mardi 26 juillet 2011

Haizi - Le vieillard enlève la jeune fille

Soleil – La terre

« Quand la terre sera morte,
L’espoir pourra-t-il la remplacer ? »
(Août 1987)

Janvier, hiver
Chapitre un – Le vieillard enlève la jeune fille

Vieillard de désir, vieillard de mort
Dans la forêt, ancienne idole
Vieillard dans les relents d’alcool

Vieillard de désir, vieillard de mort
Toujours ivre
Et affamé
Bain de sang, fleur sacrée

Lui, la fleur sacrée
Eclose dans la plaine millénaire
Et moi, fils de la paix et du silence
Ensemble, ici

Vieillard de désir, vieillard de mort
Une rivière plus qu’humaine
Bain de sang, fleur sacrée

Dans la forêt, le vieillard
Vieillard de mort, vieillard de désir, à la treille s’abreuvant
Venu des amphores grises, au-delà de l’espoir
Son visage de désir et de mort
Comme un paisible village

Fleur sacrée, comme un bain de sang
Lui toujours ivre
Et affamé

Poussés par le vieillard des hautes plaines
Les génies de la lune, toujours écopent
Pour écoper, tisser le clair de lune
(Avec les os de la jeune fille)

Vieillard de désir, vieillard de mort
Etend les mains dans le ciel des hautes plaines
Cornes tordues du clair de lune
Pleines de génies, comme un automne triste

Automne, où les génies ne peuvent traverser
Au milieu des larmes, les cornes tordues de la nouvelle lune
Les chants de l’automne roulent dans leurs yeux
Comme au royaume des cieux, sur la berge vide du lac
Vieillard de désir, vieillard de mort
Dans la plaine détroussant les voyageurs
Troupeau de buffles, déferlant sur la rivière, riche et désolée
Lune, bouquet de démons

Vieillard de désir, vieillard de mort
Dans cette forêt à midi
Le vieillard ivre arrête la jeune fille

Cette jeune fille, c’est moi
Enfant de la plaine et de la paix
L’amoureux du poème, qui vit et meurt sous la lune

Vieillard de désir, vieillard de mort
Qui penche comme un jardin ivre
Etend les mains, arrête la vierge

J’ai voulu crier :
Génies de la lune, sœurs heureuses
Où êtes-vous ?

Une voix, les génies ne chantent pas
Humanité, vierge comme neige
Humanité, peur originelle
A l’aube
Au temps des oiseaux-mouches
Dans le silence des génies
Je suis brisé comme la plaine

Sur le lac, les lianes s’enroulent autour de mes genoux
Ma langue est comme un enfant taciturne
Dans cette vallée douloureuse
Sur cette plaine dorée
Le vieillard de désir, le vieillard de mort
M’a prise de force --
Humanité vierge, pleurant sans larmes

Ils écopent au loin dans l’automne coupé du monde
Ecopent avec les os de la jeune fille
Cornes penchées de la lune, pleines de génies amers
Mon destin, sans soutien, penche dans le soir

Larmes d’étoiles, suspendues au loin
Larmes, mes sœurs, roulant vers la rivière
Aube d’une infinie tristesse
Après la lune, verse l’eau de la terre

Enterre-moi dans la vallée après l’automne
Dans l’automne coupé du monde
Que la vallée le soir ressemble au cadavre du prince,
Jeune cadavre du prince, toujours sur mon corps
Soir et nuit sur mon visage
Je serai la jeune fille de la mort et de la vie éternelle

Enterrez les génies de la lune au jardin d’Eden
Vieillard de désir, vieillard de mort
Ivre, affamé, jardin qui penche
Je serai la jeune fille du jardin de la mort, et de la vie éternelle.


情欲老人,死亡老人
在森林中,你这古老神祗
一位酒气熏天的老人

情欲老人,死亡老人
他又醉
又饿
像血泊,像大神的花朵

他这大神的花朵
生长与草原的千年经历
我这和平与宁静的儿子
同在这里

情欲老人,死亡老人
一条超于人类的河流
像血泊,像大神的花朵

森林中这老人
死亡老人,情欲老人,啜饮葡萄藤
他来自灰色的瓮、愿望之外
他情欲和死亡的面容
如和平的村庄

血泊一样大神的花朵
他又醉
又饿

在这位高原老人的压迫下
月亮的众神,一如既往在戽水
只有戽水,纺织月光
(用少女的胫骨)

情欲老人,死亡老人
伸出双手高原的天空
月亮的两角弯曲
坐满神仙如愁苦的秋天

秋天,不能航渡众神的秋天
泪水中新月的双角弯曲
秋天的歌滚动诸神的眼眶
仿佛是在天国,在空虚的湖岸
情欲老人,死亡老人
在这草原上拦劫众人
一条无望的财富之河上众牛滚滚
月亮如魔鬼的花束

情欲老人,死亡老人
在这中午的森林
喝醉的老人拦住了少女

那少女本是我
草原和平与宁静之子
一个月光下自生自灭的诗中情侣

情欲老人,死亡老人
如醉中的花园倾斜
伸出双手拦住了处女

我多想喊:
月亮的众神、幸福的姐妹
你们在何方?

有歌声众神难唱
人类处女如雪
人类原始的恐惧
在黎明
在蜂鸟时光
在众神沉默中
我像草原断裂

湖泊上青藤绕膝
我的舌头完全像寂静之子。
在这无辜的山谷
在这黄金草原上
情欲老人,死亡老人
强行占有了我——
人类的处女欲哭无泪

戽水者阻隔在与世隔绝的秋天
戽水用少女的胫骨
月亮的双角倾斜,坐满沉痛的众神
我无所依傍的生涯倾斜在黄昏

星辰泪珠悬挂天涯
众泪水姐妹滚滚入河流
黎明凄厉无边
月亮的后奔赴人间的水

请把我埋入秋天以后的山谷
埋入与世隔绝的秋天
让黄昏的山谷像王子的尸首
青年王子的尸首永远坐在我身上
黄昏和夜晚坐在我脸上
我就是死亡和永生的少女

叫月亮众神埋入原型的果园
情欲老人,死亡老人
又醉又饿,果园倾斜
我就是死亡和永生的果园少女