lundi 13 février 2017

Charles Bukowski - Tandis que j'agonise

Tandis que j'agonise

Il vient un temps où l’on s’enfonce
En-soi et vient un temps
Où il est plus facile
Plus innocent de mourir
Comme des bombardiers
Sur Santa Monica,
Et je me revois
Allongé sur le sable,
Moi-même à vingt ans,
Qui lisais Faulkner
Dont le nom me plaisait
vaguement excité
Par quelque chose
Qui n’était pas moi
Et refermais le livre
Et me sentais
Malade de la mer
Et du ciel
Bleu bleu bleu
Avec des points blancs,
Tout confus dans le piège
Et voulant en sortir
Tout en sachant
Que j’y étais pris
Comme les puces de sable
Que j’écrasais,
Et M. Faulkner
Couché sur son flanc
Immortel brûlant
Avec mes orteils
Et tout qui penchait
Et pas tout à fait
Vrai


2 commentaires:

Corinne Launay a dit…

Très joli texte.
C'est drôle, il me rappelle l'un de mes romans favoris : 'L'étranger' de Camus.
La plage, la lumière sans aucun doute, cette omniprésence de bleu et le temps qui s'écoule...

Merci François ! ;-)

Anonyme a dit…

Bonjour François,

je suis Clesarid, du forum Chine Nouvelle. Je me permets de t'écrire via ton blog pour reprendre contact.
J'ai une certaine nostalgie des échanges qu'un certain nombre d'entre nous avions sur ce forum de Chine Nouvelle et aimerais réactiver les liens sous la forme d'un nouveau forum que nous pourrions créer, peut-être un peu plus privatif. Serais-tu intéressé, et as-tu encore le moyen de contacter certains des habitués du forum? Aurais-tu une adresse email à laquelle je pourrais t'écrire ?

Clesarid