回 归
不要睡去,不要
亲爱的,路还很长
不要靠近森林的诱惑
不要失掉希望
请用凉凉的雪水
把地址写在手上
或是靠着我的肩膀
度过朦胧的晨光
撩开透明的暴风雨
我们就会到达家乡
一片圆形的绿地
铺在古塔近旁
我将在那儿
守护你疲倦的梦想
赶开一群群黑夜
只留下铜鼓和太阳
在古塔的另一边
有许多细小的海浪
悄悄爬上沙岸
收集着颤动的音响……
Retour
Reste éveillée, reste
Mon amour, la route est longue encor
N’écoute pas l’appel de la forêt
Ne perd pas l’espoir
Avec l’eau froide de la neige
Dans ta main écris l’adresse
Ou appuyée sur mon épaule
Passons la brume de l’aube
Derrière le voile de l’orage
Nous arriverons au pays
Cette terre verte et ronde
Qui s’étend au pied de la tour
Là bas,
Je veillerai tes rêves fourbus
Je chasserai toutes ces nuits
Je te laisserai tambours et soleils
De l’autre coté de la tour
Il y aura de petites vagues
Muettes, s’accrochant à la plage
Amassant leur musique tremblante
samedi 19 décembre 2009
mardi 15 décembre 2009
Kong Shao'an - Feuille morte
孔绍安
落叶
早秋惊落叶,
飘零似客心。
翻飞未肯下,
犹言惜故林。
Feuille morte
Surprise par l’automne une feuille envolée
Flotte de çà de là comme un cœur étranger
Tourbillonne au hasard sans vouloir se poser
Et quitte tristement son ancienne forêt
落叶
早秋惊落叶,
飘零似客心。
翻飞未肯下,
犹言惜故林。
Feuille morte
Surprise par l’automne une feuille envolée
Flotte de çà de là comme un cœur étranger
Tourbillonne au hasard sans vouloir se poser
Et quitte tristement son ancienne forêt
Libellés :
Kong Shao'an (577-622)
mercredi 9 décembre 2009
Carl Sandburg - Prière d'après la guerre mondiale
Prayer after world war
Wandering oversea dreamer,
Hunting and hoarse, Oh daughter and mother,
Oh daughter of ashes and mother of blood,
Child of the hair let down, and tears,
Child of the cross in the south
And the star in the north,
Keeper of Egypt and Russia and France,
Keeper of England and Poland and Spain,
Make us a song for to-morrow.
Make us one new dream, us who forget,
Out of the storm let us have one star.
Struggle, Oh anvils, and help her.
Weave with your wool, Oh winds and skies.
Let your iron and copper help,
Oh dirt of the old dark earth.
Wandering oversea singer,
Singing of ashes and blood,
Child of the scars of fire,
Make us one new dream, us who forget.
Out of the storm let us have one star.
Prière après la guerre mondiale
Rêveur dérivant sur la mer
Chassant enroué, O fille et mère
Fille de cendre, mère de sang
Enfant aux cheveux défaits, et larmes
Enfant de la croix dans le sud
Et de l’étoile dans le nord
Gardien de l’Egypte, de la Russie et de la France
Gardien de l’Angleterre, de la Pologne et de l’Espagne
Fais- nous une chanson, pour les lendemains
Fais nous un nouveau rêve, nous qui oublions
Au sortir de l’orage, donne-nous une étoile.
Luttez, enclûmes, et aidez la.
Filez votre laine, vents et ciels
De votre fer, de votre cuivre, aidez
Poussière de cette vieille terre sombre.
Chanteur dérivant sur la mer
Chantant les cendres et le sang
Enfant des blessures de feu
Fais nous un nouveau rêve, nous qui oublions
Au sortir de l’orage, donne-nous une étoile.
Wandering oversea dreamer,
Hunting and hoarse, Oh daughter and mother,
Oh daughter of ashes and mother of blood,
Child of the hair let down, and tears,
Child of the cross in the south
And the star in the north,
Keeper of Egypt and Russia and France,
Keeper of England and Poland and Spain,
Make us a song for to-morrow.
Make us one new dream, us who forget,
Out of the storm let us have one star.
Struggle, Oh anvils, and help her.
Weave with your wool, Oh winds and skies.
Let your iron and copper help,
Oh dirt of the old dark earth.
Wandering oversea singer,
Singing of ashes and blood,
Child of the scars of fire,
Make us one new dream, us who forget.
Out of the storm let us have one star.
Prière après la guerre mondiale
Rêveur dérivant sur la mer
Chassant enroué, O fille et mère
Fille de cendre, mère de sang
Enfant aux cheveux défaits, et larmes
Enfant de la croix dans le sud
Et de l’étoile dans le nord
Gardien de l’Egypte, de la Russie et de la France
Gardien de l’Angleterre, de la Pologne et de l’Espagne
Fais- nous une chanson, pour les lendemains
Fais nous un nouveau rêve, nous qui oublions
Au sortir de l’orage, donne-nous une étoile.
Luttez, enclûmes, et aidez la.
Filez votre laine, vents et ciels
De votre fer, de votre cuivre, aidez
Poussière de cette vieille terre sombre.
Chanteur dérivant sur la mer
Chantant les cendres et le sang
Enfant des blessures de feu
Fais nous un nouveau rêve, nous qui oublions
Au sortir de l’orage, donne-nous une étoile.
Libellés :
anglais,
Carl Sandburg (1878-1967)
Carl Sandburg - Statistiques
Statistics
Napoleon shifted,
Restless in the old sarcophagus
And murmured to a watchguard:
"Who goes there?"
"Twenty-one million men,
Soldiers, armies, guns,
Twenty-one million
Afoot, horseback,
In the air,
Under the sea."
And Napoleon turned to his sleep:
"It is not my world answering;
It is some dreamer who knows not
The world I marched in
From Calais to Moscow."
And he slept on
In the old sarcophagus
While the aeroplanes
Droned their motors
Between Napoleon's mausoleum
And the cool night stars.
Statistiques
Napoléon se retourna
Gêné dans son vieux sarcophage
Et murmura à un gardien
« Qui va là ? »
« Vingt et un million d’hommes,
Soldats, armées, canons,
Vingt et un million
A pied, à cheval
Dans les airs,
Et sous la mer. »
Napoléon se rendormit :
« Ce n’est pas mon monde qui répond ;
Ce n’est qu’un rêve qui ne sait pas
Ce monde où j’ai marché
De Calais à Moscou. »
Il se rendort
Dans le vieux sarcophage
Tandis que les aéroplanes
Ronronnent dans la nuit,
Entre le tombeau de Napoléon
Et les froides étoiles
Napoleon shifted,
Restless in the old sarcophagus
And murmured to a watchguard:
"Who goes there?"
"Twenty-one million men,
Soldiers, armies, guns,
Twenty-one million
Afoot, horseback,
In the air,
Under the sea."
And Napoleon turned to his sleep:
"It is not my world answering;
It is some dreamer who knows not
The world I marched in
From Calais to Moscow."
And he slept on
In the old sarcophagus
While the aeroplanes
Droned their motors
Between Napoleon's mausoleum
And the cool night stars.
Statistiques
Napoléon se retourna
Gêné dans son vieux sarcophage
Et murmura à un gardien
« Qui va là ? »
« Vingt et un million d’hommes,
Soldats, armées, canons,
Vingt et un million
A pied, à cheval
Dans les airs,
Et sous la mer. »
Napoléon se rendormit :
« Ce n’est pas mon monde qui répond ;
Ce n’est qu’un rêve qui ne sait pas
Ce monde où j’ai marché
De Calais à Moscou. »
Il se rendort
Dans le vieux sarcophage
Tandis que les aéroplanes
Ronronnent dans la nuit,
Entre le tombeau de Napoléon
Et les froides étoiles
Libellés :
anglais,
Carl Sandburg (1878-1967)
jeudi 3 décembre 2009
Wilhelm Muller - Le Tilleul
Le tilleul
Au puits, devant la porte
Se tient un grand tilleul
J’ai rêvé dans son ombre
Des rêves merveilleux
J’ai gravé sur son tronc
Tous mes mots d’amoureux
Dans la joie, dans la peine
Toujours il me rappelle
Ce soir, j’ai dû passer
Près de lui, dans la nuit
Et même dans ce noir
J’ai dû fermer les yeux
Ses branches chuchotaient
Comme si elles m’appelaient
Près de moi mon ami
Tu trouveras la paix
Le vent soufflait, glacial
Tout droit sur mon visage
Mon chapeau s’envola
Je ne l’ai pas ramassé
Et maintenant une heure
Après l’avoir laissé
Je l’entends qui chuchote
Tu trouveras la paix
Der Lindenbaum
Am Brunnen vor dem Tore
Da steht ein Lindenbaum:
Ich träumt in seinem Schatten
So manchen süßen Traum.
Ich schnitt in seine Rinde
So manches liebe Wort;
Es zog in Freud und Leide
Zu ihm mich immer fort.
Ich mußt auch heute wandern
Vorbei in tiefer Nacht,
Da hab ich noch im Dunkel
Die Augen zugemacht.
Und seine Zweige rauschten,
Als riefen sie mir zu:
Komm her zu mir, Geselle,
Hier findst du deine Ruh!
Die kalten Winde bliesen
Mir grad ins Angesicht,
Der Hut flog mir vom Kopfe,
Ich wendete mich nicht.
Nun bin ich manche Stunde
Entfernt von jenem Ort,
Und immer hör ich´s rauschen:
Du fändest Ruhe dort!
Au puits, devant la porte
Se tient un grand tilleul
J’ai rêvé dans son ombre
Des rêves merveilleux
J’ai gravé sur son tronc
Tous mes mots d’amoureux
Dans la joie, dans la peine
Toujours il me rappelle
Ce soir, j’ai dû passer
Près de lui, dans la nuit
Et même dans ce noir
J’ai dû fermer les yeux
Ses branches chuchotaient
Comme si elles m’appelaient
Près de moi mon ami
Tu trouveras la paix
Le vent soufflait, glacial
Tout droit sur mon visage
Mon chapeau s’envola
Je ne l’ai pas ramassé
Et maintenant une heure
Après l’avoir laissé
Je l’entends qui chuchote
Tu trouveras la paix
Der Lindenbaum
Am Brunnen vor dem Tore
Da steht ein Lindenbaum:
Ich träumt in seinem Schatten
So manchen süßen Traum.
Ich schnitt in seine Rinde
So manches liebe Wort;
Es zog in Freud und Leide
Zu ihm mich immer fort.
Ich mußt auch heute wandern
Vorbei in tiefer Nacht,
Da hab ich noch im Dunkel
Die Augen zugemacht.
Und seine Zweige rauschten,
Als riefen sie mir zu:
Komm her zu mir, Geselle,
Hier findst du deine Ruh!
Die kalten Winde bliesen
Mir grad ins Angesicht,
Der Hut flog mir vom Kopfe,
Ich wendete mich nicht.
Nun bin ich manche Stunde
Entfernt von jenem Ort,
Und immer hör ich´s rauschen:
Du fändest Ruhe dort!
Libellés :
Wilhelm Muller (1794-1824)
samedi 7 novembre 2009
Bei Dao - Tout
Tout
Tout n’est que destin
Tout n’est que brume
Tout est début sans fin
Tout est vaine recherche
Toutes les joies sont sans sourire
Toutes les douleurs sans larmes
Toutes les paroles sont redites
Toutes les retrouvailles rencontres
Toutes les amours sont dans nos coeurs
Tous les passés sont dans nos rêves
Tous les espoirs portent leur explication
Toutes les convictions leurs gémissements
Toutes les explosions ont un instant de calme
Toutes les morts, un lourd écho
一切
一切都是命运
一切都是烟云
一切都是没有结局的开始
一切都是稍纵即逝的追寻
一切欢乐都没有微笑
一切苦难都没有泪痕
一切语言都是重复
一切交往都是初逢
一切爱情都在心里
一切往事都在梦中
一切希望都带着注释
一切信仰都带着呻吟
一切爆发都有片刻的宁静
一切死亡都有冗长的回声
Tout n’est que destin
Tout n’est que brume
Tout est début sans fin
Tout est vaine recherche
Toutes les joies sont sans sourire
Toutes les douleurs sans larmes
Toutes les paroles sont redites
Toutes les retrouvailles rencontres
Toutes les amours sont dans nos coeurs
Tous les passés sont dans nos rêves
Tous les espoirs portent leur explication
Toutes les convictions leurs gémissements
Toutes les explosions ont un instant de calme
Toutes les morts, un lourd écho
一切
一切都是命运
一切都是烟云
一切都是没有结局的开始
一切都是稍纵即逝的追寻
一切欢乐都没有微笑
一切苦难都没有泪痕
一切语言都是重复
一切交往都是初逢
一切爱情都在心里
一切往事都在梦中
一切希望都带着注释
一切信仰都带着呻吟
一切爆发都有片刻的宁静
一切死亡都有冗长的回声
Libellés :
Bei Dao 北岛 (1949-),
chinois (moderne)
jeudi 5 novembre 2009
WH Auden - Funeral Blues
Arrêtez les pendules, coupez le téléphone
D’un gros os bien juteux faites taire le chien
Muselez les pianos, qu’un tambour étouffé
Emmène le cercueil, qu’entrent les éplorés
Que dans le ciel tournoient des avions gémissants
Qu’ils écrivent là haut ce message : Il est Mort
Que l’on ceigne de crèpe le cou des tourterelles
Qu’aux carrefours les agents portent des gants noirs
Il était mon nord, mon sud, mon est et mon ouest
Ma semaine de travail, mon repos du dimanche
Mon midi, mon minuit, ma parole et mon chant
Je croyais qu’on s’aimait pour toujours, j’avais tort
Qu’importent les étoiles maintenant, mouchez les
Allez ranger la lune, démontez le soleil
Videz les océans, balayez les forêts
Plus rien de bon ne peut advenir désormais
Stop all the clocks, cut off the telephone,
Prevent the dog from barking with a juicy bone,
Silence the pianos and with muffled drum
Bring out the coffin, let the mourners come.
Let aeroplanes circle moaning overhead
Scribbling on the sky the message He Is Dead,
Put crêpe bows round the white necks of the public doves,
Let the traffic policemen wear black cotton gloves.
He was my North, my South, my East and West,
My working week and my Sunday rest,
My noon, my midnight, my talk, my song;
I thought that love would last for ever: I was wrong.
The stars are not wanted now: put out every one;
Pack up the moon and dismantle the sun;
Pour away the ocean and sweep up the wood.
For nothing now can ever come to any good.
D’un gros os bien juteux faites taire le chien
Muselez les pianos, qu’un tambour étouffé
Emmène le cercueil, qu’entrent les éplorés
Que dans le ciel tournoient des avions gémissants
Qu’ils écrivent là haut ce message : Il est Mort
Que l’on ceigne de crèpe le cou des tourterelles
Qu’aux carrefours les agents portent des gants noirs
Il était mon nord, mon sud, mon est et mon ouest
Ma semaine de travail, mon repos du dimanche
Mon midi, mon minuit, ma parole et mon chant
Je croyais qu’on s’aimait pour toujours, j’avais tort
Qu’importent les étoiles maintenant, mouchez les
Allez ranger la lune, démontez le soleil
Videz les océans, balayez les forêts
Plus rien de bon ne peut advenir désormais
Stop all the clocks, cut off the telephone,
Prevent the dog from barking with a juicy bone,
Silence the pianos and with muffled drum
Bring out the coffin, let the mourners come.
Let aeroplanes circle moaning overhead
Scribbling on the sky the message He Is Dead,
Put crêpe bows round the white necks of the public doves,
Let the traffic policemen wear black cotton gloves.
He was my North, my South, my East and West,
My working week and my Sunday rest,
My noon, my midnight, my talk, my song;
I thought that love would last for ever: I was wrong.
The stars are not wanted now: put out every one;
Pack up the moon and dismantle the sun;
Pour away the ocean and sweep up the wood.
For nothing now can ever come to any good.
Libellés :
anglais,
WH Auden (1907-1973)
mercredi 28 octobre 2009
John Mc Crae - Dans les plaines des Flandres
Dans les plaines des Flandres poussent les coquelicots
Au milieu des croix, rang après rang, fanaux
Qui indiquent nos postes, alors que dans le ciel
Les alouettes, chantant bravement, s’envolent
Inaudibles rumeurs, dans l’écho des canons
Nous sommes les cadavres, il y a quelques jours
Nous étions là, petits matins, dans le couchant
Nous aimions, étions aimés, et maintenant
Nous sommes morts,
Dans les plaines des Flandres.
Notre combat, nos ennemis, nous vous léguons
Recevez les, d‘une main lasse nous tendons
Ce flambeau, puisssiez vous le défendre
Si vous nous trahissez, qui mourons,
Jamais plus nous ne pourrons
Reposer, quand poussent les coquelicots
Dans les plaines des Flandres
In Flanders fields the poppies blow
Between the crosses, row on row,
That mark our place; and in the sky
The larks, still bravely singing, fly
Scarce heard amid the guns below.
We are the dead. Short days ago
We lived, felt dawn, saw sunset glow,
Loved, and were loved, and now we lie
In Flanders fields.
Take up our quarrel with the foe:
To you from failing hands we throw
The torch; be yours to hold it high.
If ye break faith with us who die
We shall not sleep, though poppies grow
In Flanders fields.
Au milieu des croix, rang après rang, fanaux
Qui indiquent nos postes, alors que dans le ciel
Les alouettes, chantant bravement, s’envolent
Inaudibles rumeurs, dans l’écho des canons
Nous sommes les cadavres, il y a quelques jours
Nous étions là, petits matins, dans le couchant
Nous aimions, étions aimés, et maintenant
Nous sommes morts,
Dans les plaines des Flandres.
Notre combat, nos ennemis, nous vous léguons
Recevez les, d‘une main lasse nous tendons
Ce flambeau, puisssiez vous le défendre
Si vous nous trahissez, qui mourons,
Jamais plus nous ne pourrons
Reposer, quand poussent les coquelicots
Dans les plaines des Flandres
In Flanders fields the poppies blow
Between the crosses, row on row,
That mark our place; and in the sky
The larks, still bravely singing, fly
Scarce heard amid the guns below.
We are the dead. Short days ago
We lived, felt dawn, saw sunset glow,
Loved, and were loved, and now we lie
In Flanders fields.
Take up our quarrel with the foe:
To you from failing hands we throw
The torch; be yours to hold it high.
If ye break faith with us who die
We shall not sleep, though poppies grow
In Flanders fields.
Libellés :
anglais,
John Mc Crae (1872-1918)
Yu Jian - A une poétesse
致一位诗人
多年以后
我们面对面
坐在一个房间
开始点烟
你的声音已经生锈
斑斑驳驳落在地上
却渴望被我拾起
再获得青铜的光泽
我沉默不语
无话找话 是一件很痛苦的事情
那一日已经远去
我不知道你的电话号码
那一日我曾经失眠
那那生命中少有的时刻
如果沿着那一日走近你
我们会相处一生
世界已建筑得如此坚固
让我们彬彬有礼地告辞吧
回到各自的房间
像墙壁那样 彼此站立
这样要习惯得多
A une poètesse
Longtemps après
Nous nous sommes revus
Assis dans cette chambre
Cigarettes allumées
Ta voix déjà éraillée
Sur le sol éparpillée
Avide d’être ramassée
Reprise, dans la lumière cuivrée
Mais je n’ai rien dit
Silence contre parole, c’est terrible
Ce jour là, je suis parti
Oublié ton numéro
Ce jour là j’ai perdu le sommeil
Et tous ces moments rares
Si j’étais resté, ce jour là, près de toi
C’aurait été pour toute la vie
Le monde a bâti tant de murs
Poliment se dire adieu
Rentrer chacun dans sa chambre
En voisins, de part et d’autre
Par habitude
多年以后
我们面对面
坐在一个房间
开始点烟
你的声音已经生锈
斑斑驳驳落在地上
却渴望被我拾起
再获得青铜的光泽
我沉默不语
无话找话 是一件很痛苦的事情
那一日已经远去
我不知道你的电话号码
那一日我曾经失眠
那那生命中少有的时刻
如果沿着那一日走近你
我们会相处一生
世界已建筑得如此坚固
让我们彬彬有礼地告辞吧
回到各自的房间
像墙壁那样 彼此站立
这样要习惯得多
A une poètesse
Longtemps après
Nous nous sommes revus
Assis dans cette chambre
Cigarettes allumées
Ta voix déjà éraillée
Sur le sol éparpillée
Avide d’être ramassée
Reprise, dans la lumière cuivrée
Mais je n’ai rien dit
Silence contre parole, c’est terrible
Ce jour là, je suis parti
Oublié ton numéro
Ce jour là j’ai perdu le sommeil
Et tous ces moments rares
Si j’étais resté, ce jour là, près de toi
C’aurait été pour toute la vie
Le monde a bâti tant de murs
Poliment se dire adieu
Rentrer chacun dans sa chambre
En voisins, de part et d’autre
Par habitude
Libellés :
chinois (moderne),
Yu Jian 于坚 (1954-)
samedi 10 octobre 2009
Su Shi - Combien de fois sous la lune
Combien de fois sous la lune,
Une coupe à la main j’interrogeai le firmament
Ne sachant pas, dans les palais célestes, quelle année on était
Je voulais partir à cheval sur le vent, mais j’avais peur,
Des pavillons d’or, des maisons de jade
Du froid glacial de ces hauts lieux,
De ces ombres qui dansent, inhumaines
Tourné vers ce palais, vers ses belles fenêtres,
Qui illuminent mon éveil
Insensibles, parfois grandes, parfois rondes
L’homme est joyeux et triste, seul et aimé,
La lune est sombre et claire, ronde et voilée
Rien ne s’accomplit jamais
Si seulement la vie était longue
A mille lieues, avec Phoebé
明月幾時有 把酒問青天
不知天上宮闕 今夕是何年
我欲乘風歸去 唯恐瓊樓玉宇
高處不勝寒 起舞弄清影 何似在人間
轉朱閣低綺戶照無眠
不應有恨何事長向別時圓
人有悲歡離合 月有陰晴圓缺
此事古難全 但願人長久
千里共嬋娟
Une coupe à la main j’interrogeai le firmament
Ne sachant pas, dans les palais célestes, quelle année on était
Je voulais partir à cheval sur le vent, mais j’avais peur,
Des pavillons d’or, des maisons de jade
Du froid glacial de ces hauts lieux,
De ces ombres qui dansent, inhumaines
Tourné vers ce palais, vers ses belles fenêtres,
Qui illuminent mon éveil
Insensibles, parfois grandes, parfois rondes
L’homme est joyeux et triste, seul et aimé,
La lune est sombre et claire, ronde et voilée
Rien ne s’accomplit jamais
Si seulement la vie était longue
A mille lieues, avec Phoebé
明月幾時有 把酒問青天
不知天上宮闕 今夕是何年
我欲乘風歸去 唯恐瓊樓玉宇
高處不勝寒 起舞弄清影 何似在人間
轉朱閣低綺戶照無眠
不應有恨何事長向別時圓
人有悲歡離合 月有陰晴圓缺
此事古難全 但願人長久
千里共嬋娟
Libellés :
Su Shi 蘇轼 (1037-1101)
vendredi 9 octobre 2009
WH Auden - Musée des Beaux Arts
Musée des Beaux Arts
En matière de souffrance, ils n’avaient jamais tort,
Les Vieux Maîtres, ils connaissaient trop bien
Son caractère humain, comme elle se produit
Pendant que quelqu’un mange, ou ouvre une fenêtre, ou seulement se promène
Comme, quand les anciens recueillis, passionnés, attendent
La naissance miraculeuse, il y a toujours
Des enfants qui n’en ont pas spécialement envie, et qui patinent
Sur un étang, à l’orée d’un bois
Ils n’oubliaient jamais
Que même le terrible martyr s’accomplit
Pendant que dans un coin, un endroit sale
Les chiens vivent leur vie de chien, et le cheval du bourreau
Frotte son innocent derrière contre un arbre
Dans l’Icare de Breughel, par exemple : comme chaque chose fuit
Joyeusement, le désastre. Le laboureur a peut être
Entendu le choc, le cri de désespoir
Mais ce n’est pas, pour lui, une catastrophe, le soleil brillait
Comme il devait, jambes blanches s’enfonçant dans l’eau
Verte ; et la riche et délicate nef, qui a dû voir
Un prodige, un garçon tombant du ciel
Avait un port à rallier, et voguait tranquillement
Musee des Beaux Arts
About suffering they were never wrong,
The Old Masters; how well, they understood
Its human position; how it takes place
While someone else is eating or opening a window or just walking dully along;
How, when the aged are reverently, passionately waiting
For the miraculous birth, there always must be
Children who did not specially want it to happen, skating
On a pond at the edge of the wood:
They never forgot
That even the dreadful martyrdom must run its course
Anyhow in a corner, some untidy spot
Where the dogs go on with their doggy life and the torturer's horse
Scratches its innocent behind on a tree.
In Breughel's Icarus, for instance: how everything turns away
Quite leisurely from the disaster; the ploughman may
Have heard the splash, the forsaken cry,
But for him it was not an important failure; the sun shone
As it had to on the white legs disappearing into the green
Water; and the expensive delicate ship that must have seen
Something amazing, a boy falling out of the sky,
had somewhere to get to and sailed calmly on.
En matière de souffrance, ils n’avaient jamais tort,
Les Vieux Maîtres, ils connaissaient trop bien
Son caractère humain, comme elle se produit
Pendant que quelqu’un mange, ou ouvre une fenêtre, ou seulement se promène
Comme, quand les anciens recueillis, passionnés, attendent
La naissance miraculeuse, il y a toujours
Des enfants qui n’en ont pas spécialement envie, et qui patinent
Sur un étang, à l’orée d’un bois
Ils n’oubliaient jamais
Que même le terrible martyr s’accomplit
Pendant que dans un coin, un endroit sale
Les chiens vivent leur vie de chien, et le cheval du bourreau
Frotte son innocent derrière contre un arbre
Dans l’Icare de Breughel, par exemple : comme chaque chose fuit
Joyeusement, le désastre. Le laboureur a peut être
Entendu le choc, le cri de désespoir
Mais ce n’est pas, pour lui, une catastrophe, le soleil brillait
Comme il devait, jambes blanches s’enfonçant dans l’eau
Verte ; et la riche et délicate nef, qui a dû voir
Un prodige, un garçon tombant du ciel
Avait un port à rallier, et voguait tranquillement
Musee des Beaux Arts
About suffering they were never wrong,
The Old Masters; how well, they understood
Its human position; how it takes place
While someone else is eating or opening a window or just walking dully along;
How, when the aged are reverently, passionately waiting
For the miraculous birth, there always must be
Children who did not specially want it to happen, skating
On a pond at the edge of the wood:
They never forgot
That even the dreadful martyrdom must run its course
Anyhow in a corner, some untidy spot
Where the dogs go on with their doggy life and the torturer's horse
Scratches its innocent behind on a tree.
In Breughel's Icarus, for instance: how everything turns away
Quite leisurely from the disaster; the ploughman may
Have heard the splash, the forsaken cry,
But for him it was not an important failure; the sun shone
As it had to on the white legs disappearing into the green
Water; and the expensive delicate ship that must have seen
Something amazing, a boy falling out of the sky,
had somewhere to get to and sailed calmly on.
Libellés :
anglais,
WH Auden (1907-1973)
dimanche 4 octobre 2009
WH Auden - Foxtrot
Foxtrot
Le soldat aime son fusil
Le savant aime ses livres
Le fermier aime ses chevaux
L’actrice aime ses sourires
L’amour est partout en ce monde
Où que l’on puisse aller
Certains perdent la tête pour la jolie Mae West
Mais tu es ma tasse de thé
On parle d’Alexandre
Ou bien de Fred Astaire
On veut ses héros chevelus
Ou alors débonnaires
Certains aiment les aides de camps
Et d’autres les curés
Certains aiment les brutes qui les maltraitent
Mais tu es ma tasse de thé
Il y a des fous de fox terriers
Des dingues de pékinois
De chats de gouttières, de perroquets
De cochons d’inde et même d’oies
Il y a des malades dans les asiles
Qui se prennent pour des marronniers
J’ai eu une vieille tante qui adorait une plante
Mais tu es ma tasse de thé
Il y a des ventres qui pendent
Et des nez épatés
Il y a des orteils en rateau
Et des rates dilatées
Il y a la crampe de l’écrivain
La maladie de la lavandière
Il y a aussi des choses qui ne sentent pas la rose
Mais tu es ma tasse de thé
Le merle aime le ver
La vipère le soleil
L’ours polaire aime son iceberg
L’éléphant son pâté
La truite aime sa rivière
La baleine sa mer
Et les chiens préfèrent les vieux réverbères
Mais tu es ma tasse de thé
FOXTROT FROM A PLAY
The soldier loves his rifle,
The scholar loves his books,
The farmer loves his horses,
The film star loves her looks.
There’s love the whole world over
Wherever you may be;
Some lose their rest for gay Mae West,
But you’re my cup of tea.
Some talk of Alexander
And some of Fred Astaire,
Some like their heroes hairy
Some like them debonair,
Some prefer a curate
And some an A.D.C.,
Some like a tough to treat’em rough,
But you’re my cup of tea.
Some are mad on Airedales
And some on Pekinese,
On tabby cats or parrots
Or guinea pigs or geese.
There are patients in asylums
Who think that they’re a tree;
I had an aunt who loved a plant,
But you’re my cup of tea.
Some have sagging waistlines
And some a bulbous nose
And some a floating kidney
And some have hammer toes,
Some have tennis elbow
And some have housemaid’s knee,
And some I know have got B.O.,
But you’re my cup of tea.
The blackbird loves the earthworm,
The adder loves the sun,
The polar bear an iceberg,
The elephant a bun,
The trout enjoys the river,
The whale enjoys the sea,
And dogs love most an old lamp-post,
But you’re my cup of tea.
Le soldat aime son fusil
Le savant aime ses livres
Le fermier aime ses chevaux
L’actrice aime ses sourires
L’amour est partout en ce monde
Où que l’on puisse aller
Certains perdent la tête pour la jolie Mae West
Mais tu es ma tasse de thé
On parle d’Alexandre
Ou bien de Fred Astaire
On veut ses héros chevelus
Ou alors débonnaires
Certains aiment les aides de camps
Et d’autres les curés
Certains aiment les brutes qui les maltraitent
Mais tu es ma tasse de thé
Il y a des fous de fox terriers
Des dingues de pékinois
De chats de gouttières, de perroquets
De cochons d’inde et même d’oies
Il y a des malades dans les asiles
Qui se prennent pour des marronniers
J’ai eu une vieille tante qui adorait une plante
Mais tu es ma tasse de thé
Il y a des ventres qui pendent
Et des nez épatés
Il y a des orteils en rateau
Et des rates dilatées
Il y a la crampe de l’écrivain
La maladie de la lavandière
Il y a aussi des choses qui ne sentent pas la rose
Mais tu es ma tasse de thé
Le merle aime le ver
La vipère le soleil
L’ours polaire aime son iceberg
L’éléphant son pâté
La truite aime sa rivière
La baleine sa mer
Et les chiens préfèrent les vieux réverbères
Mais tu es ma tasse de thé
FOXTROT FROM A PLAY
The soldier loves his rifle,
The scholar loves his books,
The farmer loves his horses,
The film star loves her looks.
There’s love the whole world over
Wherever you may be;
Some lose their rest for gay Mae West,
But you’re my cup of tea.
Some talk of Alexander
And some of Fred Astaire,
Some like their heroes hairy
Some like them debonair,
Some prefer a curate
And some an A.D.C.,
Some like a tough to treat’em rough,
But you’re my cup of tea.
Some are mad on Airedales
And some on Pekinese,
On tabby cats or parrots
Or guinea pigs or geese.
There are patients in asylums
Who think that they’re a tree;
I had an aunt who loved a plant,
But you’re my cup of tea.
Some have sagging waistlines
And some a bulbous nose
And some a floating kidney
And some have hammer toes,
Some have tennis elbow
And some have housemaid’s knee,
And some I know have got B.O.,
But you’re my cup of tea.
The blackbird loves the earthworm,
The adder loves the sun,
The polar bear an iceberg,
The elephant a bun,
The trout enjoys the river,
The whale enjoys the sea,
And dogs love most an old lamp-post,
But you’re my cup of tea.
Libellés :
anglais,
WH Auden (1907-1973)
vendredi 18 septembre 2009
Haizi - L'aubépine
山楂树
今夜我不会遇见你
今夜我遇见了世上的一切
但不会遇见你。
一棵夏季最后
火红的山楂树
象一辆高大女神的自行车
象一女孩 畏惧群山
呆呆站在门口
她不会向我
跑来!
我走过黄昏
象风吹向远处的平原
我将在暮色中抱住一棵孤独的树干
山楂树! 一闪而过 啊! 山楂
我要在你的乳房下坐到天亮。
又小又美丽的山楂的乳房
在高大女神的自行车上
在农奴的手上
在夜晚就要熄灭
L’aubépine
Cette nuit je ne te verrai pas
Cette nuit je verrai tout le monde
Mais je ne te verrai pas.
Dans l’été qui s’achève
Une aubépine flamboyante
Comme le vélo d’une déesse
Comme une petite fille, qui a peur des montagnes
Et se tient, toute bête, devant la porte
Mais jamais vers moi
N’accourt !
J'ai traversé le crépuscule
Comme le vent qui souffle vers les plaines lointaines
Dans le couchant, j’embrasserai ce tronc solitaire
Aubépine ! Eclair éphémère ! Aubépine
Sous tes seins, j’attendrai l’aube
Petits, jolis, seins d’aubépine
Sur le vélo de la grande déesse
Dans les mains de l’esclave
Dans le soir qui s’éteint.
今夜我不会遇见你
今夜我遇见了世上的一切
但不会遇见你。
一棵夏季最后
火红的山楂树
象一辆高大女神的自行车
象一女孩 畏惧群山
呆呆站在门口
她不会向我
跑来!
我走过黄昏
象风吹向远处的平原
我将在暮色中抱住一棵孤独的树干
山楂树! 一闪而过 啊! 山楂
我要在你的乳房下坐到天亮。
又小又美丽的山楂的乳房
在高大女神的自行车上
在农奴的手上
在夜晚就要熄灭
L’aubépine
Cette nuit je ne te verrai pas
Cette nuit je verrai tout le monde
Mais je ne te verrai pas.
Dans l’été qui s’achève
Une aubépine flamboyante
Comme le vélo d’une déesse
Comme une petite fille, qui a peur des montagnes
Et se tient, toute bête, devant la porte
Mais jamais vers moi
N’accourt !
J'ai traversé le crépuscule
Comme le vent qui souffle vers les plaines lointaines
Dans le couchant, j’embrasserai ce tronc solitaire
Aubépine ! Eclair éphémère ! Aubépine
Sous tes seins, j’attendrai l’aube
Petits, jolis, seins d’aubépine
Sur le vélo de la grande déesse
Dans les mains de l’esclave
Dans le soir qui s’éteint.
Libellés :
chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
jeudi 17 septembre 2009
Gu Cheng - Biographie
Biographie
Je suis un enfant triste
Qui n’a jamais grandi
Des plaines et des lacs
Venu du nord, le long d’un
Chemin tout blanc, jusqu’à
Ces villes pleines d’engrenages
Jusqu’à ces ruelles étroites
Cabanes et cœurs si lourds
Dans ces brumes blafardes
Toujours racontant
Ses histoires vertes
Je crois en mon auditoire
– L'espace, et ces gouttes
Qui éclaboussent la mer
Qu'elles me recouvrent tout entier
Recouvent mon introuvable
Tombe. Et je sais
Qu’alors, les herbes et les fleurs
Toutes se presseront
Sous les éclairs pâles des lampes
Pour doucement embrasser
Ma tristesse
(1980)
简历
我是一个悲哀的孩子
始终没有长大
我从北方的草滩上
走出,沿着一条
发白的路,走进
布满齿轮的城市
走进狭小的街巷
板棚, 每颗低低的心
在一片淡漠的烟中
继续讲绿色的故事
我相信我的听众
——天空,还有
海上迸溅的水滴
它们将复盖我的一切
复盖那无法寻找的
坟墓。我知道
那时,所有的草和小花
都会围拢
在灯光暗淡的一瞬
轻轻地亲吻我的悲哀
Je suis un enfant triste
Qui n’a jamais grandi
Des plaines et des lacs
Venu du nord, le long d’un
Chemin tout blanc, jusqu’à
Ces villes pleines d’engrenages
Jusqu’à ces ruelles étroites
Cabanes et cœurs si lourds
Dans ces brumes blafardes
Toujours racontant
Ses histoires vertes
Je crois en mon auditoire
– L'espace, et ces gouttes
Qui éclaboussent la mer
Qu'elles me recouvrent tout entier
Recouvent mon introuvable
Tombe. Et je sais
Qu’alors, les herbes et les fleurs
Toutes se presseront
Sous les éclairs pâles des lampes
Pour doucement embrasser
Ma tristesse
(1980)
简历
我是一个悲哀的孩子
始终没有长大
我从北方的草滩上
走出,沿着一条
发白的路,走进
布满齿轮的城市
走进狭小的街巷
板棚, 每颗低低的心
在一片淡漠的烟中
继续讲绿色的故事
我相信我的听众
——天空,还有
海上迸溅的水滴
它们将复盖我的一切
复盖那无法寻找的
坟墓。我知道
那时,所有的草和小花
都会围拢
在灯光暗淡的一瞬
轻轻地亲吻我的悲哀
Libellés :
chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
mercredi 2 septembre 2009
Gu Cheng - Terminus
Terminus
En rêve
Dans un bus
Oublié ma station
Fini au terminus
Le ciel est si noir
La terre couverte de fils électriques
Qui chercherai-je
Quand tout n’est qu’autrefois…
(1980)
终点
在梦里
我坐车
忘记了车站
一直坐到终点
天真黑呀
满地都是电线
我在找谁呢
一切都是“从前……”
一九八O年
En rêve
Dans un bus
Oublié ma station
Fini au terminus
Le ciel est si noir
La terre couverte de fils électriques
Qui chercherai-je
Quand tout n’est qu’autrefois…
(1980)
终点
在梦里
我坐车
忘记了车站
一直坐到终点
天真黑呀
满地都是电线
我在找谁呢
一切都是“从前……”
一九八O年
Libellés :
chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
Gu Cheng - Attente
Attente
Le monde est trempé
Les étoiles brillent à faire peur
Je ferme mon parapluie
Le ciel ferme ses nuages qui pleuvent
L’aiguille passe sur l’heure
Sur les talons du Seigneur
Tu n’es pas là
J’attends encore
(1980)
等
世界都湿了
星星亮得怕人
我收起伞
天收起滴水的云
时针转到零点
㧟了上帝的脚跟
你没有来
我还在等
一九八O年
Le monde est trempé
Les étoiles brillent à faire peur
Je ferme mon parapluie
Le ciel ferme ses nuages qui pleuvent
L’aiguille passe sur l’heure
Sur les talons du Seigneur
Tu n’es pas là
J’attends encore
(1980)
等
世界都湿了
星星亮得怕人
我收起伞
天收起滴水的云
时针转到零点
㧟了上帝的脚跟
你没有来
我还在等
一九八O年
Libellés :
chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
mardi 1 septembre 2009
WH Auden - Le citoyen inconnu
Le citoyen inconnu
(A JS.07 M 378
Ce monument de marbre
Elevé par l’Etat)
Les fonctionnaires des statistiques nous apprennent
Que de lui, personne ne s’est jamais plaint
Et tous les rapports sur sa conduite conviennent
Qu’il fut, pour donner à un vieux mot un sens moderne, un saint,
Car, en toutes choses, il servit l’Intérêt Général.
En dehors de la guerre, et jusqu’à sa retraite
Il travailla dans une usine, sans tambours ni trompettes
Et satisfit son employeur, les Moteurs Bricolo
Il ne fut, ni un jaune, ni même un trublion
Son syndicat nous dit qu’il payait ses cotisations
(Notre rapport sur son syndicat le confirme)
Et nos spécialistes en Psychologie Ouvrière affirment
Qu’il était apprécié de ses collègues, et aimait boire un pot.
La Presse est convaincue qu’il achetait son quotidien
Qu’il réagissait à la publicité comme l’individu moyen
Des polices, prises sur son nom, indiquent qu’il fut assuré
Son dossier maladie nous apprend qu’il entra à l’hopital et en sortit soigné
Nos chercheurs en production et en niveau de vie nous assurent
Qu’il comprenait tout l’avantage des cartes de crédit
Et possédait tout ce que doit avoir l’homme d’aujourd’hui
Un phonographe, une radio, un frigidaire, une voiture
Nos spécialistes de l’Opinion se satisfont
Qu’il partageât les bonnes idées en toute saison
En temps de paix, il aimait la paix, et quand vint la guerre il partit
Il fut marié, et augmenta de cinq enfants notre population
Ce qui, selon les Démographes, est le bon nombre, pour sa génération
Et les Enseignants nous disent qu’il ne contraria jamais leur éducation.
Fut il libre ? Fut il heureux ? Quelle étrange question
S’il y avait eu quoi que ce soit, nous le saurions.
The Unknown Citizen
(To JS/07 M 378
This Marble Monument
Is Erected by the State)
He was found by the Bureau of Statistics to be
One against whom there was no official complaint,
And all the reports on his conduct agree
That, in the modern sense of an old-fashioned word, he was a saint,
For in everything he did he served the Greater Community.
Except for the War till the day he retired
He worked in a factory and never got fired,
But satisfied his employers, Fudge Motors Inc.
Yet he wasn't a scab or odd in his views,
For his Union reports that he paid his dues,
(Our report on his Union shows it was sound)
And our Social Psychology workers found
That he was popular with his mates and liked a drink.
The Press are convinced that he bought a paper every day
And that his reactions to advertisements were normal in every way.
Policies taken out in his name prove that he was fully insured,
And his Health-card shows he was once in hospital but left it cured.
Both Producers Research and High-Grade Living declare
He was fully sensible to the advantages of the Instalment Plan
And had everything necessary to the Modern Man,
A phonograph, a radio, a car and a frigidaire.
Our researchers into Public Opinion are content
That he held the proper opinions for the time of year;
When there was peace, he was for peace: when there was war, he went.
He was married and added five children to the population,
Which our Eugenist says was the right number for a parent of his generation.
And our teachers report that he never interfered with their education.
Was he free? Was he happy? The question is absurd:
Had anything been wrong, we should certainly have heard.
(A JS.07 M 378
Ce monument de marbre
Elevé par l’Etat)
Les fonctionnaires des statistiques nous apprennent
Que de lui, personne ne s’est jamais plaint
Et tous les rapports sur sa conduite conviennent
Qu’il fut, pour donner à un vieux mot un sens moderne, un saint,
Car, en toutes choses, il servit l’Intérêt Général.
En dehors de la guerre, et jusqu’à sa retraite
Il travailla dans une usine, sans tambours ni trompettes
Et satisfit son employeur, les Moteurs Bricolo
Il ne fut, ni un jaune, ni même un trublion
Son syndicat nous dit qu’il payait ses cotisations
(Notre rapport sur son syndicat le confirme)
Et nos spécialistes en Psychologie Ouvrière affirment
Qu’il était apprécié de ses collègues, et aimait boire un pot.
La Presse est convaincue qu’il achetait son quotidien
Qu’il réagissait à la publicité comme l’individu moyen
Des polices, prises sur son nom, indiquent qu’il fut assuré
Son dossier maladie nous apprend qu’il entra à l’hopital et en sortit soigné
Nos chercheurs en production et en niveau de vie nous assurent
Qu’il comprenait tout l’avantage des cartes de crédit
Et possédait tout ce que doit avoir l’homme d’aujourd’hui
Un phonographe, une radio, un frigidaire, une voiture
Nos spécialistes de l’Opinion se satisfont
Qu’il partageât les bonnes idées en toute saison
En temps de paix, il aimait la paix, et quand vint la guerre il partit
Il fut marié, et augmenta de cinq enfants notre population
Ce qui, selon les Démographes, est le bon nombre, pour sa génération
Et les Enseignants nous disent qu’il ne contraria jamais leur éducation.
Fut il libre ? Fut il heureux ? Quelle étrange question
S’il y avait eu quoi que ce soit, nous le saurions.
The Unknown Citizen
(To JS/07 M 378
This Marble Monument
Is Erected by the State)
He was found by the Bureau of Statistics to be
One against whom there was no official complaint,
And all the reports on his conduct agree
That, in the modern sense of an old-fashioned word, he was a saint,
For in everything he did he served the Greater Community.
Except for the War till the day he retired
He worked in a factory and never got fired,
But satisfied his employers, Fudge Motors Inc.
Yet he wasn't a scab or odd in his views,
For his Union reports that he paid his dues,
(Our report on his Union shows it was sound)
And our Social Psychology workers found
That he was popular with his mates and liked a drink.
The Press are convinced that he bought a paper every day
And that his reactions to advertisements were normal in every way.
Policies taken out in his name prove that he was fully insured,
And his Health-card shows he was once in hospital but left it cured.
Both Producers Research and High-Grade Living declare
He was fully sensible to the advantages of the Instalment Plan
And had everything necessary to the Modern Man,
A phonograph, a radio, a car and a frigidaire.
Our researchers into Public Opinion are content
That he held the proper opinions for the time of year;
When there was peace, he was for peace: when there was war, he went.
He was married and added five children to the population,
Which our Eugenist says was the right number for a parent of his generation.
And our teachers report that he never interfered with their education.
Was he free? Was he happy? The question is absurd:
Had anything been wrong, we should certainly have heard.
Libellés :
anglais,
WH Auden (1907-1973)
samedi 22 août 2009
WH Auden - Epitaphe pour un tyran
Epitaphe pour un tyran
La perfection, d’un certain genre, était son seul désir
La poésie qu’il inventa se comprenait sans peine
Il connaissait parfaitement les passions humaines
S’intéressait par-dessus tout aux armées, aux navires
Quand il riait, les sénateurs riaient sans retenue
Et quand il pleurait, les petits enfants mouraient dans les rues
Epitaph On A Tyrant
Perfection, of a kind, was what he was after,
And the poetry he invented was easy to understand;
He knew human folly like the back of his hand,
And was greatly interested in armies and fleets;
When he laughed, respectable senators burst with laughter,
And when he cried the little children died in the streets.
La perfection, d’un certain genre, était son seul désir
La poésie qu’il inventa se comprenait sans peine
Il connaissait parfaitement les passions humaines
S’intéressait par-dessus tout aux armées, aux navires
Quand il riait, les sénateurs riaient sans retenue
Et quand il pleurait, les petits enfants mouraient dans les rues
Epitaph On A Tyrant
Perfection, of a kind, was what he was after,
And the poetry he invented was easy to understand;
He knew human folly like the back of his hand,
And was greatly interested in armies and fleets;
When he laughed, respectable senators burst with laughter,
And when he cried the little children died in the streets.
Libellés :
anglais,
WH Auden (1907-1973)
WH Auden - Si je le savais
Si je le savais…
Le Temps répond toujours que c’est comme ça
Il ne sait que le prix que nous devons payer;
Si je le savais je te le dirais
Quand nous sanglotons devant les clowns
Quand nous titubons devant l’orchestre
Le Temps répond toujours que c’est comme ca
Il n’y a pas de bonne aventure, et pourtant
Parce que je t’aime plus que je ne pourrais dire
Si je le savais je te le dirais
Le vent doit bien souffler de quelque part
Les feuilles se faner pour une raison mais
Le Temps répond toujours que c’est comme ca
Peut être que les roses veulent vraiment pousser
Que cette vision veut justement rester
Si je le savais je te le dirais
Et si les lions se levaient tous et partaient
Si les rivières et les soldats s’enfuyaient
Que répondrait le Temps sinon que c’est comme ça?
Si je le savais je te le dirais.
If I could tell you
Time will say nothing but I told you so,
Time only knows the price we have to pay;
If I could tell you I would let you know.
If we should weep when clowns put on their show,
If we should stumble when musicians play,
Time will say nothing but I told you so.
There are no fortunes to be told, although,
Because I love you more than I can say,
If I could tell you I would let you know.
The winds must come from somewhere when they blow,
There must be reasons why the leaves decay;
Time will say nothing but I told you so.
Perhaps the roses really want to grow,
The vision seriously intends to stay;
If I could tell you I would let you know.
Suppose the lions all get up and go,
And all the brooks and soldiers run away;
Will Time say nothing but I told you so?
If I could tell you I would let you know.
Le Temps répond toujours que c’est comme ça
Il ne sait que le prix que nous devons payer;
Si je le savais je te le dirais
Quand nous sanglotons devant les clowns
Quand nous titubons devant l’orchestre
Le Temps répond toujours que c’est comme ca
Il n’y a pas de bonne aventure, et pourtant
Parce que je t’aime plus que je ne pourrais dire
Si je le savais je te le dirais
Le vent doit bien souffler de quelque part
Les feuilles se faner pour une raison mais
Le Temps répond toujours que c’est comme ca
Peut être que les roses veulent vraiment pousser
Que cette vision veut justement rester
Si je le savais je te le dirais
Et si les lions se levaient tous et partaient
Si les rivières et les soldats s’enfuyaient
Que répondrait le Temps sinon que c’est comme ça?
Si je le savais je te le dirais.
If I could tell you
Time will say nothing but I told you so,
Time only knows the price we have to pay;
If I could tell you I would let you know.
If we should weep when clowns put on their show,
If we should stumble when musicians play,
Time will say nothing but I told you so.
There are no fortunes to be told, although,
Because I love you more than I can say,
If I could tell you I would let you know.
The winds must come from somewhere when they blow,
There must be reasons why the leaves decay;
Time will say nothing but I told you so.
Perhaps the roses really want to grow,
The vision seriously intends to stay;
If I could tell you I would let you know.
Suppose the lions all get up and go,
And all the brooks and soldiers run away;
Will Time say nothing but I told you so?
If I could tell you I would let you know.
Libellés :
anglais,
WH Auden (1907-1973)
lundi 10 août 2009
Gu Cheng- Bruit, fenêtre ouverte
打開窗子的聲音
打開窗子的聲音
你聽見了
遠處是海
光滑的船
伏在沙丘上
遠處是 藍藍的海
你聽
最小的聲音 是海
船伏在沙丘上
遠處是藍藍的一片
Bruit, fenêtre ouverte
Bruit, fenêtre ouverte
Tu écoutes
Au loin, la mer
Bateau, tout lisse
Couché sur la dune
Au loin, la mer, toute bleue
Ecoute
Ce petit bruit : la mer
Bateau couché sur la dune
Au loin, tout ce bleu
打開窗子的聲音
你聽見了
遠處是海
光滑的船
伏在沙丘上
遠處是 藍藍的海
你聽
最小的聲音 是海
船伏在沙丘上
遠處是藍藍的一片
Bruit, fenêtre ouverte
Bruit, fenêtre ouverte
Tu écoutes
Au loin, la mer
Bateau, tout lisse
Couché sur la dune
Au loin, la mer, toute bleue
Ecoute
Ce petit bruit : la mer
Bateau couché sur la dune
Au loin, tout ce bleu
Libellés :
chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
Gu Cheng - Je chante ma chanson
我唱自己的歌
我唱自己的歌
在布满车前草的道路上
在灌木的集市上
在雪松和白桦树的舞会上
在那山野的原始欢乐上
我唱自己的歌
我唱自己的歌
在热电厂恐怖的烟云中
在变速箱复杂的组织中
在砂轮的亲吻中
在那社会文明的运行中
我唱自己的歌
我唱自己的歌
即不陌生又不熟练
我是练习曲的孩子
愿意加入所有歌队
为了不让规范的人们知道
我唱自己的歌
我唱呵,唱自己的歌
直到世界恢复了史前的寂寞
细长的月亮
从海边向我走来
轻轻地问:为什么?
你唱自己的歌
Je chante ma chanson
Je chante ma chanson
Sur la route encombrée de plantain
Dans le concert des arbrisseaux
Au bal des cèdres et des bouleaux
Dans l’harmonie originelle
Je chante ma chanson
Je chante ma chanson
Dans l’effrayante fumée des centrales électriques
Dans l’ordre compliqué des boîtes de vitesses
Sous les baisers des disques abrasifs
Dans la marche réglée de cette société
Je chante ma chanson
Je chante ma chanson
Aux étrangers, aux inconnus
Je suis cet enfant appliqué
Qui voudrait entrer dans chaque chorale
Pour que les gens normaux ne sachent pas
Qu’il chante sa chanson
Et je chanterai ma chanson
Jusqu’à ce que le monde redevienne désert
Et que la lune, mince et longue
Vienne vers moi, depuis la mer
Et doucement me demande : pourquoi
Tu chantes ta chanson?
我唱自己的歌
在布满车前草的道路上
在灌木的集市上
在雪松和白桦树的舞会上
在那山野的原始欢乐上
我唱自己的歌
我唱自己的歌
在热电厂恐怖的烟云中
在变速箱复杂的组织中
在砂轮的亲吻中
在那社会文明的运行中
我唱自己的歌
我唱自己的歌
即不陌生又不熟练
我是练习曲的孩子
愿意加入所有歌队
为了不让规范的人们知道
我唱自己的歌
我唱呵,唱自己的歌
直到世界恢复了史前的寂寞
细长的月亮
从海边向我走来
轻轻地问:为什么?
你唱自己的歌
Je chante ma chanson
Je chante ma chanson
Sur la route encombrée de plantain
Dans le concert des arbrisseaux
Au bal des cèdres et des bouleaux
Dans l’harmonie originelle
Je chante ma chanson
Je chante ma chanson
Dans l’effrayante fumée des centrales électriques
Dans l’ordre compliqué des boîtes de vitesses
Sous les baisers des disques abrasifs
Dans la marche réglée de cette société
Je chante ma chanson
Je chante ma chanson
Aux étrangers, aux inconnus
Je suis cet enfant appliqué
Qui voudrait entrer dans chaque chorale
Pour que les gens normaux ne sachent pas
Qu’il chante sa chanson
Et je chanterai ma chanson
Jusqu’à ce que le monde redevienne désert
Et que la lune, mince et longue
Vienne vers moi, depuis la mer
Et doucement me demande : pourquoi
Tu chantes ta chanson?
Libellés :
chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
lundi 18 mai 2009
Gu Cheng - Idées...
思想,就是思想
为什么要在故事中隐藏
好像孩子在饼干上面
涂满新鲜的果酱
Idées, rien que des idées
Pourquoi, toujours, cachées dans les histoires
Comme un enfant, sur un biscuit
Tartinant de la confiture
为什么要在故事中隐藏
好像孩子在饼干上面
涂满新鲜的果酱
Idées, rien que des idées
Pourquoi, toujours, cachées dans les histoires
Comme un enfant, sur un biscuit
Tartinant de la confiture
Libellés :
chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
Gu Cheng - Toi et moi
你和我
你应该是一场梦,
我应该是一阵风。
一九七九年三月底
Toi et moi
Tu serais un rêve
Je serais le vent
(Mars 1979)
你应该是一场梦,
我应该是一阵风。
一九七九年三月底
Toi et moi
Tu serais un rêve
Je serais le vent
(Mars 1979)
Libellés :
chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
mardi 28 avril 2009
Luo Yihe - Clair de lune
月 亮
世界,一半黑着,一半亮着
事件堆起来了。那些流血的事实
城与年,日夜流着
是一些平滑的消息
使人们无所不知
黑着的一半
陈列着挑灯的街巷
月亮虽也照亮厚实的尘土,光辉
却遍地遗失。月亮陈旧
在隐没的蓝瓦上扔着、光着、贫穷着
象一些炭块上画下的皮肤
暗暗地红黄着
头戴半只黑盔,对秃海上的甲板
露着树枝
地面上的活人
不知你为何思想
世界,你这借自神明的台阶
下行着多少大国
和它们开发过度的人性与地力
只有月亮
在门边向着那健康的丛林
为我们谢罪
Clair de lune
Monde, mi ombre, mi clarté
Affaires entassées. Petits faits sanglants
Murs et années, jour et nuit se déversant
Comme une histoire banale
Que chacun doit connaître
Moitié ombre
Etalant ses ruelles, chargées de lampes
La lune éclaire cette épaisse poussière, mais sa lumière
Partout, s’efface. Vieille lune
Jetée sur les tuiles bleues, abandonnée, nue, pauvre
Comme une peau, dessinée au charbon
Assombrie rouge jaune
Tête mi-casquée de noir, sur la mer chauve, au navire
Montrant d'une branche
Les vivants sur la terre
Qui ne savent pourquoi ils pensent
Monde aux marches divines
Descendues par tant de nations
Nature humaine, pays, démesurés
Seule la lune
Devant la porte, face aux grand arbres
Prend pitié de nous
世界,一半黑着,一半亮着
事件堆起来了。那些流血的事实
城与年,日夜流着
是一些平滑的消息
使人们无所不知
黑着的一半
陈列着挑灯的街巷
月亮虽也照亮厚实的尘土,光辉
却遍地遗失。月亮陈旧
在隐没的蓝瓦上扔着、光着、贫穷着
象一些炭块上画下的皮肤
暗暗地红黄着
头戴半只黑盔,对秃海上的甲板
露着树枝
地面上的活人
不知你为何思想
世界,你这借自神明的台阶
下行着多少大国
和它们开发过度的人性与地力
只有月亮
在门边向着那健康的丛林
为我们谢罪
Clair de lune
Monde, mi ombre, mi clarté
Affaires entassées. Petits faits sanglants
Murs et années, jour et nuit se déversant
Comme une histoire banale
Que chacun doit connaître
Moitié ombre
Etalant ses ruelles, chargées de lampes
La lune éclaire cette épaisse poussière, mais sa lumière
Partout, s’efface. Vieille lune
Jetée sur les tuiles bleues, abandonnée, nue, pauvre
Comme une peau, dessinée au charbon
Assombrie rouge jaune
Tête mi-casquée de noir, sur la mer chauve, au navire
Montrant d'une branche
Les vivants sur la terre
Qui ne savent pourquoi ils pensent
Monde aux marches divines
Descendues par tant de nations
Nature humaine, pays, démesurés
Seule la lune
Devant la porte, face aux grand arbres
Prend pitié de nous
Libellés :
chinois (moderne),
Luo Yihe 骆一禾 (1961-1989)
Gu Cheng - Adieu
别
在春天
你把手帕轻挥
是让我远去
还是马上返回?
不,什么也不是
什么也不因为
就像水中的落花
就像花上的露水……
只有影子懂得
只有风能体会
只有叹息惊起的彩蝶
还在心花中纷飞……
Adieu
C’est le printemps
Tu agites ton mouchoir
Est-ce pour que je m’en aille
Pour que je revienne bientôt ?
Ce n’est pour rien
C’est sans raison
Comme une fleur tombée sur l’eau
Comme la rosée sur la fleur
Il n’y a que l’ombre qui comprenne
Il n’y a que le vent qui saisisse
Il n’y a que ces papillons, par un souffle effrayés
Qui volètent, dans mon coeur en fleurs
在春天
你把手帕轻挥
是让我远去
还是马上返回?
不,什么也不是
什么也不因为
就像水中的落花
就像花上的露水……
只有影子懂得
只有风能体会
只有叹息惊起的彩蝶
还在心花中纷飞……
Adieu
C’est le printemps
Tu agites ton mouchoir
Est-ce pour que je m’en aille
Pour que je revienne bientôt ?
Ce n’est pour rien
C’est sans raison
Comme une fleur tombée sur l’eau
Comme la rosée sur la fleur
Il n’y a que l’ombre qui comprenne
Il n’y a que le vent qui saisisse
Il n’y a que ces papillons, par un souffle effrayés
Qui volètent, dans mon coeur en fleurs
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chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
samedi 18 avril 2009
Gu Cheng - De tout mon coeur, j'aime ce monde
我的心爱着这个世界
我的心爱着世界
爱着,在一个冬天的夜晚
轻轻吻她,像一个纯净的
野火,吻着全部草地
草地是温暖的,在尽头
有一片冰湖,湖底睡着鲈鱼
我的心爱着世界
她溶化了,像一朵霜花
溶进了我的血液,她
亲切地流着,从海洋流向
高山,流着,使眼睛变得蔚蓝
使早晨变得红润
我的心爱着世界
我爱着,用我的血液为她
画像,可爱的侧面像
玉米和群星的珠串不再闪耀
有些人疲倦了,转过头去
转过头去,去欣赏一张广告
De tout mon cœur, j’aime ce monde
De tout mon cœur, j’aime ce monde
Je l’aime, un soir d’hiver
Doucement embrassé, comme l’incendie
Pur, embrasse toute la plaine
La chaude plaine, au loin
Un lac glacé, au fond, un grand poisson qui dort
De tout mon cœur j’aime ce monde
Qui fond, comme une fleur glacée
Se fond en mon sang, qui
S’écoule, brûlant, de l’océan vers les
Sommets, coule avec des regards bleus
Et des matins rougeâtres
De tout mon cœur, j’aime ce monde
Je l’aime, avec mon sang je fais son
Portrait, son beau visage, comme un
Epi de maïs, guirlande d’étoiles éteintes.
Mais les gens sont fatigués, ils s'en détournent
S'en détournent, et admirent les publicités
我的心爱着世界
爱着,在一个冬天的夜晚
轻轻吻她,像一个纯净的
野火,吻着全部草地
草地是温暖的,在尽头
有一片冰湖,湖底睡着鲈鱼
我的心爱着世界
她溶化了,像一朵霜花
溶进了我的血液,她
亲切地流着,从海洋流向
高山,流着,使眼睛变得蔚蓝
使早晨变得红润
我的心爱着世界
我爱着,用我的血液为她
画像,可爱的侧面像
玉米和群星的珠串不再闪耀
有些人疲倦了,转过头去
转过头去,去欣赏一张广告
De tout mon cœur, j’aime ce monde
De tout mon cœur, j’aime ce monde
Je l’aime, un soir d’hiver
Doucement embrassé, comme l’incendie
Pur, embrasse toute la plaine
La chaude plaine, au loin
Un lac glacé, au fond, un grand poisson qui dort
De tout mon cœur j’aime ce monde
Qui fond, comme une fleur glacée
Se fond en mon sang, qui
S’écoule, brûlant, de l’océan vers les
Sommets, coule avec des regards bleus
Et des matins rougeâtres
De tout mon cœur, j’aime ce monde
Je l’aime, avec mon sang je fais son
Portrait, son beau visage, comme un
Epi de maïs, guirlande d’étoiles éteintes.
Mais les gens sont fatigués, ils s'en détournent
S'en détournent, et admirent les publicités
Libellés :
chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
mardi 7 avril 2009
Haizi - Quatre soeurs
四姐妹
荒凉的山岗上站着四姐妹
所有的风只向她们吹
所有的日子都为她们破碎
空气中的一棵麦子
高举到我的头顶
我身在这荒芜的山岗
怀念我空空的房间, 落满灰尘
我爱过的这糊涂的四姐妹啊
光芒四射的四姐妹
夜里我头枕卷册和神州
想起蓝色远方的四姐妹
我爱过的这糊涂的四姐妹啊
像爱着我亲手写下的四首诗
我的美丽的结伴而行的四姐妹
比命运女神还要多出一个
赶着美丽苍白的奶牛 走向月亮形的山峰
到了二月, 你是从哪里来的
天上滚过春天的雷, 你是从哪里来的
不和陌生人一起来
不和运货马车一起来
不和鸟群一起来
四姐妹抱着这一棵
一棵空气中的麦子
抱着昨天的大雪, 今天的雨水
明天的粮食与灰烬
这是绝望的麦子
请告诉四姐妹: 这是绝望的麦子
永远是这样
风后面是风
天空上面是天空
道路前面还是道路
Quatre sœurs
Sur la crête déserte, il y a quatre sœurs
Les vents ne soufflent que pour elles
Et tous les jours sont par elles brisés
Dans l’espace, un épi de blé
Aussi haut que le haut de ma tête
Mon corps, sur cette crête abandonnée
Se rappelle ma chambre vide
Où s’amoncelle la poussière
Ces quatre idiotes que j’aimais !
Quatre sœurs aux quatre rayons
La nuit, ma tête reposée
Sur les livres, la terre sacrée
Je pense aux quatre sœurs, dans les lointains bleutés
Ces quatre idiotes que j’aimais !
Comme j’aurais aimé
Quatre poèmes de ma main
Mes quatre jolies sœurs, en bande marchant
Une de plus que les Parques
Menant leurs jolies vaches blanches
Vers un sommet en forme de lune
Février que voici, d’où viens-tu ?
Orage qui roule dans le ciel de printemps, d’où viens-tu ?
Tu ne viens pas avec les gens
Tu ne viens pas sur les chariots des marchands
Tu ne viens pas avec un vol d’oiseaux
Les quatre sœurs embrassent l’épi
L’épi de blé dans l’espace
Embrassent les neiges d’hier
Les pluies d’aujourd’hui
Les récoltes et les cendres de demain
C’est le blé du désespoir
Alors, dites aux quatre sœurs : c’est le blé du désespoir
C’est toujours pareil
Après le vent, il y a le vent
Au dessus du ciel, il y a le ciel
Avant la route, encore la route
荒凉的山岗上站着四姐妹
所有的风只向她们吹
所有的日子都为她们破碎
空气中的一棵麦子
高举到我的头顶
我身在这荒芜的山岗
怀念我空空的房间, 落满灰尘
我爱过的这糊涂的四姐妹啊
光芒四射的四姐妹
夜里我头枕卷册和神州
想起蓝色远方的四姐妹
我爱过的这糊涂的四姐妹啊
像爱着我亲手写下的四首诗
我的美丽的结伴而行的四姐妹
比命运女神还要多出一个
赶着美丽苍白的奶牛 走向月亮形的山峰
到了二月, 你是从哪里来的
天上滚过春天的雷, 你是从哪里来的
不和陌生人一起来
不和运货马车一起来
不和鸟群一起来
四姐妹抱着这一棵
一棵空气中的麦子
抱着昨天的大雪, 今天的雨水
明天的粮食与灰烬
这是绝望的麦子
请告诉四姐妹: 这是绝望的麦子
永远是这样
风后面是风
天空上面是天空
道路前面还是道路
Quatre sœurs
Sur la crête déserte, il y a quatre sœurs
Les vents ne soufflent que pour elles
Et tous les jours sont par elles brisés
Dans l’espace, un épi de blé
Aussi haut que le haut de ma tête
Mon corps, sur cette crête abandonnée
Se rappelle ma chambre vide
Où s’amoncelle la poussière
Ces quatre idiotes que j’aimais !
Quatre sœurs aux quatre rayons
La nuit, ma tête reposée
Sur les livres, la terre sacrée
Je pense aux quatre sœurs, dans les lointains bleutés
Ces quatre idiotes que j’aimais !
Comme j’aurais aimé
Quatre poèmes de ma main
Mes quatre jolies sœurs, en bande marchant
Une de plus que les Parques
Menant leurs jolies vaches blanches
Vers un sommet en forme de lune
Février que voici, d’où viens-tu ?
Orage qui roule dans le ciel de printemps, d’où viens-tu ?
Tu ne viens pas avec les gens
Tu ne viens pas sur les chariots des marchands
Tu ne viens pas avec un vol d’oiseaux
Les quatre sœurs embrassent l’épi
L’épi de blé dans l’espace
Embrassent les neiges d’hier
Les pluies d’aujourd’hui
Les récoltes et les cendres de demain
C’est le blé du désespoir
Alors, dites aux quatre sœurs : c’est le blé du désespoir
C’est toujours pareil
Après le vent, il y a le vent
Au dessus du ciel, il y a le ciel
Avant la route, encore la route
Libellés :
chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
Haizi - Aube I
黎明(之一)
我把天空和大地打扫干干净净
归还一个陌不相识的人
我寂寞地等, 我阴沉地等
二月的雪, 二月的雨
泉水白白流淌
花朵为谁开放
永远是这样美丽负伤的麦子
吐着芳香, 站在山岗上
荒凉大地承受着荒凉天空的雷霆
圣书上卷是我的翅膀, 无比明亮
有时象一个阴沉沉的今天
圣书下卷肮脏而欢乐
当然也是我受伤的翅膀
荒凉大地承受着更加荒凉的天空
我空空荡荡的大地和天空
是上卷和下卷合成一本
的圣书, 是我重又劈开的肢体
流着雨雪、泪水在二月
Aube I
J’ai bien balayé le ciel et la terre
Et les ai rendus à un étranger
Seul j’attends, sombre j’attends
Les neiges de février, les pluies de février
L’eau de la source coule en vain
Pour qui s’épanouissent les fleurs ?
Toujours ce bel épi blessé
Qui répand ses parfums, debout sur la colline
Terre déserte, qui subit la foudre du ciel désolé
Ancien Testament, mes ailes, clarté sans pareille
Parfois semblable à ce jour sombre
Nouveau Testament, sale et joyeux
Aussi, bien sûr, mes ailes blessées
Terre déserte, qui subit un ciel encore plus désolé
Ma terre et mon ciel, vastes et vides
Sont les deux Testaments réunis en une
Bible, c’est mon corps démembré
D’où coulent pluies, et neiges,
Et larmes de Février.
我把天空和大地打扫干干净净
归还一个陌不相识的人
我寂寞地等, 我阴沉地等
二月的雪, 二月的雨
泉水白白流淌
花朵为谁开放
永远是这样美丽负伤的麦子
吐着芳香, 站在山岗上
荒凉大地承受着荒凉天空的雷霆
圣书上卷是我的翅膀, 无比明亮
有时象一个阴沉沉的今天
圣书下卷肮脏而欢乐
当然也是我受伤的翅膀
荒凉大地承受着更加荒凉的天空
我空空荡荡的大地和天空
是上卷和下卷合成一本
的圣书, 是我重又劈开的肢体
流着雨雪、泪水在二月
Aube I
J’ai bien balayé le ciel et la terre
Et les ai rendus à un étranger
Seul j’attends, sombre j’attends
Les neiges de février, les pluies de février
L’eau de la source coule en vain
Pour qui s’épanouissent les fleurs ?
Toujours ce bel épi blessé
Qui répand ses parfums, debout sur la colline
Terre déserte, qui subit la foudre du ciel désolé
Ancien Testament, mes ailes, clarté sans pareille
Parfois semblable à ce jour sombre
Nouveau Testament, sale et joyeux
Aussi, bien sûr, mes ailes blessées
Terre déserte, qui subit un ciel encore plus désolé
Ma terre et mon ciel, vastes et vides
Sont les deux Testaments réunis en une
Bible, c’est mon corps démembré
D’où coulent pluies, et neiges,
Et larmes de Février.
Libellés :
chinois (moderne),
Haizi 海子 (1964-1989)
lundi 6 avril 2009
Gu Cheng - La terre est tordue
土地是弯曲的
土地是弯曲的
我看不见你
我只能远远看见
你心上的蓝天
蓝吗?真蓝
那蓝色就是语言
我想使世界感到愉快
微笑却凝固在嘴边
还是给我一朵云吧
擦去晴朗的时间
我的眼泪需要泪水
我的太阳需要安眠
La terre est tordue
La terre est tordue
Je ne te vois plus
Je ne vois au loin
Que ce ciel tout bleu
Par dessus ton cœur
Tout bleu ? vraiment bleu ?
Ce bleu est parole
Je voudrais un monde
Heureux, mais figé
Le sourire aux lèvres
Ou donne-moi un nuage
Qui efface ce beau temps
Mes pleurs ont besoin de larmes
Mon soleil besoin de calme
土地是弯曲的
我看不见你
我只能远远看见
你心上的蓝天
蓝吗?真蓝
那蓝色就是语言
我想使世界感到愉快
微笑却凝固在嘴边
还是给我一朵云吧
擦去晴朗的时间
我的眼泪需要泪水
我的太阳需要安眠
La terre est tordue
La terre est tordue
Je ne te vois plus
Je ne vois au loin
Que ce ciel tout bleu
Par dessus ton cœur
Tout bleu ? vraiment bleu ?
Ce bleu est parole
Je voudrais un monde
Heureux, mais figé
Le sourire aux lèvres
Ou donne-moi un nuage
Qui efface ce beau temps
Mes pleurs ont besoin de larmes
Mon soleil besoin de calme
Libellés :
chinois (moderne),
Gu Cheng 顾城 (1956-1993)
samedi 4 avril 2009
Han Shan - Retour au pays
出生三十年,当游千万里。
行江青草合,入塞红尘起。
炼药空求仙,读书兼咏史。
今日归寒山,枕流兼洗耳。
Né depuis trente ans, j’ai vu du pays
Fleuve aux rives vertes, sable des confins
Livres, histoires lus, philtres bus en vain
Je rentre au mont Froid, baigner mon esprit
行江青草合,入塞红尘起。
炼药空求仙,读书兼咏史。
今日归寒山,枕流兼洗耳。
Né depuis trente ans, j’ai vu du pays
Fleuve aux rives vertes, sable des confins
Livres, histoires lus, philtres bus en vain
Je rentre au mont Froid, baigner mon esprit
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Han Shan
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