concilier le peuple. » Le prince répondit : « il n’est ni juste ni bon. Sa puissance s’effondrera. » Alors le Grand Prince fit parfaire ses défenses, et rassembler des provisions. Il fit réparer cuirasses et armes et préparer soldats et attelages. Il entendait fondre sur la capitale, dont la princesse de Zheng lui ouvrirait les portes. Mais le prince eut vent de son projet, et donna l’ordre d’agir à Zifeng, qui mena deux cents chars attaquer Jing. La population de Jing se révolta contre le Grand Prince Duan, qui se réfugia à Yan. Le prince l’attaqua alors à Yan. Le cinquième mois, le jour Xinchou, le Grand Prince dût s’enfuir à Gong.
Les Annales disent : « le Comte de Zheng prévalut sur Duan, à Yan ». Comme Duan ne se comporta pas en frêre, on ne l’appelle pas frêre. Comme il s’agit de deux seigneurs, on dit prévaloir. On l’appelle Comte de Zheng, pour critiquer son incapacité à éduquer son frêre. C’est ce qu’on appelle l’esprit de Zheng. On ne dit pas que Duan s’est enfui parce que c’est humiliant.
Alors, Dame Jiang fut bannie à Chengying, et le prince lui fit le serment suivant : « Tant que nous n’aurons pas atteint les Sources Souterraines, nous ne nous reverrons plus. » Mais bientôt, il regretta sa promesse.
Kaoshu de Ying était chargé de surveiller les digues, dans la vallée de la Ying. Ayant entendu cette histoire, il rendit visite au prince, qui donna un banquet en son honneur. Voyant qu’il mettait de côté une partie de sa viande, le prince l’interrogea. Il répondit : « votre serviteur a une mère, qui goûte à tout ce que votre serviteur mange. Elle n’a jamais goûté la chère de votre seigneurie, permettez moi de lui en ramener un peu. » Le prince dit : « Vous avez une mère à chérir, moi seul, hélas, n’en ai plus. » Kaoshu de Ying dit : « oserai-je vous demander pourquoi. » Le prince lui dit la raison, et son regret. Il répondit : « Pourquoi votre seigneurie s’afflige-t-elle de ceci ? Si vous faites creuser un tunnel qui descend jusqu’aux sources, et la rencontrez là, qui pourra dire que vous vous parjurez ? » Le prince suivit son conseil. Entrant dans le tunnel, il chanta : « dans ce grand souterrain, notre bonheur éclate ». Dame Jiang ressortit et dit : « hors de ce souterrain, le bonheur s’évanouit ». Après cela, ils redevinrent fils et mère. Un sage à dit : « Kaoshu de Ying fut un modèle de piété filiale. Son amour pour sa mère rejaillit sur le prince Zhuang. » Le livre des Odes dit : « Le fils pieux ne manque jamais, et toujours enrichit les siens. » N’est ce pas ici le cas ?
Le prince Wu de Zheng avait pris pour épouse une princesse de Shen, appelée Wu Jiang, qui avait donné naissance au prince Zhuang et à Duan de Gong, le cadet. Le prince Zhuang était sorti du ventre de sa mère les pieds devant, effrayant dame Jiang qui lui avait donné le prénom de « Né les pieds devant », et l’avait pris en grippe. Elle lui préférait son cadet, Duan de Gong, dont elle désirait faire l’héritier. Mais ses demandes pressantes au prince Wu avaient toujours été refusées. Quand, finalement le prince Zhuang monta sur le trône, elle fit demander pour Duan la ville de Zhi. Le duc répondit : « Zhi est une ville dangereuse, le troisième prince de Guo y a péri. Mais je vous accorderai n’importe quelle autre place. » Elle demanda Jing, Duan y fut envoyé, et prit le titre de Grand Prince de la Ville de Jing. Ji Zhong dit : « Une ville dont les murs font plus de trente mille pieds de long est un danger pour le pays. Selon la règle des anciens rois, une grande ville ne pouvait excéder le tiers de la capitale, une ville moyenne le cinquième, et une petite le neuvième. Aujourd’hui, Jing n’a pas la bonne taille, c’est contraire à la règle. Votre seigneurie ne saurait le tolérer. Le prince répondit : « dame Jiang l’a voulu ainsi, comment pourrait-ce être un danger ? » Il répondit : « Jusqu’où ira l’appétit de dame Jiang ? Vous devriez vous hâter d’agir, et ne pas laisser cette ronce pousser. Une ronce est difficile à arrêter. Une ronce qui a poussé ne peut être arrachée, encore moins quand il s’agit du frêre préféré de votre seigneurie. » Le prince dit : « Il se complait dans l’injustice, cela causera sa perte. Soyez patient, et attendez » Alors, le Grand Prince ordonna que les marches du nord et de l’ouest le reconnaissent come l’égal du prince de Zheng. Le prince Lü dit : « un pays ne saurait servir deux maîtres. Qu’est ce que votre seigneurie entend faire ? Si vous souhaitez donner la région au grand prince, nous le servirons. Si vous ne la donnez pas, alors nous souhaitons qu’il soit éliminé, pour ne pas troubler les esprits du peuple. » Le prince répondit : « ce n’est pas nécessaire, il se perdra tout seul. » Bientôt, le Grand Prince se mit à considérer les régions qu’il administrait conjointement comme les siennes, et étendit sa domination à Linyan. Zifeng dit : « Vous devrier agir. Il devient puissant, et saura se concilier le peuple. » Le prince répondit : « il n’est ni juste ni bon. Sa puissance s’effondrera. » Alors le Grand Prince fit parfaire ses défenses, et rassembler des provisions. Il fit réparer cuirasses et armes et préparer soldats et attelages. Il entendait fondre sur la capitale, dont la princesse de Zheng lui ouvrirait les portes. Mais le prince eut vent de son projet, et donna l’ordre d’agir à Zifeng, qui mena deux cents chars attaquer Jing. La population de Jing se révolta contre le Grand Prince Duan, qui se réfugia à Yan. Le prince l’attaqua alors à Yan. Le cinquième mois, le jour Xinchou, le Grand Prince dût s’enfuir à Gong.
Les Annales disent : « le Comte de Zheng prévalut sur Duan, à Yan ». Comme Duan ne se comporta pas en frêre, on ne l’appelle pas frêre. Comme il s’agit de deux seigneurs, on dit prévaloir. On l’appelle Comte de Zheng, pour critiquer son incapacité à éduquer son frêre. C’est ce qu’on appelle l’esprit de Zheng. On ne dit pas que Duan s’est enfui parce que c’est humiliant.
Alors, Dame Jiang fut bannie à Chengying, et le prince lui fit le serment suivant : « Tant que nous n’aurons pas atteint les Sources Souterraines, nous ne nous reverrons plus. » Mais bientôt, il regretta sa promesse.
Kaoshu de Ying était chargé de surveiller les digues, dans la vallée de la Ying. Ayant entendu cette histoire, il rendit visite au prince, qui donna un banquet en son honneur. Voyant qu’il mettait de côté une partie de sa viande, le prince l’interrogea. Il répondit : « votre serviteur a une mère, qui goûte à tout ce que votre serviteur mange. Elle n’a jamais goûté la chère de votre seigneurie, permettez moi de lui en ramener un peu. » Le prince dit : « Vous avez une mère à chérir, moi seul, hélas, n’en ai plus. » Kaoshu de Ying dit : « oserai-je vous demander pourquoi. » Le prince lui dit la raison, et son regret. Il répondit : « Pourquoi votre seigneurie s’afflige-t-elle de ceci ? Si vous faites creuser un tunnel qui descend jusqu’aux sources, et la rencontrez là, qui pourra dire que vous vous parjurez ? » Le prince suivit son conseil. Entrant dans le tunnel, il chanta : « dans ce grand souterrain, notre bonheur éclate ». Dame Jiang ressortit et dit : « hors de ce souterrain, le bonheur s’évanouit ». Après cela, ils redevinrent fils et mère. Un sage à dit : « Kaoshu de Ying fut un modèle de piété filiale. Son amour pour sa mère rejaillit sur le prince Zhuang. » Le livre des Odes dit : « Le fils pieux ne manque jamais, et toujours enrichit les siens. » N’est ce pas ici le cas ?
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mercredi 21 mai 2008
La rivière de l'ouest à Chuzhou - Wei Yingwu
独怜幽草涧边生,
上有黄鹂深树鸣.
春潮带雨晚来急,
野渡无人舟自横.
Seul, attendri dans l’herbe sombre, au bord du torrent
Là haut, un loriot pépie dans l’épaisseur de l’arbre
Porté par la crue de printemps, un orage attardé se presse
A travers l'horizon, une barque abandonnée dérive
上有黄鹂深树鸣.
春潮带雨晚来急,
野渡无人舟自横.
Seul, attendri dans l’herbe sombre, au bord du torrent
Là haut, un loriot pépie dans l’épaisseur de l’arbre
Porté par la crue de printemps, un orage attardé se presse
A travers l'horizon, une barque abandonnée dérive
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Wei Yingwu 韋應物 (737-791)
samedi 10 mai 2008
Bateau de Nuit -- Préface -- Zhang Dai
天下学问,惟夜航船中最难对付。盖村夫俗子,其学问皆预先备办,如瀛洲十八学士,云台二十八将之类,稍差其姓名,辄掩口笑之。彼盖不知十八学士、二十八将,虽失记其姓名,实无害于学问文理,而反谓错落一人,则可耻孰甚。故道听途说,只办口头数十个名氏,便为博学才子矣。余因想吾八越,惟余姚风俗,后生小子,无不读书,及至二十无成,然后习为手艺。故凡百工贱业,其《性理》、《纳鉴》,皆全部烂熟,偶问及一事,则人名、官爵、年号、地方枚举之,未尝不错。学问之富,真是两脚书厨,而其无益于文理考校,与彼目不识丁之人无以异也。或曰:“信如此言,则古人姓名总不必记忆矣。”余曰:“不然。姓名有不关于文理,不记不妨,如八元、八恺、厨、俊、顾、及之类是也。有关于文理者,不可不记,如四岳、三老、臧谷、徐夫人之类是也。”昔有一僧人,与一士子同宿夜航船。士子高谈阔论,僧畏慑,拳足而寝。僧人听其语有破绽,乃曰:“请问相公,澹台灭明是一个人、两个人?”士子曰:“是两个人。”僧曰:“这等尧舜是一个人、两个人?”士子曰:“自然是一个人!”僧乃笑曰:“这等说起来,且待小僧伸伸脚。”余所记载,皆眼前极肤浅之事,吾辈聊且记取,但勿使僧人伸脚则可已矣。故即命其名曰《夜航船》。
De tous les examens du monde, les plus difficiles sont ceux qu’on passe sur les bateaux de nuit. Le moindre lettré de village prépare ses questions à l'avance, car si des dix huits lettrés de Yingzhou ou des vingt huit généraux de Yuntai il oublie le nom d'un seul, il sera raillé avec force grimaces. Pourtant, pour celui là qui ne sait pas ses dix huit lettrés ou ses vingt huit généraux, avoir oublié un nom ne préjuge pas de son érudition. Il sera néanmoins taxé de dissipation, un bien grand sujet de honte. Et ainsi, pour discourir par les chemins, il suffit d'avoir en tête et en bouche quelques dizaines de noms, et vous voici lettré et érudit !
Alors, je repense à mon pays des Huit Yue, à cette tradition de Yutao. Dès leur plus jeune âge, tous les petits enfants apprennent les classiques. Si à vingt ans ils n’ont pas réussi, alors on leur apprend un métier manuel. Ainsi chacun, de l’ouvrier au marchand, connait son son Traité des Sentiments ou son Miroir de Na par cœur. Qu’on les interroge, au hasard, à telle ou telle occasion, ils vous énuméreront noms de personnes, charges et titres, époques, pays, sans jamais se tromper.
Mais la richesse de leur savoir, c’est celle d’une bibliothèque sur pattes qui n’est pas enrichie par l’étude des textes. Avec celui là, qui ne sait pas ses lettres, il n’y a guère de différence.
On me dira : « à en croire ce discours, il n’est pas besoin de retenir les noms des anciens. » Je répondrai : « Si. Mais il y a des noms qui ne relèvent pas de la culture, ne pas les savoir n’est pas gênant, par exemple, les huit premiers, les huit triomphants, les Coffres, les Vaillants, les Veilleurs, et les Parfaits. Il y en a aussi qui relèvent de la culture, comme les quatre Pics, les trois Anciens, la vallée cachée, et Dame Xu. »
Un jour, un moine et un lettré partagèrent une couchette, sur un bateau de nuit. Les belles paroles et les grandes phrases du lettré intimidaient le moine, qui dormait les jambes repliées. Bientôt, il remarqua des erreurs dans le discours du lettré, et lui demande : « excellence, permettez moi une question. Tantai Mieming, est une, ou deux personnes ? » Le lettré répondit : « deux personnes » « et ce Yaoshun, une personne ou deux ? » « Une personne bien sûr » Le moine rit et dit : « sur ces belles paroles, permettez que ce petit moinillon étende un peu ses jambes. »
Ces quelques notes ne sont que banalités et choses sans importance. Si mon collègue les avait un peu retenues, le petit moine n’aurait jamais étendu ses jambes. Aussi, les ai-je appelées Bateau de Nuit.
De tous les examens du monde, les plus difficiles sont ceux qu’on passe sur les bateaux de nuit. Le moindre lettré de village prépare ses questions à l'avance, car si des dix huits lettrés de Yingzhou ou des vingt huit généraux de Yuntai il oublie le nom d'un seul, il sera raillé avec force grimaces. Pourtant, pour celui là qui ne sait pas ses dix huit lettrés ou ses vingt huit généraux, avoir oublié un nom ne préjuge pas de son érudition. Il sera néanmoins taxé de dissipation, un bien grand sujet de honte. Et ainsi, pour discourir par les chemins, il suffit d'avoir en tête et en bouche quelques dizaines de noms, et vous voici lettré et érudit !
Alors, je repense à mon pays des Huit Yue, à cette tradition de Yutao. Dès leur plus jeune âge, tous les petits enfants apprennent les classiques. Si à vingt ans ils n’ont pas réussi, alors on leur apprend un métier manuel. Ainsi chacun, de l’ouvrier au marchand, connait son son Traité des Sentiments ou son Miroir de Na par cœur. Qu’on les interroge, au hasard, à telle ou telle occasion, ils vous énuméreront noms de personnes, charges et titres, époques, pays, sans jamais se tromper.
Mais la richesse de leur savoir, c’est celle d’une bibliothèque sur pattes qui n’est pas enrichie par l’étude des textes. Avec celui là, qui ne sait pas ses lettres, il n’y a guère de différence.
On me dira : « à en croire ce discours, il n’est pas besoin de retenir les noms des anciens. » Je répondrai : « Si. Mais il y a des noms qui ne relèvent pas de la culture, ne pas les savoir n’est pas gênant, par exemple, les huit premiers, les huit triomphants, les Coffres, les Vaillants, les Veilleurs, et les Parfaits. Il y en a aussi qui relèvent de la culture, comme les quatre Pics, les trois Anciens, la vallée cachée, et Dame Xu. »
Un jour, un moine et un lettré partagèrent une couchette, sur un bateau de nuit. Les belles paroles et les grandes phrases du lettré intimidaient le moine, qui dormait les jambes repliées. Bientôt, il remarqua des erreurs dans le discours du lettré, et lui demande : « excellence, permettez moi une question. Tantai Mieming, est une, ou deux personnes ? » Le lettré répondit : « deux personnes » « et ce Yaoshun, une personne ou deux ? » « Une personne bien sûr » Le moine rit et dit : « sur ces belles paroles, permettez que ce petit moinillon étende un peu ses jambes. »
Ces quelques notes ne sont que banalités et choses sans importance. Si mon collègue les avait un peu retenues, le petit moine n’aurait jamais étendu ses jambes. Aussi, les ai-je appelées Bateau de Nuit.
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dimanche 20 avril 2008
A une pauvre demeure - Liu Yuxi
Un célèbre passage des Tang.
陋室铭
刘禹锡
山不在高,有仙则名。水不在深,有龙则灵。斯是陋室,惟吾德馨。苔痕上阶绿,草色入帘青。谈笑有鸿儒,往来无白丁。可以调素琴,阅金经。无丝竹之乱耳,无案牍之劳形。南阳诸葛庐,西蜀子云亭。孔子云:“何陋之有?”
A une pauvre maison - Liu Yuxi
Cette montagne n’est pas haute
Mais des génies l’illustrent
Cette eau n’est pas profonde
Mais un dragon l’anime
Cette pauvre demeure
Seule ma vertu l’embaume
Moussue, aux marches vertes
Herbue, à l’huis bleuté
Y parlent, y rient de grand hommes
Nul n’y vient qui soit inconnu
On peut y pincer la cithare
Ou bien y lire des sutras
Nulle rengaine n’y dérange l’oreille
Nulle affaire n’y fatigue le corps
Telle la chaumière de Zhuge à Nanyang
Telle la demeure de Ziyun à Xishu
Comme le dit Confucius, pourrait elle être pauvre ?
陋室铭
刘禹锡
山不在高,有仙则名。水不在深,有龙则灵。斯是陋室,惟吾德馨。苔痕上阶绿,草色入帘青。谈笑有鸿儒,往来无白丁。可以调素琴,阅金经。无丝竹之乱耳,无案牍之劳形。南阳诸葛庐,西蜀子云亭。孔子云:“何陋之有?”
A une pauvre maison - Liu Yuxi
Cette montagne n’est pas haute
Mais des génies l’illustrent
Cette eau n’est pas profonde
Mais un dragon l’anime
Cette pauvre demeure
Seule ma vertu l’embaume
Moussue, aux marches vertes
Herbue, à l’huis bleuté
Y parlent, y rient de grand hommes
Nul n’y vient qui soit inconnu
On peut y pincer la cithare
Ou bien y lire des sutras
Nulle rengaine n’y dérange l’oreille
Nulle affaire n’y fatigue le corps
Telle la chaumière de Zhuge à Nanyang
Telle la demeure de Ziyun à Xishu
Comme le dit Confucius, pourrait elle être pauvre ?
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Liu Yuxi 劉禹錫 (772-842)
jeudi 17 avril 2008
Forêt d'anecdotes 6 - Wu Zixu et la perle
子 胥 出 走 , 邊 候 得 之 , 子 胥 曰 : 『 上 索 我 者 , 以 我 有 美 珠 也 。 今 我 已 亡 之 矣 , 我 且 曰 子 取 吞 之 。 』 候 因 釋 之 。
Wu Zixu était en fuite. Un garde frontière l'arrêta. Zixu dit : "le roi cherche à me prendre parce que je possède une belle perle. Je ne l'ai plus, aujourd'hui, mais je dirai que vous me l'avez prise et l'avez avalée." Le garde le relâcha.
Wu Zixu était en fuite. Un garde frontière l'arrêta. Zixu dit : "le roi cherche à me prendre parce que je possède une belle perle. Je ne l'ai plus, aujourd'hui, mais je dirai que vous me l'avez prise et l'avez avalée." Le garde le relâcha.
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Han Fei 韩非 (3e s. av JC)
Forêt d'anecdote 5 - La vertu des hégémons
晉 人 伐 邢 , 齊 桓 公 將 救 之 , 鮑 叔 曰 : 『 太 蚤 。 邢 不 亡 , 晉 不 敝 , 晉 不 敝 , 齊 不 重 。 且 夫 持 危 之 功 , 不 如 存 亡 之 德 大 。君 不 如 晚 救 之 以 敝 晉 , 齊 實 利 。 待 邢 亡 而 復 存 之 , 其 名 實 美 。 』 桓 公 乃 弗 救 。
Les gens de Jin avaient attaqué Xing, et le duc Huan de Qi s'apprêtait à le secourir. Bao Shu dit: "c'est trop tôt. Xing n'est pas détruit, et Jin n'est pas affaibli. Tant que Jin ne sera pas faible, vous ne l'emporterez pas. Par ailleurs, soutenir un état en danger n'est pas une action aussi noble que rétablir un pays détruit. Votre seigneurie ferait mieux d'attendre pour le secourir. Le Jin étant plus faible, cela profitera au Qi. Et, attendre que le Xing soit détruit pour ensuite le rétablir vous vaudra un renom plus grand." Le duc Huan ne secourut pas Xing.
Notes
Le duc Huan de Qi est le premier hégémon des printemps et automnes. A ce titre, il devait défendre les petits états, comme le Xing, contre les grands.
Les gens de Jin avaient attaqué Xing, et le duc Huan de Qi s'apprêtait à le secourir. Bao Shu dit: "c'est trop tôt. Xing n'est pas détruit, et Jin n'est pas affaibli. Tant que Jin ne sera pas faible, vous ne l'emporterez pas. Par ailleurs, soutenir un état en danger n'est pas une action aussi noble que rétablir un pays détruit. Votre seigneurie ferait mieux d'attendre pour le secourir. Le Jin étant plus faible, cela profitera au Qi. Et, attendre que le Xing soit détruit pour ensuite le rétablir vous vaudra un renom plus grand." Le duc Huan ne secourut pas Xing.
Notes
Le duc Huan de Qi est le premier hégémon des printemps et automnes. A ce titre, il devait défendre les petits états, comme le Xing, contre les grands.
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Han Fei 韩非 (3e s. av JC)
mercredi 16 avril 2008
Forêt d'anecdotes 4 - Arrogance
魏 惠 王 為 臼 里 之 盟 , 將 復 立 於 天 子 , 彭 喜 謂 鄭 君 曰 : 『 君 勿 聽 , 大 國 惡 有 天 子 , 小 國 利 之 。 若 君 與 大 不 聽 , 魏 焉 能 與 小 立 之 。 』
Comme le roi Hui de Wei avait mené la conférence de Jiuli, il avait l’intention de se faire également nommer fils du ciel. Peng Xi dit alors au Seigneur de Zheng : « N'en ayez cure. Les grands royaumes n’aiment pas être soumis à un empereur, alors que les petits s'en réjouissent. Si vous lui désobeissez comme un grand, comment Wei vous traiterait-il comme un petit ? »
Comme le roi Hui de Wei avait mené la conférence de Jiuli, il avait l’intention de se faire également nommer fils du ciel. Peng Xi dit alors au Seigneur de Zheng : « N'en ayez cure. Les grands royaumes n’aiment pas être soumis à un empereur, alors que les petits s'en réjouissent. Si vous lui désobeissez comme un grand, comment Wei vous traiterait-il comme un petit ? »
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